CHAPITRE ly
Journées des iS et ig^ brumaire,
Bonaparte fat vivement frappe de Tentliousiasme qui, à son débarquement , transporta la po^ pulation de Fréjus. Désorm^s la multitude saluait en lui le libérateur de la France. Dès ce moment il connut toute la faveur de la fortune qui le ramenait dans sa patrie. Les chouans désolaient la Bretagne par leurs voft et leurs cruautés; la guerre civile s'était rallumée dans TOuest avec fureur, et se propageait à travets le département de l'Eure jusqu'aux environs de Paris ; après avoir gagné Bordeaux et Toulouse, elle menaçait d'envahir le Midi. L'Italie tout entière gémissait sous le joug des Austro-Russes, ses nouveaux maitçês. 'Joubert, en-
'importance et la popularité' nécessaires à on an rôle politicpie ) ëtait mort en combattant à Novi. Bonaparte sentit qu'il reparaissait à propos pour ressaisir l'Italie , ce berceau de sa grandeul*.
Le 9 octobre , Bonaparte ^e mit en roule pour Paris 4yec Bertbier, son cbef â'état-major : il ne fit oue continuer un trioQiphe jusqu'à la capilalc jjfi Directoire seul ne prit aucun ombrage des
liai
-- , -^— - repotrté
leurs vues sur Moreau. Mais , à la nouvelle du débarquement de Bo^apaite.^ Moreau dit aux directeurs: : « Vous n'avez plus besoin de. moi : yoilà » l'bômme qti'il vous J&ut pour un mouyement^ » adressez-vous à lui. ». Ces paroles donnent la mesure des combinaisons étroites du Dirqctoirp^ qui croyait ressaisir le crédit delà force en faisant opérer un mouvemerUi elles prouvent aus^ que Moreau ne pëne'trait pas mieux que les gouvemans les conséquences inévitables dé cette apparition si imprévue de Bonaparte* Le Directoire ne savait pas ce que tout le monde sentait à Parif^ ce que roa répàait partout, c^u'un jiârti nouveau, celui de l'armée, se présentait poiir dominer tous les autres* Le vainqueur de Toulon, de vendémiaire, d'Italie et d'E^pte représentait ce parti j et certes il n'avait pas brisé toutes les lois militaires et civiles pour venir of&ir son appui au Directoire.
L'arrivée de Bonaparte fut annoaoée dans tous
les spectacles de la capitale comme une prospérité publique. Il fut accueilli comme par une conspiration générale . et entouré tout à coup d'amitiés oi^ d'intérêts qu'il ne pouvait préyoir. Le i t octobre, il se rendit au Luxembourg ( siège du Directoire ), où il exposa y en séance particulière, la situatioD de l'Egypte; il déclara aux directeurs qu'instruit des malheurs de la France, il n'était reyenu que pour la défendre. Il jura sur son ^pée que son départ n'avait point d'autre. cause, et lui pas ^autrç intention. Les cinq directeurs, divisés, non en trois factions mais en trois intrigues, prirent cbacun pour eux ce serment militaire. Toutefois, voulant éviter de leur donner aucun soupçon et de se pro* noncer plutôt pour l'un que pour l'autre, Bonaparte mena une vie tres7retirée.'Il se montrait peu eo public , n'allait au tbéâtre qu'en loge grillée, ne fréquentait ostensiblement que les savans, et iub consentit à dîner chez les directeurs qu'en famille* n ne put cependant refuser le banquet que lui offrirent les deux Conseils dans le temple de la Victoire ( l'église Saint-Sulpice ) ; mais il ne fit que paraître à cette espèce de fête. Paris recardait avec ubc sorte de respect cette solitude de Donaparte après de glorieux travaux^ on y attachait l'espérance de quelque baute coinbinaison qui vint au secours de la nation. Le public te se trompe guère sur les grands événemens qui doivent édore, et il se trom- ~?ait d'autant moins cette fois, dans son attente , que ui-méme conspirait ouvertement contre le Direc-
toire. Bonaparte n'eût pas apporté d'Egypte la volonté de changer le gouvemeinent d« h France et
à!en prendre les réoes , qu'il y aurait été force' {ur l'opinion.' La situation positive des affaires lui fu: rc'velèc par de bons' observateurs, par Gambacërè». Rœderer, Real , Regnault-de-Saint- Jean-d*Angély, Boulay de la Meurthe , Daunoti, Gbënier, Moret, Sèmoiiville, Murât, Bruix, Talleyrand et Fouck de Nantes. De toutes parts on pressait le général Bonaparte de se mettre , non à la tête d'un mouTb ment , niais d'une reVolution.,
Voici Tëtat des partis qu'il fallait combattre oa soutenir dans Fintërieuï-. Jourdan , Augereau et Berna'dotte fîgiuraicnt au premier rang de la [àctioù démocratique , connue sous le noin du Matiége. Cette faction , qui se ralliait aux directeurs Monlins et Gqliier, lequel présidait alors ^ se composait àds révolutionnaires républicains. Elle fit des confidences à Bonaparte ; il les accepta , et tenait ostensiblement pour Gobier et Moulins. Sieyes dirigeait les politiques , les modérés qui siégeaient dans le conseil des Anciens. 11 proposait â Bonaparte d'exécuter un coup d'État, médité dès-longtemps , et lui soumettait une constitution qu'il avait silencieusement élaborée. Roger-Ducôs, l'ombre de Sieyfes , se trouvait toujours compris de droit dans toutes les opinions de son collègue. Quant a Barras , placé à la tête des spéculateurs , des hommes de plaisir^ c'était un ambitieux de sérail; seul de son espèce au Directoire , il flottait entre les deux patlis, et aurait voulu s*en del^arrasser ; '-irèîià le ,motif de l'accueil qu'il avait fait à Bona- 'M^te% (lui l'appelait le chef des Poufris. Un qua- *tnème paiti Selcyi^mait des conseillers de Boqaparte ,
qui ne se souciaient ni de la démagogie de Gohier^ ni de la métaphysique de Sieyes , ni de la corruption de Bai'ras. Au nombre de ces hommes se rangeait Fouchë, alors ministre de la police du Di* rectoire. Il avait rompu avec les républicains^ dont il, était sorti , et à 1 arrivée de Bonaparte , il se hâta de commencer , à l'égard du Directoire y le rôle qu'il ib'a cessé de jouer depuis sous les divers gouvernemens de la France. Ses services parurent a autant plus précieux, qu'il pouvait être plus nuisible aux projets du général. Il fallut donc recevoir les ouvertures de rouché comme une nécessité. Mais il était en pleine trahison , et par cela seul sa position devenait très-dangereuse pour lui-même; - \ en conséquence , il dut se contenter d'être écouté :
nége y poussait à prendre une couleur plus franche, et a obtenir plus de crédit que Foûché ; cet exministre était le citoyen Talleyrand-Périgord; il ne devait plus aucune fidélité au Directoire , et il était dégoûté de la république et de ses gouvemans. Une division extrême régnait parmi ceux-ci : ils travaillaient séparément et avec, une ardeur infatigable auprès de Bonaparte à la destruction de leur propm^uissance. i
n^Sni ^ à . dissoudre le Directoire , Bonaparte voulait ^e cette opération ne fut pas une révolution, mais un changement; car s'il aimait la guerre, il avait en horreur le moindre mouvement populaire Poui arriver à son but , il existait une route
coP sri ttt li flMicfle f iodiqaée par Sinjes et par Y» tide ni de k Goostîtatioii, ^i doBnaît aux Andas le pouvoir de transfà'er les deux conseils hors et la capitale. Grâce à cette mesure l^;ale , le Directoire se trouvait isolé. Bonaparte jugea que k moment de s'entendre avec Siejes était yenu, en raison de l'immense influence ^e ce durecteur exerçatf dans le conseil des Anciens. Bonaparte le connaissait depuis long-tempSy et penchait à se rapprodkr de lui -: cependant ses amis Tengageaieot à voir Barras; il dîna avec ce directeur, qui laissa voir trop facilement Fintentian de le jouer. Bonaparte le quitta assez irrité , et visita Sieyes , avec lequel il 5 accorda bientôt. On convint que celui-a disposerait le conseil des Anciens à prendre la résolution qu^autorisait la Constitution, et que Bonaparte se dargerait d'appuyer au besoin, par les troopes , la décision de ce conseil. Les deux conspirateurs arrêtèrent que Tentreprise serait exécutée du i5 au sio brumaii*e y c'est à-dire du 6 au f f novembre 1T99.
La garnison de Paris, dont une partie avait servi en Ualie , et dont l'autre avait marché sons les ordres de Bonaparte au t3 vendémiaire, ainsi que les quarante-huit adjudans et les che& de la garde nationale nonunés par lui après cette journée , en sa qualité de général en chef de l'arm& de l'intérieur; enfin une bonne partie de l'état-major de la S lace , avaient voulu être présentés au vainqueur e l'Egypte dès son arrivée à Paris ; trois régimens de dragons surtout désiraient avec ardeur qu'il les passât en revue. Le général lef remettait
de jour en jour dans la crainte d'affecter la populanté militaire , et d'éveiller les soupçons du ministre de la guerre, Dubois de Chance, son ennemi personnel et la créature du Manège} mais 1% i5, dans une dernière conférence entre Bonaparte et Sieyes , l'exe'cutîon de la révolution méditée ayant été définitivement ûxee au 18 brumaire (9 novembre), les officiers de la g^irnison furent convoqués à sept heures du matin , pour le 18 , au domicile du général. Quant aux troupes, les généraux Murat, Lannes , Lederc, beau-frère de Bonaparte, et les colonels , tels que Sel)astiani , qui comman* dait le 5*^ de dragons , se chargèrent de disposer les officiers à marcher sous le nouveau drapeau « Chaque régiment connut, dans la nuit du 1 7 au 1 8, son ordre de mouvement ; les chefs seuls étaient dans la confidence de l'objet de ce mouvement. Bon^arte avait fait appeler oebastiani son ami et son conk-
Satriote, et après lui avoir confié les projets dulet^ emain, il lui dit de s'assurer de son régiment eî de le diviser en deux "parties, dont six cents hommes à pied prendraient position à six heures dn matin, dans la rue Royale, sur la place Louis XY^ sans pouvoir conunuhiqueravec qui que ce fut. Sebastiani devait ensuite se rendre chez Bonaparte avec quatre cents chevaux, occuper les avenues de sa maison jusqu'à la rue du Mpnt-Blanc, et donner pour consigne à ses vedettes de laisser entrer tous les militaires qui se présenteraiant , mais de ne permettre à. personne de sortir. Ces ordres fuirent exécutés. Le ministre de la guerre , Dubois de Grancé , n'ayait pu if aor» le mmiyeDient mili^
taire qui s^opérait depuis qael(|aes jours dans les casernes et paUni les.ofGciers , en fayeur de Bonaparte ; il eut des preuves certaines du complot fomi^ d*enleYer la garnison de Paris , et de remployer a une révolution contre le gouyernement. il alla au Luxembourg, le 17, en donna avis à Gohier, président du directoire, et lui proposa de faire arrêter Bonaparte, le lendemain, au milieu de l'exécution de son projet. Mais les directeurs , qui se reposaient sur les rapports de Fouché et sur les sentimens que Bonaparte leur avait constamment témoignés depuis son retour, Gohier surtout, que Bonaparte ménageait le plus parce qu'il craignait davantage son influence républicaine, se récrièrent contre le dessein du ministre , et restèrent dans l'ignorance complète de ce qui se passait sur la rite droite de la Seine. Cependant Dubois de Grancé, ne voulant pas être pris au dépourvu, dans le cas où le Directoire se réveillerait, avait cpnsipié toutes les troupes dans les casernes. Le colonel Sébastiani reçut le 18, à cinq heures du matin, l'ordre de se rendre au ministère , comme il montait à cbeval avec ses dragons. Sébastiani mit l'ordre dans sa poche et arriva avec ses quatre cents chevaux à l'hôtel Bonaparte. Le général l'envoya inviter ses officier^ à déjeûner. En chemin, Sébastiani rencontra', dans la longue et étroite avenue qui conduit à la maison de Bonaparte , le général Lefebvre en voiture; ce général était commandant de Paris; il demanda avec sévérité au Colonel en vertu de quel ordre il était là à la tête de son régiment. « Le général Bonaparte vous le dira, » ré-
pondit Scbâstiani. Lefebvre ordoDoa à son cocker de sortir et de le ramener chez lui. Alors Sel)astiani Gt connaître sa consigne et engagea Lefebvre à entrer chez Bonaparte pour s'entendre avec lui. Lefebvre, voyant Timpossibilite' de faire tourner sa voiture dans l'avenue et de se soustraire à la consigne donnée , se décida à suivre le conseil de Sébastian!. Ëii arrivant chez Bonaparte, il Tinterrogea sur le mouvement de troupes qui avait lieu par ses ordres, et lui fît de violens reproches. Quand il eut fini Bonaparte lui dit froidement : « Général Lefebvre^ vous êtes ime des colonnes de D la république; je veux la sauver aujourd'hui » avec vous, et la délivrer des avocats qui perdent » notre belle France. Voilà pourquoi je vous ai en- 9 gagea venir chez moi ce matin. — Les^vocats^ » répondit Lefebvre : oui, vous avez raison , il faut » les chasser. Vous pouvez compter sur moi. 9 Ainsi se termina cette aventure qui aurait pu avoir des suites sérieuses. On sent combien il importait à Bonaparte d'avoir pour lui et avec lui le com-; miandant de Paris, Bientôt après se présentèrent en foule tous les généraux et officiers qui, depuis quelques jours , s'étaient déclarés les partisans de 1 adversaire du Directoire. Dans ce nombre, on remarquait Moreau, qui se livra tout entier à Bona- Sarte. Celui-ci craignait Bemadotle, le chef le phis angereux du parti du Manège^ et depuis quelque temps plus que suspect au Directoire , qui , deux mois auparavant, lui avait retiré le portefeuille de la guerre. Le matin, sur l'invitation de Bonaparte, Bemadotte s'était rendu chez lui ; une conversa-
tkm trts-nve eut Ikii outre eux; Bonadotte refusa de oQQpârar an. diangcmeiit politique dont il recevait la confideiice. H sortit de cet entretien a^ics aYoir promis de rester neutre. Cet engagement ne l'obugeait probablement que pour la jouraeèy comme on le Terra. Bonaparte voulut aussi s^assorer du président du Directoire, et l'engacea à diner pour le jour m&ne de révàiement. A 1 insu du Directoire une convoca^on extraordinaire avait âé Caite dès cinq beures aux membres .du conseil des Anciens qui trempaient dans la conjuration. Déjà Bonaparte se trouvait entoure' dfi la presque totalité des militaires de Paris , lorsque le député Cornet vint lui apporter le décret qui mettait l'armée à sa disposition^ et «donnait la tianslation des deux conseils à Saint-Gloud. Sans ce décret, Boaq^rte ne pouvait exécuter ses projets. Une légitimait pas y mai^ il autorisait ce qui allait se &ire militairement.
Fouchéy qu'on n'avait point admis a diriger les fils de la trame , s'en dcdommageaic en faisant espionner les deux partis ; il^ sut le ftremier que Golier avait rejeté les avis dé Dubois de Crancé^ et se targua de cette révélation auprès de Bonaparte ; il sut le premier ansai que le décret des Anciens était rendu ^ et se bâta d'en informer le général avant l'arrivée de leur président.' Alors y saisissant l'occasion de faire éclater £on zèle pour en recueillir les fruits, il avoua au général qud avait ordonné de fermer les barrières de Paris, et d'arrAterJe dqiart des courriers et des diligences. Boniq^e se contenta de lui répondre ; « Vous
1^ royez, par rafflaence des citoyensi et des Irrârv«à » qui m'entourent , que je n'agis qu'avec la nation » et pour la nation. Je saurai faire respecter le dëi> cret du conseil et assurer la tranquillité publi- » que. » Fouche' sortit de chez le gênerai pour publier une proclamatibn qu'il tenait toute prête en faTcur de la nouvelle révolution , et se rendit ensuite au Luxembourg , aûn d'avertir le Directoire de la résolution du conseil des Anciens. Le président Gobier le reçut comme ii le méritait. Quel besoin Foucbd, engagé conune il Tétait, avait-il de se présenter aux directeurs, quand il n'avait pas cessé, depuis le retour de Bonaparte , d'employer sa pob'ce a les trabir ? Ydici la raison de cette conduite. L'affaire n'était pas encore terminée ^ il osa dire au président que les rapports ne lui avaient pas manque^ mais ces rapports étaient évidemment laux,^ puisque ce ministre infidèle travaillait contre le Directoire. Il ajouta : N'est-ce pas du sein même du Directoire que le coup est parti. SiS^es et Ducos sont à la comnjtission dei Anciens, — La majorité est ici^ lui répondit froidement Gobier, et si le Directoire a des ordres à donner ^ il en chargera des hommes plus dignes de sa con^ fiance.
Cependant le président Cornet venait de donner lecture au général Bonaparte , en présence 4e tous les militaires qui remplissaient son hôtel, du décret suivant : « Le conseil des Anciens , vu les arti- » clés 102, io3 et io4 de la constitution, décrète » ce qui suit : i^ le corps-législatif est transféré « dans'la commune de Samt-Cloud. Les deusLcon-
» seils y siégeront dans les deux ailes du » 2^ ils y seront rendus demain y 19 brumaire, à » midi. Toute continuation de fonctions do dé- » libération est interdite ailleurs ; 3" le gcnéral » Bonaparte est chai^gé de l'éxecution du présent TU décret : il prendra toutes les mesures nécessaires » pour la sui'ete' de la représentation nationale. Le « général commandant la 1 7*^ division^ la garde du » corps législatif^ les gard^ nationales sédentaires, » les troupes de ligne qui se ttouyent dans la 00m- » mune de Paris et dans l'arrondissement consti- » tutionnel, et d^ns toute l'étendue de la 1 7^ ixTi- » s ion, sont mis immédiatement sous ses ordres , » et Içnus de le reconnaître en cette quali/é. » Tous les citoyen's lui prêteront main-forte à la n première réquisition; 4*^ ^^ général Bonaparte » est appelé dans le sein du coi^sçil pour y recela voir une expédition du présent décret , et prêter » serment : il se concertera avec les commissions » des inspecteurs des deux conseils; 5^ le présent 9 décret sera de suite transmis par un message au 1» conseil des Cinq-Cents et au Directoire Exécutif; » il sera imprimé , affiché , promulgué et enyoyé » dans toutes les communes de la république par » des courriers extraordinaires. » Tel fut le premier manifeste de la révolution convenue entre^Bonaparte et Sieyes, et dont le conseil des Anciens se rendait l'organe et rinstrument.
Après cette lecture , Bonaparte ordonna aux qua • rante-huit adjudans de faire Mttre la générale, et de proclamer Je décret dans tous les quartiers de Paris) ensuite îl monta à cbeyal , suivi des généraux;
des officiers et des dragons de Selsastiani , entra par le Pont-Touroânt aux Tuileries, où il vit Tenir audcyant de lui la garde du conseil des Anciens , qui l'attendait en bataille sur. la terrasse de l'eau ; ce fut ayec ce cortège qu'ij arriva au palais, au milieu des acclamations- de» soldats et de la popnlation. Introduit dans la salle des séances avec son état-major : « Citoyens 9 dit-il) la repub]i([ue péri^^aitj vous » l'avez sa et votre, décret Tient de la sauver. ]M(al- » lieur à ceux qui voudraient le trouble et le désor- » dre I Je les arrêterai, aidé des généraux Bertbier, » Lefevre, et de tous mes compagnonsd'anpes.Qu'on » ne cherche pas dans le. passé des exemples qui » pourraient retarder votre marche. Rien dans l'his- » toire ne ressemble à la fin du xviii'^ siècle : rien, » dansla fin du xviti^ siècle, ne ressembleau moment )) actpel. Votre sagesse a rendu ce décret; nos bras » sauront l'exécuter. Nous Toulonsune république » fondée sur la vraie liberté , sur la liberté civile , » sur la représentation nationale; nous l'aurons* Je » le jure. Je le jure en mon nom et en celui de mes 9 compagnons d'armes, d — Bonaparte reçut les félicitations et les encouragemens des meidbres pr ésens'du conseil des Anciens.:— -Le président Cornet avait habilement composé ime majorité pendant la nuit précédente.
Cette manière d'octroyer la liberté fut bientôt légalisée par les forces militaires que. le conseil venait de mettre à la disposition du dictateur. Il alla {)asser dans le Carrousel la revue des troupes , et es harangua par cette proclamation envoyée ensuite aux armées : a Soldats ! le décret cxtraominaire du
» ccmseUdef^AiidensestcoBlbnïleâiixaftîelesio^ct » io3 deraCteoonstitutioimeL U m'a remis le com- » mandement de 1 a yiUe et de rarmdè . Je l'ai accepte "» pour seconder les mesures qu'il va prendre et qui 1» sont toutes en fav&ur du; peuple. Là rëpiiMiqne » est mal gonyeri^ée depuis deux ans. Vous a^es T» tspéré que mon retour mettrait un teitne k tant » dé maux; Yûus l'ayez célèbre' avec une«mcB qtd « m'impose des obligations que je remplis. Vous » rempurezles vôtres, cl vous ôecondereE votre gé- 9 n^tal avec l'èner^ , la fermeté et I^ eat^anee » <Jue J'ai toujours tiues éa vous. La libatë, la » Victoii^ et la paix replaceront la tépubiiqoe fias- » çai^ au rang qu'elle oècupàit en Eurcme, et que « Ttoeptie ou la trahison a pu seule lui Êiire perdis. 9 F%fe la répitMitjuel » Les û'oupes re'pondirefit avec des cris unanimes de vwe Bonaparte! Vwe fa rt^Hzftttf /'Alors Âugereau se présenta À Bona^ parte et lui dit : « Comment , gênerai , vous avec ^ volilu Élire quelque chose pour la patrie, et vous » n'avez pas appdë Augereaii? » Un mot deBona- |»arte dut prouver à ce général 4u'on lie craignait ai liie désirait rien de lui : il était un des che&les plus ardetis de la société dti. Manê^e^
Dix mille bommes stationnèrent aux Tuileiries sous les ordres du général Lefebvre. Le oomman* dément da Luxembourg passa A Moreau , qui s'était offert à Sonaparte comme aide*de-camp. Bo« uaparte accepta sts services, et saisit peut-^tre l'occasion de le compromettre. Lannes eut le eomr mandement de la garde du Oeims-Législa^; eelni de Tartillerie et de l'École-IflErmaîre fut d<mBé i
Mârmont ; celui des Invalides au ge'û^ral JBemiyer) celui de Paris au ce'nëral Morand,; celui de Versailles au général Macdonald; celui deSaint-Cloùd au général Murât, cbargé d'occuper militairement cette commune • Lé général Serrurier tenait la réserve du liameau ou Point-du-Jour. Le cénéral Andréos^ fut nommé chef d'état-major; U avait sous lui les adjudans-gén^raux Cafiarelii etDonat, Le j^énéral Lefebvre Conserva la divseptième di* vision militaire. i
Le Directoire n'apprit ces ëvénemens qu^eaitrç dix et onze heures du matin , tandis que tout Pari^ en était instruit depuis- plus de deux heures. |1 s^ vit tout à coup sans pouvoir, sans gardes, sansjre* lations avec les conseils ^ avec le général e» chef et avec l'armée. Cependant Barras , Grohier e^ Moulins , croyant toujours représenter la républir que , firent appeler le général Lefebvre : il leiyr répondit par le décret qui le mettait, lui et la force armée, à la disposition du général Bonaparte. Les directeurs., protestèrent d'abord avec violence contre lé décret du conseil des Anciens ; mais Barras, endoctrina par Bruix et Tallevrand^ comprit bien que le règne du Directoire était fini , et ôta la majorité à ses collègues en donnant ^ecrè« tement sa démission» Aussitôt qu'il reconnut la rér solution des Anciens , il envoya aux Tuileries^ son secrétaire Bottot à Bonaparte. Bottot trouva le général dans la salle des inspecteurs du Conseil, «t au moment où il se mettait en devoir dé remplir la mission dont il était chargé, Bonaparte lui ait : « Annoncez à votre Barras que je ne veux pb'*
» Conseil des Anciens est coBfofàie iaiaxartielesio!^ et » io3 de l'acte coDstitatioimeK II m'a remis le coÉo- » mandement de la ville et de Tannëè. Je Tai accepta » pour seconder les mesures qu'il ya prendre et qui y> sont toutes en faveur du peuple. L^ rëpubliqae » est mal goùyernée depuis deux ans. Vous avez n espéré que mon retour mettrait un teitne à timt )» de maux; tt)us Vsvei célébré avec une union qu « m'impose des obligations qne je remplis. Vou: » remplirez les vôtres, et vous secondercEVOirc ge 9 nm\ ârvec Ténei^ , la fermeté et fy eonfian » que j^ai toujours i^es en vous. La Uberté , » Victoii^ et la paix replaceront la t^ublique fr » çaise au rang qu'elle occupait en Europe, et < » rineptie ou la trabison a ptiseule lui&irepen 9 Pl^e la réptMiquel » Les troupes répondi avec des cris unanimes de vis^e Bonaparte !
ta rd/mHtque!lAiors Âugereau se présenta à T parte et lui dit : « Comment , général , vou? * VOliltt foire quelque cbose pour la* patrie , e^ » n'avei pas appelé Augereau? » Un mot de |Mute dntjrouver à ce général qu'on ne araip tie désirait rien de lui : il était un des cbefs 1 ardens de la société du. Manégel
Dix mille bommes stationnèrent aux T
sous les ordres du général Lefebvré. Le ce
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