CHAPiTRE VI
Divorce dé Napoléon, avec Joséphine, • — Son mariage avec Marie-Louise. — Réunion de la Hollande à l'Empire. — Bernadotte appelé à Vhérédité du trône de Suède, — Nouvelles réunions à la France. — Naissance du roide Rome-, — Campagne de Russie.
(i8o{) — i8io,) Napoléon est à Paris; panni les courtisans couronnés qui rentom-eoc ^ la capitale distingue à peiae cette troupe de petits souverains d'AlIeniagne , qui , ûers alors de faire partie de la confédération rnc'nane , se soot bâtes d ol&ir à son protecteur le vassclage de l'orgueil germanîijue. L'Europe entière est représentée par les plus brillantes amiiassades , sauf l'Angleterre , dont l'absence balance à elle seule cette clientelle diplomatique. Dans la foule de ces princes, de ces rois, se cache Eugène , le fils adoptif du maître de l'Europe ; il cbercLe à se dérober aux hommages qu'on lui adresse , et chargé d'une mission déchirante pour son cœur , mais non funeste à sa gloire , il se voit, après Napoléon, le personnage
héritage qu'il a su défendre par ses armes , et que lui garantit la continuation du bonheur de sa mère. Napoléon avait bien choisi son interprète ; jamais rhéroïsmè de la reconnaissance ne tnérita plus d'éftre admiré : ce sentiment- derait triom-
Sher de la nature elle-même , et , en sacrifiant eux couronnes y Joséphine et Eugène allaient dbnner au monde Fexemple du dévouement le plus rare. Depuis long-temps Joséphine redoutait ce grand changement dans sa destinée; inquiète du simple contrat civil qui Tavaitunie au général Bonaparte en 1 796 , devenue impératrice , elle fit d'abord consentir l'empereur k demander secrètement avec elle la bénédiction nuptiale au cardinal Fesch. La crainte d'un divoree , dont elle était constamment obsédée j avait aussi poussé Joséphine à employer tous les moyens pour obtenir de Napoléon qu'elle put recevoir en même temps que lui la consécration du pape.
Le 1 5 décembre , le prince Gambacérès , archichancelier de l'empire, et le comte Regnault de Saint- Jean-d'Angély , secrétaire del'étal-civil de la maison impériale, furent appelés par lettres closes dans le cabinet de l'empereur, a neuf heures dû soir; tous les princes et toutes les j^rincesses de la famille de Napoléon , ainsi que le vice-roi et la vice-reine d'Ita]ie faisaient partie de celte réunion , excepté le roi d'Espagne et la grande-duchesse de Toscan* L'empereiu: , s'adressant au prince archicî*lui dit : « La politique de ma monard D rêt et le besom de mes peuples , qui 01 ment guidé toutes mes actions , veulen
■a moi, je laisse à des cnfans, Herilitiers de mon D amour pour mes pMiples, ce trône où la Ptoyi- » deocema place. Cependant, depuUplusieursan- B ne'eSjj'ai perdu l'espe'raoce d'avoir aeseofans de n mon mariage avecma biea-aime'ee'pouse , l'impe'- >> ratrice Joséphine; c'est ce qui me porte k sactin fier les plus douces affections de mon cceur, à » n'écouter que le bien de l'e'tat et à vouloir la disu solution de cotre mariage. Parvenu à l'âgedequa- » rante ans, je puis concevoir l'espe'rance de vivre » assez pour élever dans mon esprit et daos ma n pcDse'e les enfans qu'il plaira à là Providence de
» me donner Ma bien-aimée e'pouse a embelli
D quinze ans de ma vie , . . . elle a e'té couronnée de » ma main. . . Je veux qu'elle conserve le rang etie
B titre d'impératrice a
L'impératrice Jose'pbiue prit ensuite la parole et dit ; CE ... Je me plais à donner à mon auguste » et cher e'poux la plus grande preuve d'attachen ment et de dévouement qui ail jamais été donnée » sur la terre : je tiens tout de ses bontés : c'est sa » main qui m'a couronnée, et, du haut de ce trône.
toutc politique y était sans doute la maniiCestation des principes sur lesquels l'empereur voulait s'appuyer plus fortement que jamais , en contractant une alliance ^vec un ancienne maison régnante en Europe. L'obéissance d'une reine re'pudie'e n'avait pas encore e'te' misé à une aussi grande épreuve. Il fut donne' acte à l'empereur et à l'impératrice des déclarations qu'ils venaient de Mie de leur consentement à la dissolution de leur mariage ; on dressa
projet
suite fut adressé à l'arcliichancelier , qui convoqua le sénat , le lendemain 1 6. La séance s'ouvrit par l'admission au serment du prince vice-roi , qui pairaissait pour la première fois au sénat , le jour ou la dissolution du mariage de sa mère allait être décrétée; mais le sacrifice était commencé depuis le dernier voyage de Napoléon à Milan. Si l'épreuve avait été cruelle en présence de sa mère , aans le cabinet de l'empereur , elfe ne le fut pas moins au sénat; car , après que le comte Regnauld eut développé les motifs du sénatus-consulte y le prince vice-roi dut aussi avoir le-courage de prendre la parole , et dit : (c . . . Lorsque ma mère fut couronnée y> devant toute la nation , par les mains de son au- » custe époux , elle contracta l'obligation dé sacri- » lier toutes ses affections aux intérêts de la France: » elle a rempli avec courage , noblesse et dignité , » ce premier des devoirs; soname a été souvent attendrie en voyanten butte à de pénibles combats , e cœur d'un bomme accoutumé à ipaîtrisçr la
-5,e fortune el à marcher d'un pas ferme à l'accom- » jdlssementde ses grands desseins. Les larmesqu'a B coûtées crite resolution à l'empereur suQîsent k u la gloire de ma mère, a ,
Alors le sénat nomma imecommissionchargéede l'exanten du projet de se'natus-co&sulte ; elle se retira pour délibérée. A quatre heures et demie., on reprit la séance au retour de la commission. Le comte de Lace'pède rendit compte de la délibération, dont le résultat, comme on le pense bien, n'était
Sas contraire au projet. On vola an scrutin sur l'aoptioD proposée. Le scrutin, dit le Moniteur, 4onne, enjaveur^n projet, le nombre Je voix exigé par l'art. 56 de l'acte des constitutions du A août 1802. Il résulte de cette rédaction la certitude que l'assentiment ne fut pas unanime } la minorité exprima réellement le vœu national. La France , qui aimait Josëpliine , la France , pour laquelle Napoléon n'avait pas eu besoin d'aïeux , s'afQigea au bniit de < rendit immédiatement
u mariage.
Louise, archiduchesse négociations on s'était l'empereur François.
Cependant il avait I deParisla validité du ratrice Joséphine, pouj février, il fut déclaré tion d'un ancien concil n'avait pas observe cet h une amende de sixj
Lé 3 inârs, le prike de Neutchàtel, c&arg^ Kè deihânderlamain ael'arcliîducliesi^e Marie-Louise, arrira à Vienne. Le même joîir, rempéreur de'dara le titre de grftnd-duc de Francfblt réversible sur la tête d'Eugène après la mort du priûce primat* ''
Le 1 1 , le jprince deNeufcMtd, BertUer, épousa solenirellement , au ilom de son Souverain , la fille de l'empereur François. Le i3, cette princesse quitta Vienne^ accompagnée de plus de trois cents personnes , parmi lesquelles on comptait
S lusieurâ dignitaires de l'empire d'Autriche, douze âmes du palais^ douze chambellans^ etc. ^ sans^ CQinprendre les militaires. Une raste baraque y divisée en trois salons^ i'un regahlant l'Autriche , Fautre la Fraiice , et celui du milieu débtaré neutre j avait été construit avec ilue promptitude et une magnificence extraordinaires, entre Braunau et Altheini. La reine de N aples , entourée d'une suite nonibreuse , avait e'té eiivoyee par Napoléon pour recevoir la princesse des mains de sa/amille. Le 1 6, la retnise se fit en pré^elace des deux cours , avec une pompe dont Napoléoû lui-même avait pris le soin de dicter le cérémonial. Après la cérémonie, Marie^Louise partit pour Braunau, où elle fut tout à touf transformée en impératrice des Français ; elle y quitta ses vêlemens ae Vienne , et ne vit plus autour d'elle que la maison que Napoléon lui avait foimée. La princesse trouva sur sa route , à chaque coucher, une lettre de son époux. (. Le 29 , elle se mit en route pour Compiègne, où 'sidait l'empereur, entoura des princes de la fa-
a^Ue imfiTMi]e,- ift de U couf la plqs br^Iurta, Napoléon s'était aussi occupé d'un cér^onia) pour l'entrevue fixée par lot au lendemaiii. Mais çeUe fois, l'étitpieUe céda k «on impatience. Au lieu d'attendre le jour suivant et de se rencontrer avcp l'impératrice ifanj la tente dumilUu, oitlapiinr cesse dei/ail s^incUner pour se mettre 4 genoux, ei l'empereur la relever, fembrasser et s'asseoir à côté d'elle, Napoléon sortit furtivement du palais, accompagné de Murât, roi de Naples , ^làq» l^)e simple calèclu, sans livrées. Vêtu de la lediogole gnse de Wagram , il »e plaça eu embuscade, (I cause de la ploie, sous (e porche d'une petitf ^Ijse, au-delà de Soisfons, dans le village dp Coutceil^S : l'impératrice dirait 7 relayer. Aufsir ^Qt ([u'ella <Érrira , il i^M' bmsquemeut daBS 1« .Toiture, et le lend^ipai)! il fit ««sir à d^efWr vtis du lit de l'impetiatrice. Ce fut ainsi (pie se Pi)ssa 1 eiiire\'ue de Compiègne, que l'on appela l^swj/risede CourMÎlef. \a 3o, toute U coDt »e rtnnit à Saint-CIqu4 pour la célébratii» du m*iriage civil. Le 1"^^, {e muiaee &it proiMiKC
flVec âes tribunes pour les rois, les autres sonvé^-* rains et lès fimbassadéurs. Les rois , les reines , princes et princesses de la famille impériale , as- 6istèrent l'empereur et rimpëratrice. A cette majestueuse et brillante solennité , qui eut aussi poui' te'Bioins les membres du sacre' collège, quelques cardinaux seulement youlurent soutenir les droits du sacre pontifical , s'abstinrent de paraître et fa^. rent élœgnës. Tous les corps de l'état , toutes les dignités civiles et militaires , enfin tout ce que la cour de France et les cours "étrangères pouyaient ; indépendamment de la capitiale , offrir de plus dis* tingué^ se trouvaient réunis , au nombre de huit mille personnes , dans la grande galerie. Pendant toute la journée , k cour et la ville furent dans Fiwesse'd une fête générale. Cependant le souvenir Êital de celle du mariage de l'ardiiducliesse Marve- Antoinette attristait involontairement la journée^ €t, trois mdîs après / le. i**^ juillet, Tinceiidie qui einbrasa la maison oà le piisoe de Schwartstembepg donnait un bal à la fille de son souveratri , renouvela emeUenieilt ce sâmvenil*. L'impératrièé courut quelque danger, dont Napoléon la préservai Une beUe*sœur de ^ambassadeur périt, ^nsi que iqaelques autres perscmnes. Un grand nombre reçu^ rent des blessures graves» lies témoins du mariage de Louis XYI avaient prédit irne issue fiineste'à la Qowelle alliance avec la maison d'Autridie. Celle altiance avait été contractée dans les rem<^ parts àe Yienne détruits par Napoléon ; quMr« ans plus «ard, elle sera: dissoute à jamais dans les murs de Pans par remper«ur François; ^
Aussitôt aprèâ, son mariage , Napoléon fît aVec Marie-Louise un voyage dans la Belgique et sur les cotes septentrionales de l'empire. Le i^'^juin 1810, tous deux étaient de retour à Saint-Gloud. ^ Dans cette course , Napoléon ayait appris à con^ « wàtte les alliés secrets et nécessaires de rAngle<* terre. Par une conséquence naturelle de cette dé- ^Âuyerte y il tenait pour suspect son frère ^ roi de HoUamde , à qui le traité du 16 mars faisait perdre ^usienrs proyinGes maritimes. Convaincu que la Hollande n'avait d'autres intérêts à soutenir que < ceux de l'ennemi mortel du grand empire , il jugea qu'il était plus avantageux pour elle d'être réunie à la France. Son souverain , plus attaché à ses devoirs de roi qu'à ceux de prince français , n'avait pas balancé à préférer le bien*être de ses peuples à la politique de l'empereur^ et k leur rendre moins onéreuse la servitude de la loi commune. H avait reçu à cet égard beaucoup d'avis du gouvernement français , et I9 réunion récente des départemens des BoucIle$-dar^Rhin et des Bouches-de-l'Ëscaut annonçait énergiqiiement à Louis le sort qui atten^ dait le reste de ses états. Une armée de vingt mille hommes, commandée ^ar le maréchal Oudisot) entra dans le royaume pour y faire observer le blocus continental. Louis comprit alors qu'il n'était roi de Hollande que par la grâce de la France , et qu'il devait se réduire au rôle d'administrateur xe^nsable d'une succursale de l'empire. Il abdi«qua le 3 juillet en faveur de son fUs. NapoUon re-
jeta cette abdication^ et, le 9 juillet, un impérial réunit la Hollande à l'empire.
décret empire.
Pestant que cçs choses s^ pas^iex^t m QoUagide, im ëvëuement qui d^yait ayoir pour l'Europe y el l^urtont pQui: ]a France > les plus graves CQostfr q^eQces, fixa les regâur45 du corps social wr le royaume do Suède, lie roi Charles XIII , vieux et sansenfaus, avait adf^é le prince Qharle^Augustc de Hol^teiii-AugusteiiQJbourg , d'une branche cadette de sa n^aisou Qt 4e celle de Panemarck. Le lo jan* yier, le prince royal lui avait prête' serment de fidélité' I m^is le ag mai suivant y à une manoeuvre 4f cavalerie 9 il était tombe d^ cheval et mort, subitement. La vieillesse du roi et l'inte'i'ét de la Suède dirigeaient impàrieusement le choix d'un prince royaL La reconnaissance de trois officiers (suédois pourvut à ce besoin de re'iaf. Dans la |[uen;e4e 1807^ ces trois officiers, Cûts prisonniers a Strialsund^ reçurent du ^éimsà en mei Bema*- 4p|te le meilleur traitement , et pair son moyen (obtinrent en France la résidence de la ville qu'ils désiraient habiter jusqu'à leur éehaage. Quand il leur &t permis de revoir leur pays , ils allèrent j^eraercier le maréchal de tous les actes de bien* Teillance doiit ils^daient un étemel aouiteiâr. A la mort du prince d'Augu^tembourg, ils se le rappelèrent plo»que jamais , et fonnèrent le pojet de témoigner d'une manière éclatante leur gratitude à Bemadotte , en le £siisant monter sur le ti 6ii<* d<* &iide. Ces militaires usèrent habilement , aii}>rc des membres des états ^ de l'influence que pom .i> leur donner leur poHlraa «<wiale, et furent in vêtis des pouvoirs nëccs * n^ur aller à Pari • frir la couronne de S >» prince de Po:
Corvp, et demander : de remperci»
Kapdléon, daiu; sa beti^ée, destinait^ dit-^ii, ^él\tà
peréur croyait au-dessous de sa dignité et de celle ae tous lés siens. Bemadotte, lyant ëtë choisi, protesta à l'empereut qu'il n'accepterait (JU^autant ^e cela lui serait agréable. Napoléon lui fit entrevoir qu'étant lui-même monarcjue élu par le peuple, il ne savait pa^ s'opposer aux élections des autres peuples , et que cettb élection avait son assentiment et était conforme à ses vœu^. Par suite de ce consentement / la volonté unanime des états de Suède proclama , dans leur séance du stt août , le marécbal de Pdntc-Corvo prince royal de Suède. Le roi CBarles XIII l'adopta aussitôt pour son fils. Le i* novciubre, Bemadotte, qui avait embrassé la religion réformée, prêta serment en qualité de prince néréditaîre de la couronne de Suède.
Les succès des armées françaises 'ne se démentaient pas en Espagne, tandis qu'en France l'année i8i T, qui devait ettë la dernière époque heureuse de la carrière de Napoléon, s'annonçait en comblant fous ses vœux. Le tîomars, Marie-Louise ressentit les douleurs de l'enfantement^ mais sa délivrance éprouva des obstaclçs imprévus , et tels que ses jours, ainsi que ceux^de son enfant, furent également en péril : ils dépendaient d'une opération péhible et douteuse. Le chirurgien Dubois vint consulter Napoléon : « IVe pensez qu'à la mère , ré- » pondit-u, et traitez V impératrice comm^ une » bourgeoise de la rue Saint-Denis » Alors il se rendit auprès du lit de Marie -Louise , la consola ,
rezlioita> l'encouragea. Après vingt -six nûmites d'un tratail douloureux , l'en&nt fut mis au monde par le secours des fers; mais pendant sept autres minutes il ne^donna aucun signe de vie. Enfin y k force de soins, l'enfant respira. Il vit y s'ecriait-on^ il viç^ra! Transforte', hors de lui-même, l'empereur se précipita à la porte du salon , où la France et l'Europe semblaient attendre leurs destinées : il l'ouvrit et s'e'cria : C'est un roi de Rome ! Cent un coups de canon annoncèrent a la capitale la naissance de Napoléon II; l'ivresse fut générale. Al'Hôtel-de-Ville , Bellart et les membres du conseil municipal, qui proclamèrent en i8x4 ^.^ déchéaîice de Napoléon y votèrent dix mille franps de rente au premier page qui vînt leur apporter la nouvelle si impatiemment attendue. — L'empereur resta à Paris tout occupé de grandes pensées pour son fils. Le i6 septembre , il partit pour aller revoir ises nouvelles provinces de Hollande , et examiner les nouveaux travaux qu'il «avait ordonnés.
Le 4 octobre, il était à Anvers, et put admirer les miracles de ses créations. Sur la rive gaucbe de ï'Éscaut , où naguère il n'existait qu'une redoute , s^elève une ville de deux mille toises de dévelop** pemcnt; vingt-un vaisseaux de guerre sont en con« struction; on a creusé un bassin ayant vingt- six pieds d'eau , capable de contenir quatre-vin^t-dix vaisseaux de ligne. L'Escaut , désormais praticable pour les plus gros bâtimcns de toute espèce , depuis son embouchure jusqu'à Anvers, présente une r^^* continue que dcfenaent Flessipgue et ciD^^ etits forts et forteresses.-*^ Napoléon revio
1 1 novembre,
Le pays d'Oldembourg venait d'êlrc réuni à là, France. Les departemens français s'e'tendaient de-
{)uis Rome jusqu'à Hambourg. L'Europe , moins 'Angleterre, obéissait à Napoléon. Il entreprit de châtier la Russie , qui venait de rompre le blocus continental (i). L'Angleterre , dont une tentative sur. la Belgique avait été' repoussée par les gardes nationales, forma une coalition de la Russie avec la Suède. Napoléon pousse le reste de l'Europe sur la Russie; quatre cent mille hommeis , qui auraient pu le couronner , en passant , empereur de GopstantinopFe , viennent assister à l'incendie de Moscou , allumé
far les Russes eux-mêmes. La nature dompte enfin orgueil d'un bomme qui ne reculait plus devant rimpossible. Tandis qu'un froid inouï anéantissait une armée superbe , celui qui avait daté ses décrets du Kremlin revint à Paris se mettre dans une colère terrible et intempestive contre les idées libérales (1812). Pendant son absence , la conspiration répu^ blicaine et singulièrement audacieuse du général Mallet avait manqué de cbanger le gouvernement. Mallet fut mis à mort.