‹ Histoire de Napoléon: d'après m. de Norvins, m. le comte de Las-Cases, le général Gourgaud, etcChapitre 5 sur 21 · CHAPITRE IL Campagne d'Italie · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL Campagne d'Italie

(1796.) Nous avons donne' ,.en d'autres parties de la Bibliothèque Populaire , le récit des campagnes miraculeuses de Bonaparte, général en chef (i). Il trouve Tarmëe d'Italie dans un a£&eux dénuement, lui adresse une proclamation, chefd'œuvre d'éloquence militaire , qui enflamme les soldats d'un enthousiasme impossible à décrire. Puis , avec des forces bien inférieures à celles de l'ennemi , il tourne les Alpes et se jette sur l'Italie. La première bataille est uvrée à Montenotte; elle vaut une victoire aux Français ; à Dego , à Millesimo , les Autrichiens et les Piémontais sont également battus. Au combat de Dégo , Bonaparte remarqua un chef de bataillon , qu'il fit chef de brigade (colonel) sur le champ Ae\ bataille : c'était Lannes , qui disputa si long-temps à Nej le titre de brave des braves , mais qui eut sur lui l'immense avantage de mourir les armes à la main au champ d'honneur. A Geva, à Mondovi, \es Français se distinguent encore : Bonaparte arrive à

(x; Toyes rfaistoire Ue la i^nmpagne d'Italie^ de la Camoagne d'Egypte et de Syrie, de Jo Campagne d*Austeflitz^ oëjà publiées. Bientôt de nouveaux volumes comple'Lerout Thistoire militnire des Français, depuis le commencement de la rcvoliition jusqu'au sié|e d'Anvers , sous Louis-Philippe.

Cherased^ a ait heats de Turin; et la ^ par uoe éloquente prodamation , il exalte encore 1 enthousiasme des troupes, raffennit la discipline , et porte la terreur chez Fennemi. La campagne avait à peine dure quinze jours , et déjà le vieux roi de Sardaigne conclut un armistice; puis^ le mois suivant y il signe une paix définitive avec la république. Les triomphes du jeune général en chef, aussi rapides que décisifs , produisent en France un vif enthousiasme , et cinq fois les conseils avaient décrété que rarmée d'Italie avait bien mé*rite de la patrie,

La possession de toute l'Italie est dans les murs de Mantoue; aussi tous les pfforts de l'attaque et de la défense se concentrent sur ce point. A Plaisance, le duc de Parme, effrayé, signe un armistice avec Bonaparte; il achète ce traité avec des tableaux et des millions, que le général fait passer à Paris. Dis ce moment , l'armée d'Italie aura à distribuer trois sortes de trophées; les trésors des vaincus pour la solde des autres armées ; les objets d'art

Eour l'embelliisement de la capitale , et pour elle ss approvisionnemens et tout le matériel de euerre de ses ennemis. Aux mêmes conditions que le duc de Parme , le duc de Modène obtint aussi une sus* pei^on d'armes.

L'imagination peut à peine suivre les mourez mens brusques et rapides de Bonaparte. Le pont de Lodi, sur l'Adda, est franchi avec une audace qui tient du prodige: en vain le général autrichien, Beaulieu, avait opposé une vive résistance. Le vainqueur est reçu dans Milan ^ aux acclamations

ia peuple, qui, là^ youlait aussi la liberté. Le Directoire semble prendre ombraee des succès de son général } il lui donna des ordres qui eussent entraîné des revers, et que Bonaparte n'exécuta pas : il voulait, lui, gagner entièrement la Lombardie à la France , former le siège de Mantoue , et cbasser Beaulieu jusque dans le Tyrol. — Le jour même où il sortait de Milan pour se porter sur FAdiee , le tocsin donna le sj^nal de l'insurrection dans les campagnes. Le peuple , excité par les nobles et par les moines , se souleva , entra dans Milan, se rendit maître de Pavie^ mais cette révolte fut bientôt réprimée , et des otages , choisis dans les principales £Eimilles de la Lombardie , furent envoyés à Paris comme garantie de soumission. — Défaite encore une fois sur les bords du Mincio, L'armée de Beaulieu se disperse en désordre , prenant la route du Tyrol.

Après ce succès , Bonaparte se trouvait réduit à imbloctts d'observation devant Mantoue, faute d'arr tâlerie de siège. Une nouvelle armée autrichienne s'avançait sous les ordres de Wurmser; les puis* sances d'Italie, malgré les traités, semblaient prêtes à recommencer les hostilités contre les Français : Bonaparte pourvut à tout. Une suspension d'armes e^i conclue avec le roi de Naples ; la force réprime las essais que font Venise et Gènes pour violer leur neulvalité : le Piémont est contenu; les légations de Bologne et de Fèrrare, appartenant au pape,' sont occupées par les Français, qui furent reçus par les babitans copune des frères et des 13>érateuis* Le pape demiande et obtient une trêve. Lv

ToorDe est ooropée, les Anglais ai sont chdssës, et bientôt après ia Goise se délivre anssi de leur jong. La nouvelle de la reddition du château de Milan , qui avait tenu jusqu'à ce moment, rappelle le général en chef aux opérations du si^ de Mantoue. En même temps , l'Italie, sauf les villes de Bologne , de Ferrare , de Faënza, de Reggio , qui avaient d'enthousiasme ailMuré lés couleurs de la liberté, était un volcan prêt à dévorer Farmée française. .La action aristocratique et sacerdotale traitait d'une main et menaçait de l'autre. Dans l'état de haine générale , mais cachée , qui animait tous les gouvememens d'Italie contre la république ^ et ses troupes, la saine politique prescrivait de ménager les habitans, et de ne pas encourager l'opposition des ennemis de la France par le despotisme et les dilapidations des agens du Directoire. Sous ce rapport , le général en chef fit tout ce qu'il lui était possible de £dre.

L'année française était de 4o,ooo hommes, dont 36,ooo présens sous les armes , allaient £iiire la guerre active contre un nombre presque double de oombattans réunis sous les ordres du fdd-maréchal autrichien Wurmser. Ici commence cette- suite de victoires que nos soldats nommèrent la Campagne des cin^ Jours, Les combats de Lonato, de Salo, la reprise de Brescia , d'où l'ennemi n'eut pas le temps d'emmener ses prisonniers, les briuantes journées de Gastiglione , la prise de Vérone ; la trahison punie des puissances italiennes, la bataille de Rovei:e4o , la conquête de Trente couvrent de gloire l'armée française et le héros qui la conduit.

Bonapartie poursuit Wurmser; une nouvellf victoire est remportée à Bassano.Wiumser toutefois se replia sur Mantoue, et, dans sa retraite ^ obtint quelcpies succès peu importans; il fut encore une fois vaincu à Saint'-Georges, faubourg de Mantoue :1e troisième blocus de cette ville fut formé : trois années autrichiennes avaient été détruites. L'aide-de-camp Marmont^ que Bonaparte avait trouvé à Toulon lieutenant d'artillerie, porta au Directoire les drapeaux enlevés aux batailles de Roveredo, de Bassano et de Saint-Georges. On peut dire , de cette époque, que les soldats de l'armée d'Italie, en montrant par des prodiges tout ce que les Français peuvent devenir sous un grand capitaine , étaient tes premiers soldats de ia république et du monde. Mais quels générauxmarcbaient à leur tête, dans cette mémorable campagne ! et quelle part de gloire revient à leur valeur dans la gloire du général en >bef qui eut le bonheiu: de trouver de tels instrumens de ses desseins et de son génie ! Quels hommes , que l'intrépide Augereau qui se jouait de tous les périls^ que Tbabile Joubert qu'aucun événement ne pouvait étonner; et surtout que l'illustre Masséna, déjà digne de conduire une armée ! Auprès d'eux se distinguent , comme des rivaux d'audace et de talent, les Yaiibois, les Sabuguet, les Kilmaine , les Bon, les Serrurier; tandis qu'on voit briller au second rane, Saint-Hilaire, Leclerc, Suchet, Lannes , et Miu:at qui ne fait que commencer une carrière qui doit être si pleine d'exploits chevaleresques. Nous ne pouvons citer les autres officiers parmi lesquels existent déjà tant de

Taux y Piovera, perditla bataille delà Favorite. Le a février, Wunnser rendit Mantoue parmie capitulation honorable. Peu de jours après , ce vieux général donna k Bonaparte une preuve signalée de sa reconnaissance pour sa généreuse conduite a son égard, en l'avertissant d'un omiplot d'empoisonnement ourdi contre lui dans la Romagne, où lesFrançab portaient leursarmes. La nouvelle campagne ne fut m lon^e ni glorieuse : les rencontres avec les troupes du pape n'offirirent aux soldats français que de simples exercices militaires. Aussi, le général en chef ne réservait au Saint-Siège^ pour prix de ses trahisons, qu'une vengeance ptrement politique et administrative. Il le força de signer le traité de Tolentino , qui lui enleva quelques provinces et quelques millions.

La pierre continua en Italie avec l'Autriche. L'archiduc Charles vint combattre Bonaparte.

Partout celui-Ksi et les génàaux qui ]e secondent sont victorieux; Tlstrie , la Gamiole, la Garinihie sont conquises. L'armée française n'était qu'à soixante lieues de Vienne , lorsque les motifs déduits par l'auteur de notre histoire de la Campagne d^ Italie j déterminèrent Bonaparto à s'entendre avec l'archiduc Charles pour la conclusion de la paix. Cependant de nouveaux combats eurent lieu, et l'avant-garde française n'était plus qu'à vingt lieues de Vienne. Une suspension d'armes fiit conclue à Léoben , et enfin , peu de jours après , les préliminaires d'une paix glorieuse pour la France furent signés avec 1 Autriche. Elle fut définitivement arrêtée à Campo-Formio. La république de

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Venise^' aùi avait sans cesse trahi la France, tout en prétendant rester neutre, fut supprimée : Gènes devint la capitale de la republique ligurienne ^ Milan fut le centre de la republique cisalpine. Bonaparte avait conclu le traite de Gampo-Formio sans consulter le Directoire. Celui-ci ne k ratifia qu'après quelque hésitatioQ.

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