VU
L conduire aux mrs' des deux hësioD.' Gohier cation très -vive squement l'entree est en péril , il le même moment^ u de Moulins , re- Qc. SU bouge , dit drai tuer. Les deux .e devenir , et n'étant te de la démission de xembourg y on ne sait 1 investis pai* Moreau , il était charge' avec un attendre d'un républiiicnce. Il pouvait rester s généraux; mais il vouais Topinion se de'clara signés et tenus en efaarte lûhier et Moulins trouvele quitter l'ex- palais direc^ était ce que 1 on désirait.
•uit de telles alarmes de sa i un p^sse-port pour Gros- Il obtint Tun et l'autre , et nier. Ainsi finit le Directoire.
ndemain offraient bien plus
tiut à Paris des conciliabu-
» entendre parier de lui. d Puis ëlevant la voix 3 il prononça ainsi Tarrét des directeurs , ço^nme s'ils eussent été présens.: « Qu'avez -vous fait » de cette France que je vous ai hissée si flori^r » sànte? Je vous ai laissé la paix, j'ai retrouvé'La D gueiTe. Je vous ai laissé des victoires , et jf a^ » retrouvé des revers. Je vous ai laissé, les nd]t y> lions de l'Italie ^ et j'ai retroiuré partout des lois V spoliatrices et la misère. Qu'avez-vous fait de » cent mille Français que je connaissais , tous mes » conipagnons de gloire? Ils sont morts! Cet état » de dioses ne peut durer : avant trois ans il nous « mènerait au despotisme. Ma\s nous voulons la » république , la république assise sur les bases de » l'égalité , de la morale , de la liberté civile et » de la tolérance politique. Avec une bonne adtt ministration , toUs les . individus oublieront les »> factions dont on les fît membres pour leur per-* 1» mettre d'être Français. Il est temps enfin quel'on » rende aul défenseurs de la patrie la confiance àn laquelle ils ont tant de droits. A entendre quel- » ques factieux , bientôt nous serions tous des ei^ ti nemis de la république , nous qui l'avons affer- I» mie par nos travaux et notre courage! Nous ne » voulons pas de gens plus patriotes que les braves » qui ont été mutilés au service de la patrie. ». Cette dernière pbrase annonçait suffisamment sôus quel drapeau la liberté devait marcher.
Dubois de Crancé proposa encore aux directeurs Goliier et Moulins d arrêter Bonaparte sur le cl^cmin même de S^int-Cloud; mais le président bo* bier lui répondit : Comment voulez-vous qu'il
fasse une réifoluUon à Saint- Cloud, puisque je tiens ici l^s sceaux de la république ? Alors Go- Ucr et son collègue Moulins se firent conduire aux Tuileries y à la salle des inspecteurs' des deux conseils; là ils refusèrent leur adhésion.- Gohier entama courageusement une explication très -vive avec Bonaparte , qui termina brusquement l'entretien par ces mots : La république est en péril , il faut la sauver y je le veux* Dans le même moment^ on annonça que Santerre , parent de Moulins , remuait le faubourg Saint-Antoine. SU bouge , dit Bonaparte à Moulins , je le ferai tuer. Les deux directeurs, ne sachant plusjque devenir^ et n'étant plus rien dans l'état , par suite de la démission de iBarras , retournèrent au^ Luxemboui^ , on ne sait pourquoi. Ils y furent bientôt investis par Moreau , qui exécuta les ordres dont il était chargé avec un zèle qu'on n^aurait pas dû attendre d'un républicain aussi sincère en apparence. Il pouvait rester témoin comme tant d'autres généraux; mais il voulut é^e acteur j et dès lors l'opinion se déclara contre lui. Quoique consignés et tenus en charte privée par ce général y Gohier et Moulins trouvèrent aisément le moyen de quitter l'ex-palais directorial dans la soirée : c'était ce que 1 on désirait. Quant à Barras , il conçut de telles alarmes de sa position, qu'il demanda un p^sse-port pour Gros- Bois avec une escorte. II obtint l'un et l'autre , et partit conune un prisonnier. Ainsi finit le Directoire. lies événemens du lendemain offraient bien plus d'importance.
Dans la nuit^ il se tint à Paris des conciliabu'-
rATunt TOié le décret du noatm ^ s*eCfrayèrent ses eoBséqnences probdbks « par les ^ets qu'il 9Pnèà à^ produits. Us eommeBcèrait ua peu tard à s'apme^ir qn'ibTenaieBt de créer mi dictateur : en essaya mèmut diei le député corse Salicetti , au> tour duirael s'âaient rasseûnblés de dangereux enmaoisy d'organiser un piam de résistance, et d'opposer au général Bonaparte le général Bernadotte, à qui k commandement de la garde du Conseil des Ginq-CealS serait donné le kndemain, en reprémilles de la conduite du conseil des Anciens , qui avait confié le commandement de sa garde à Bona-
rte ; Bonadotte êtcnâik un si dangereux emploi, ne savait pas que fionaparte avait déjà placé dans ce poste irapcNrtant un homme dévoué k sa cause. Bômadotte attendait Aet- lui , le 19 , l'avis de sa nomination par le Conseil des Cinq-Cents. Il avait revêtu son uniforme; ses aides-oe-camp se trouvaient auprès de lui ; ses chevaux étaient sdlés et dans sa cour. Après quelques heures d'impatience, Chiappe, antre député Corse, arriva, et lui dit que , tout étant fini , il n'avait rien de mieux à fiiire que de se rendre auprès du vainqueur. En effet, tout servit la fortune de Bonaparte; car Salicetti avait été tellement effrayé du projet des mécontons , qu'il s'était hâté d'aller le dénoncer lui-» même ; Bonaparte , par une réponse sévère , avait reçu , comme il conveoaît , cette lâche' confidence. Dans la même nuit aussi , les fauteurs de la nouvelle révolution s'ëtaient concertés pour maîtriser t lendemain les deux Conseib.
Pamû les Anciens juraient Régnier , Gomudet^ Pargues etLen^ercier; dans les Cinq-Cents parais-' saient Lucien Bqnaparte, alors président, iBoulay de la Meurthe, Emile Gaudin, Cliâzal et Cabanis. Cette journée pouvait être plus qu'orageuse ^ et si Bonaparte ne triorophait pas d'une manière quelèBnque des adversaires qui le menaçaient , son parti et sa personne se trouvaient tout à coup entre la fatalité d'une gueixe civile et la responsabilité d'un complot contre l'état. Sieyeç, trop certain de la violence de l'opposition qui devait particuUerement s'élever dans le conseil des Cinq-Cents y avait proposé à Bonaparte-une quarantaine d'arre^ations dont il donna la liste. Mais Bonaparte répliqua qu'il n'y aurait ppint de lutte. JYous verrons demain à JSaint'Cloud ylvà dit le politique Sjeyes. Fouché en savait ass# par sa police pour n'être point raft- ',suré. Les débats lui parurent devoir être d'autatit |du5 acharnés, que la majorité des Cinq-Cents était persuadée que Bonaparte voulait «ubstituer le gouvernement militaire 9 la constitution^fDans les Goilseils, le gouvernement directorial avait des advessaires très- nombreux; mais ils ne tendaient quVà un changement partiel dans les directeurs. Paris ëtait dans l'attente d'un grand événement; dès b matinée du 19, la route de Saint-Cloud fut inondée d'une foule de curieux. Le passage des membres des deux conseils ^ des militaires, de Bonapajrte et des troupes qu'il venait de haranguer au Chionpdè-Mars , couvrit bientôt les avenues de cette oomjniiiie* Murât les occupait déjà depuis la veille. Qd yit f ^jaser aussi l'ex-directeur Sieyes^ d^t la pr
âence était nécessaire à Saint-Gloud pour maintenir les dispositions de la majorité des Anciens. Une prudence particulière l'engagea à se faire mettre en surveillance par Bonaparte , dès son arrivée sur le nouveau cbamp de bataille que sa politique avait fait choisir. £n cas de défaite , il lui restait Ta^tude d'un otage de sa propre conspiration ; une voiture à quatre chevaux devait le soustraire aux premiers coups de la vengeance des vainqueurs. Le conseil dès Anciens ne songeait pas sans crainte à sa resolution de la veille. Les principes, il £aiut le dire, étaient du ooté dé l'opposition ; sa majorité se serait ralliée sans aucun doute au décret qui venait de mettre la fortune publique entre les mains de Bonaparte, ^'il n'eût été question que de dissoudre le Directoire. La journée s'annonçait sous les auspices de la peur ; mais il y awt ici d'autres desseins qu'on ne voulait pas appuyer.
Les deux Conseils se réunirent; les Cinq-Cents dans l'Orangerie, les Anciens dans la galerie du Palais; ceux-là soùs la présidence de Lucien , ceuxci sous celle de Cornet. Aux Cinq-Cents, Emile Gaudin ouvrit la séance par un discours très-habile : il demanda la formation d'une commission chargée^ présenter sans délai un rapport sur la situatioirie la république, et qu'aucune décision ne fAt prise avant de l'avoir entendu. Boulajr de la Meurthe , qui devait faire partie de la commission, avait préparé ce rapport pendant la nuit. A peine Gaudin eût-il cessé de parler, que la salle retentit des cris de vwe la constitution ! à bas le Diree^ teur I Belbrel , appuyé par Grandmaison , pro-
{' osâ de jurer la constitutionoula mort. L^asseililëe se leva d'enthousiasme aux cris de vive ^ ré^ publique! et le serment fut prête individuellement; mais ce serment ne ressembla point à celui du Jeu de Paume I toutefois audtm des partisans dé Bona-
Sarte n'osa se soustraire à la puissante impulsion u moiaent.
Aux Anciens, la séance offnt moins d'agitation , soit en raison de Tâcc des membres de l'assemblc'e, soit à cause de l'influence bien connue à% Bonaparte et deSiëyes, qui partageaient ce Conseil. Ge^ pendant , maigre' la fausse de'darâtion faite par Lagarde , secrétaire du Directoire , que tous les directeurs ayaient donné leur démission, il y eut majorité pour le remplacement des démissionnaires dans les formes voulues par la constitution. A cet instant^ Bonaparte, averti du péril, jugea que le moment de paraître était arrivé. Suivi de ses aidesde-camp, il se montra tout à coup dans le conseil des Anciens. Là veille, quand il alla recevoir , dans la séance de ce conseil , le décret qui le plaçait à la tête des forces de la république , il avait évité de prêter, en sa nouvelle qualité, le serment prescrit* Aussitôt qu'il fut entré , il improvisa un discour^ sur les dangers actuels et sur ses propres inten^ tions. « On parle d'un César, dit-il, d'un nciUveau » Crpmwell ; on répand que je veux établir un
» gouvernement militaire 1^ j'avais voulu
» usurper l'autorité suprême , je n aurais pas eu » besom de recevoir cette autorité du sénat. Plus » d'une fois, et dans des circonstances extrême- ^ ment favorables, j*ai été appelé par le vœu de 1'
<» riiwu> y Itr wa» tfe ombs oan— Ib, mt le * Tum ctlt'aBMBitifattBiffliam<a(aaftHiiiiii iiii^ dyuîs » t^lllK9r4aiti9ih»iHHKiiiBs<aRàisSi^.« Leoon-
» mimst^'kogÊkmKSim^asiàiat^'iuatf^iaB fjnde sa-
k»gidto>iWi»awB»faiiBttMff dteagificcs, la Ubirid 0t ié^fiiHà^ «^ — A Is ctmstkuiUm?
iéaàs^ k Af l t l.M^hB.. — « La constimnony »
«ifnt BMiOfavlr anc wIckc, ala constîtiitiiMi, •M*-iraw r iftfyg ? Vous l'aycs yiolée afi fS" InMtiJtfr, ao aa llaréal, «m 3o prairial; If 9m Ê^ei en son nom TÎolé tons les aroits du miÊfiMé.:» Noos fimderons malgré yous la MmtXé «t là république : aussitôt que les dangers fiM m'ont fiût c<»fôr^ des pouvoirs extraordinaire Mront passés^ j'abdiquerai ces pouvoirs. »
•* £l quels sont donc ces dangers ? lui cria-t-on.
^^ BooapaMo s'explique ! « — S'il £Eiut s'expliquer tout«&*iait, répondit-il, s'il faut nommer kl hommes, je les nommerai : je dirai que les directeurs Barras et Moulins m'ont proposé euxmimos de renverser le gouvernement. Je n'ai compté que sur le conseil des Anciens , je n'ai point compté sur le conseil des Ginq-Gents, où se trouvent des hommes qui voudraient nous rendre k convention, les éohafauds, ks comités révn- Je vais m'y rendre, et si qad-
que nraleur, na^ par réUnngtr, padak de bk aMMffoWs Qft la loi «j'en a]meUe avons, ânes
. -es-
a solebitâ que j'd mènes tant de fois k la YÎoCoiie ! » à TOUS , brayes défenseurs de la république, ayee » lesquels j'ai partagé tant de périls pour affeimip T» la liberté et l'égalité. Je fil^én remettrai, mes » vrais amb , à yotre courage et à ma fortune. » Après cette barangue , dont l'impression ne poutait être douteuse sur les militaires , le en de vive Bonaparte ! retentit dans toute la salle. Le triompbe de la nouvelle révolution était assuré ait conseil des Anciens : Bonaparte en sortit pour aller essayer la conquête difficile duconseil des Ginq-Genls. La plus grande effervescence réglait tonjoiû^ dans ce conseil, d'allfeurs si éloigné' d'être instruit des projets de Bonaparte^ qu'on venait d'y décrète]^ un message aà Directoire qui n'existait pltis. La démission du directeur Barras fiit adressée aux Cinq-Cents , par les Anciens , au mometit où un membre faisait la motion de l«fur deâiander les m&-. tifs de la translation à Saint-Cloud; et. comme l'on discutait la légalité de la démisssion , Bonaparte entra daiis le conseil avec un peloton de grenadiers. A la vue de Bonaparte et de ses soldats y des im-^ prédations remplirent la salle. « Ici des sabres t s'écrièrent les députés , ici des hommes armés ! A bas le dictateur! A bas le tyran! Hors la loi le nouveau Cromwelt! — C^est donc pour oelA que tu as vaincu! s'écrie Destrem. Bigdnnet s'avance et dit à ^nd^i^^jÈjÊ^Que faites^vàus j témé' raire! Retirez-vous^^^s violez le sanctuaire des lois. ri CependantVKparte parvient à la tri» bune malgré la plus ardente opposition : il veut parler ; mais sa yoix est étouffée par les cris miU^^
» utioD » pur le vceu de mes camarades , par le » vœu de ces soldats qu'on a tant maltraités depuis
9 ^'ik ne sont plus sous mes ordres Le con-
» seil des Anciens est investi d'un erand pouvoir; » mais il, est encore animé d'une plus grande sa- » gesse : ne consultez qu'elle , prévenez les déchi- » remens; évitons de perdre ces deux choses pour »' lesqueltes nous avons fait tant de sacrifices , la » liberté tfi. légalité. » -^ Et la constitution? «'écria le député Linglet. — « La constitution, » itprit Bonaparte avec violence, « la constitution , p oses-vous l'invoquer? Vous l'avez violée ab » ji8 fructidor, au n^ floréal, au 3o prairial; » vous avez en son nom violé tous les droits du
I» peuple Mous fonderons malgré vous lali-
» Berté et la république : aussitôt que les dangers » fuî m'ont {ait conférer des pouvoirs extraordim naires •er<Mit passés, j'abdiquerai ces pouvoirs. » -« fit quels font donc ces dangers ? lui cria-t-on. Que BoiUH^e s'explique! •• — S'il faut s'expliquer lout-À*iait, répondît-il, s'il faut nommer Ms hommes, je les nominerai : je dirai que les direoteurs Barras et Moulins in'ont proposé euxmêmes de renverser le gouvernement. Je n'ai «omplé que sur le oonseil des Anciens , je n'ai point compté sur le conseil des Cinq-Cents, où se Irouveni des hommes qui voudraient nous rendre la convention, les éohafauds, les comités révo- Ittliwwaifes Je vais m'y rendre, et si quelque orateur, pavé par l'étranger, parlait de me mettre hors oe la loi, j'en appelle à tous, mes
ne par i étranger, i s loi, j'en appelle iMfiMQS aaimes ! à i
brtfea «omyagaons aaimes ! à ttw», braves
M éoliaUtii que j'ai mènes tant de fois k la YÎoCoire ! » à TOUS , braves de'fenseurs de la république, ayee » lesquels j'ai partagé tant de périls pour affenalr s> la liberté et l'égalité. Je toTen remettrai, mes TU vrais amis , à votre courage et à ma fortune. » Après cette barangue , dont l'impression ne pouvait être douteuse sur les militaires , le en Ae vive Bonaparte ! retentit dans toute la salie. Le triomphe de la nouvelle révolution était assuré au conseu des Anciens : Bonaparte en sortit pour aller essayer la conquête difficile duconseil des Ginq-^lenls. La plus grande effervescence réglait toujouï^ dans ce conseil, d'ailleurs si éloigné d'être instruit des projets de Bonaparte^ qu'on venait d'y décréter un message au Directoire qui n'existait plbs. La démission du directeur Barras fut adressée aux Cinq-Cents , par les Anciens , an momebt où un membre faisait la motion de leur dettiaflder les rao*^ tifs de la translation à Saint-Cloud; et comme l'oti discutait la légalité de la démisssion , Bonaparte entra dans le conseil avec un peloton de grenadiers. A la vue de Bonaparte et de ses soldats y des im« préèations remplirent la salle. « Ici des sabres t s'écrièrent les députés , ici des hommes armés ! A bas le dictateur! A bas le tyran! Hors la loi 1$ nouveau CromweU! — C^est donc pour oel4 que tu as vaincu! s'écrie Destreto. Bigonnet s'avance et dit à Bona^saJiÊ^Que faites'vous , témé" raire ! Retire z^vous^^mts violez le sanctuaire des lois,r» CependantVKparte parvient à la tri* bune malgré la plus ardente opposition : il veut parler ; mais sa voix est étouffée pair les cris miUi^
fois répètes i Vive la constitution! Pivelaré^ publique! Hors la loi le dictateur! Plusieurs de'puiés, transportes de fureur, yontàlui^ parmi eux, on distingue son compatriote Are'na, qui lui dit : aTufer0S donc la guerre à ta patrie! » — Bonaparte crut alors qu'on en voulait à sa vie, et ne put pi^ofërer une parole. Aussitôt les grenadiers s'avancent précipitamment jusqu'à la tribune en s'e'criant : Sautions notre général! et ils l'entraînent hors de la salle. On a parle' depuis de poignards , de soldats blesses ; mais l'opinion a fait justice de cette accusation infâme.
An milieu de cette scène tumultueuse , Lucien , qui préside, s'efforce en vain de défendre son frère en citant ses nombreux services : il demande qu'il soit rappelé et entendu ^ mais il n'obtient d'autre réponse que le vœu de la proscription. Tous les députés se lèvent et s'^rient à la rois : Hors la loi! Aux voix la mise hors la ioi contre le sénéral Bonaparte! — Lucien même est sommé d obéir à l'assemblée , et de mettre aux voix la mise hors la loi contre son frère. Indigné , il refuse , abdique la
5 résidence et quitte son fauteuil. Gomme il descendit de la tribune , un piquet de grenadiers , en« voyc par Bonaparte, paraît et l'enlève. Cependant le général était monté à cheval. U avait harangué les soldats , et il attendait Lucien pour dissoudre la législature. Celui-ci MÛre, 'monte à cheval à côté de Bonaparte , reqi^Hh cona)urs de la force pour rompre l'assembléUlp s'adresse ainsi aux troupes : « Vous ne reconnaîtrez pour législateurs -^ de la France, que ceux qui vont se rendre auprès
x> de moi^ quant à ceux qui resteront dans VOran- » gerie, que la force les expulse ! Ces brigands ne Tt sont plus les representans du peuple; ce sont les » representans du poignard.» Lucien calomniait le conseil. Il avait protège' les jours de son frère,, il avait rempli un devoir de la nature, il ne pouvait aller plus loin sans crime.
Cependant, d'après l'ordre de Bonapai:te , Mtlrat envahit la salle des Cinq- Cents, à. la tête des grenadiers, et la fait évacuer de force; les depute's se sauvent en de'sordre par les fenêtres de l'Orangerie; laissant partout, dans leuV fuite précipitée, des parties de leur costume. Jamais violation des lois d'un pays ne fut plus manifeste. Mais il s'agissait de la proscription pour £onapar|e et ses partisans ; mal- Leureusement la cause que la représentation nationale avait le droit' de soutenir, était gâtée par la déconsidération du Directoire, auquel personne ne s'intéressait. Toutefois il résulta de la nécessité de vaincre, oii le dictateur, légalement nommé par les Anciens, se vit placé, un événement bien plus grave que toutes les prévision?, la défait^ matérielle du parti républicain , dans le sanctuaire de la législature , transformé en champ de bataille, et l'étal)lissement public et forcé de la dictature militaire. Mais du moins , jusqu'au dernier moment , les i*e- . présentans du peuple ne cédèrent qu'à la contrainte, et ils ne donnèreu^fljyi la France le honteux exemple d'abjurer ^^^Kandat devant les baïonnettes. Cependant , ^l^cleur retour à Paris pouvait exciter quelque fermentation , le secrétaire-gé- ^ ncraldelapolicé et le commissaire du gouverneur
pù£c, aa aiKea dn pciqpfe alors k fins ardent ae rEuropc, et par nHMUK k jplus impétueux pcpl-ctie OoBt ilustoîre âssenentuiii.
CHAPnHE.V.
Commissiim eonstdâdre e xé emii v e. — CanstUU"
tUm de tmn FIIT.
Dans leiuc seconde séance , les consuls s'occupèrent de la formation du ministère : Bonaparte de- Tait k conqposer de ses amis , de ceux ^ avaient k mieux coopère à ses projets : malheureusement il conserva la police géoérak à Foudié. Entraîné par la crainte, Siejes pencbait encore pour les proscriptions. H demanda la deportatî<m sans jugement de quarante-cinq citoyoïs. Quoique aussi impolitique qu'injuste , le décret lut rendu ; le consul jBonaparte, mieux inspire , en arrêta l'exécution. Ensuite deux décrets réyolutionnaîres pour la &rme , mais dictés par la raison, révoquèrent les odieuses lois des otages et de l'emprunt forcé. Ces deux déa'ets attadièrent l'opinion au général consul j car on ne voyait que lui ; pour la France, il était k premier ou plutôt le seul. Jamais plus belle magistrature n'honçra un grand citoyen. Le peuple français se lan^avcc impétuosité dans la carrière de resT>éranfl|et devint, sans le savoir, le principal mobile dMa puissance secrète qui fermentait sous les insignes de la liberté. Tout conait à séduire ; à consoler^ à exalter les esprits.
Le costume antique des directeurs et des députes fut remplacé par l'habit national. Des noms chers au3L soldats reparurent à la tête des armées. Moreau ci^t Farmee du Rhin et du Danube; Masséna celle d'Italfe. Un négociateur partit pour traiter à Londres de l'échange de nos prisonniers , si longtemps et si lâchement abandonnés par le Directoire, dans les prisons de F Angleterre. Des hommes, de la révolution , tels que Rœderer, demandèrent courageusement dans leurs écritsla clôture de la liste des éiqigrés, et contribuèrent ainsi à la nomination d'une^ commission chargée du travail des radiations. Une amnistie générale» fut prononcée. Le nouveau système des finances jeta les fondemcns de ce crédit que les plus fortes commotions sociales ne devaient plus ébranler. L'école Polytechnique reçut une or« ganiâatioii plus large. Enfui Bonaparte mit sous sa direction immédiate une commission composée des plus habiles jurisconsultes , chargés .d'édidcr le monument de nos lois civiles.
Cependant les deux commissions législatives tirées des deux Conseils se réunissent au Luxembourg pour conférer en présence des consuls sur un plan de constitution. Sieyes n'avait pris part & la conspiration avec Bonaparte que dans l'espoir d'établir une forme de gouvernement qui était son propre ouvrage. Il développa successivement ses théories à ses collègues; ses bases obtinrent l'assentiment général. Les voici : un Tribuuat de cent membres qui discutait les lois; un Corps-Législatif qui les rejetait ou les admettait par vote individuel et sans discussion; enfin un Sénat à vie, avec
le àroit 6t le deroir de cooserver la Gonstitntioii et lés lois. Le ^ouveraement avait rinitiatiye des lois et choisissait son conseil d'État y k <pii les régiemens de Fadministration publique étaient confiés. Restait à décider la composition du gouvernement : jusque-là Bonaparte n'avait faitpresqueaucune objec* tion. Enfin Sieyes proposa un Grand Électeur à vie^ nommé par le Sénat, et noinmant lui-même deux consuls, celui de la paix et celui de la
Eerre. Le Grand-Électeur devait Iiabiter Versail- ; y avec six millions de revenu, et unie garde de trois mille hommes. Il était révocable par le Séiiat , qui avait la lacùlté de Yabsorhery sans en donner les motife. Il ne fut douteux pour personne que Sieyes s'était réservé la place de Grand- Électeuri qu'il se croyait sûr d'emporter à l'aide de son crédit dans lé conseil des Anciens , d'où le Sénat devait sortir presque en entier. Alors il eut déféré à Bonaparte le consulat de la ^erre , à Boger-Ducos celui de la paix; plus tard, il eût fait absotbét par le Sénat les deux consuls au premier mécontentement, et il aurait régné. Bonaparte vit d'un coup d'œil le but de Sieyes, et d'un trait de plmne il bifîa| le Grand-Électeur. La délibération, reprise avec chaleur, renversa le plan de Sieyes. On mit alors en avant le projet d'un premier consul , chef suprême de l'état , disant à tous les emplois , et ae deux consuls avec voix consultative seulement. Ce thème , émané du conseil secret du général, rencontra la plus vive opposition de la part d'hommes trës-influens parmi les politiques qui avaient marqué dans les assem*
blées : citaient Daunou, Ghénier, Ghazal el G>urtois. Ils of&irent à Bonaparte de le nommer géné^ ralissime , investi du pouvoir de traiter avec les étrangers, et de celui de faire la guerre et la paix. Je suis consul, répondit Bonaparte, je veux rester à Paris. Ghénier insista vigoureusement en £aveur de l'absorption dans le Sénat. Cela ne sera pas, s'écrit Bonaparte. Cette réponse mit un à la discussion; et la proposition présentée par les amis de Bonaparte fut adoptée, avec cette modification, que le premier consul serait nommé pour dix ans et rééligible. ,
De cette manière, le sénat n'étant pas la prem^ièrifî institution , Bonaparte se fit lui-même premier consul. Sieyes, qui comprit alors que» réduit au second ran^, il n'était plus rien, refusa d'é^e consul ea^fi»' conde ligne : Roger-Ducos le suivait naturellen^ent; d'ailleurs on avait déjà pourvu à leur remplacement par GanJsacérès, ministre de la justice , et par Lebrun , ancien seci'étaire intimje du chancelier Maupeou. Sieyes fut le premier ^5or^«' par le sénat. Il reçut la présidence de ce corps, et concourut avec Gambacérès et Lebrun à son organisation. Le premier consul acheva la ruine politique et la fortune Srématurée de Sieyes en lui faisant décerner, à titre e récompense nationale, la terre de Grosne, du prix d'un million.
Les erreurs de la convention , les guerres civiles du Directoire, sa mauvaise administration, prouva par l'affreuse pénurie de l'état au i8 brumaire^ son mauvais gouvernement, attesté par la situation de la r^ubuque, situation presque dése^éi*^^ ,
malgré les victoires de Bnir.e et de ISIasséna^ avaient ramené violemment et maigre' elle la France à dc'sirer le pouvoir d^un seul ; mais elle restait en même temps toute républicaine. Elle avait, dans sa conscience , adopté le système d'un état démocratique sous un président perpétuel, et eUe n'accueillit Bonaparte avec tant d'ivresce que parce qu'elle crut voir en lui son jgrand magistrat, le défenseur naturel des institutions, patriotiques.
La constitution ae l'an vin ferme le xviii*' siècle, et Bonaparte va r^er. L'œuvre de notre nouvelle organisation sociale est complétée par un conseil d'état, sous la présidence du premier consul, qui, par une brusque innovation, place son nom à la tête du gouvernement. Le conseil, d'autant plus dévoué à Bonaparte que lui seul peut lé révoquer , forme une exception dans l'ordre politique , et prépare un autre temps. On cbercbe vainement dans la charte consulaire les titres primitifs delà liberté française, les droits de l'homme, les assem])lées primaires , l'indépendance de la tribune et celle de u presse. Cette charte fut acceptée comme on l'avait
Sroposée. Bonaparte octroya ce pacte social au nom e la république une et indivisiole, pendant qu'il était encore soumis aux suffrages de la nation ; mais le premier consul eut Je bonheur d'avoir a£Eairc à un peuple aussi pressé de jouir que son chef. — ^Investi de l'riîtîative des lois et de leur exécution, de la direction de toute l'administration intérieure, du droit de l'aire la paix et la guerre, eh un mot, de toutes les attributions du pouvoir suprême, le premier consul hérite dans un jour de la monarchie et
de là republique ^ I^me et F autre servent de base à son gouyememcnt. 11 dispose des choses comme des hommes : le palais du Luxembourg est donné au sénat; le Pîilais-Royal au Tribunat; le palais Bourbon au Gorps-Le'gislatif. Le palais des rois devient le palais des consuls. La translation du Luxembourg^ où ils avaient d'abord siège', aux Tuileries , forma une brillante céremoiiie dans laquelle se déploya tout le luxe delà royauté militaire. En peu de jours, on passa rapidement de la familiarité des sociétés républicaines du Directoire à l'étiquette des réunions du palais des Tuileries. Il y eut des cercles; on alla à la cour chez le premier consul. Le noble titre de citoyen disparut d!e la conversation et le négligé fut banni du costume. Chacun disait son apprentissage, le maître et les courtisan^. Jamais on ne vit de métamorphose plus complète. — ^£n s'installant dans la demeure des monarques, Bonaparte remit la monarchie sur la çcène , et peut-^tre alors son secret ne parut-il si bien gardé, que parce qu'il était celui dé tout le monde. Aussi, à 4'aspcct de cette pompe et de ces mœurs renouvelées, la séduction gagna tous les esprits ^ui penchaient pour la royauté. Les uns s'appuyaient sur le changement de dynastie en Angleterre; les autres, encore ré-
Sublicains, rappelaient les élections de la Pologne; 'autres enfin, les partisans de la maison de Bourbon , moins nombreux que les premiers , et plus que les seconds, virent un Monck (i) en Bonaparte^ et
(i) Monck r.citita le retour tle Gh«rl«s II en Angletarre» Voyor notre Histoire d'Angleteire,
U HTST. DE KAP, 7 .
prâe&t airec^ârdénr leurs souyenirs ppur des esùésancèB, leuiv -désirs pour des réalites. Ua chef Tend&By M. Dandigné, et M, Hyde de I^euville, présentés la nuit au premier consul^ lui avaient prch posé de l'assister de tout le parti vendéen et royaliste, s'il voulait rétablir la monarchie^ mais fionmarte leur avait répondu : « J'oublie le passé, et » jWvre un vaste champ à l'avenir. Quiconque » marchera droit devant lui sera protégé sans cus- »'tmclioli;*<Iui.conque s'écartera à droite ou à gau- 9 die sera frappé de la foudre. Laissez tous les 1» Vendéens qui veulent se ranger sous le gouverne- 9 ment national et se placer sous ma protection, sui- » vre la grande route qui leur est tracée^ car un gou- » vernement protégé'par des étrangers ne sera ja- » mais accepte par la nation française. »
La république, reconnue de l'Europe continen* tAe j était, en paix avec plusieurs puissances ; mais de toutes les légitimations que le gouvernement pouvait recevoir de l'étranger , il n'y en avait pas de plus importante que ceUe qui serait venue de la firandt-Bretagne. Le premier Consul se décida à Iteitder la question- avec firanchise , et s'adressa
Ersbnnellement et directement au roi d'Angleterre. i I|6 janvier i8oo (S-urrAse en yiii) il écrivit a ce prince une lettre pleine de dignité et de b(h Ufssè^ Le ministre Pite trancha la négociation ea déekrant que V Angleterre ne pourrait signer la paix que quand la France serait rentrée dans MS^ anciennes Ufnites. On ne pouvait faire un plus grand outrage à la nation française que de repousser ainsi publiquement dans le parlement d'Angleterre la loyale démarche de Bonaparte. En
vain Fox et Sbëridan , chefs de l'opposition , soiitinrçBt de tout leur talent et de toute leur éiérgîe la cause de lapaixetderhumanitë. LordGrén» Tille adressa à Talleyrand une lettre érasive , ou plutôt une yëtitable déclaration de guerre. Bonà^ parte fut donc contraint de donner à la lutte britanm<pie une nouvelle activité'. La France, querAngtèterre voulait mettre hors de la loi de l'Europe , se leva d'indignation pour combattrelacoalitionsoldée par le cabinet de Londres.
D'autre part , les exiles de tous les partis , les prêtres eux-mêmes , rentraient, ainsi que les énigrés, La banque de France , monument d'une haute conception financi^e , fut établie, et la for* tune publique et particulière eut sa garantie. La ^erre de la Vendée s'était rallumée dans les derniers temps du Directoire ; elle se termina en un mois , parla mort de quelque^ chefs , par la sou«mission volontaire de MM. d' Autichamp , de Ghi« tillon , et du fameux Georges Cadondal , ainsi que par la conquête que fit le premier consul des deux personnages influens du pays , l'abbé. Bemier, cùr.é de St-Lâ d'Angers , et M. de Bourmont , qui cédèrent aux promesses de Fouché. Une amnistie générale confirma les heureux effets de la conduite à la fois ferme , active et prudente des généraux Hédouville et Bnine , chargés d'exécut(^ le plan de pacification conçu par Bonaparte. — L'ordre judiciaire et l'ordre administratif avaient repris l'influence qu'ils devaient exercer sur la prospérité.dù pays. Une loi avait réorganisé les tnbQnaux ; ceux de district étaient remplacés par ceux
d'arrondissement. Chaque département eut son tribunal criminel ; le territoire de la republique fut partagé en vingt-neuf cours d'appel j la réforme épura aussi le tribunal suprême , la cour de cas- .sation. I^a magistrature redeyint une carrière , et la justice un a^ile ; on établit une nouvelle division de la France administrative^ en même temps^iu'on substitua les préfectures aux directoires de départemens et aux districts des arrondissemens , dont chaque chef-lieu devint le siège d'une sous-préfecture : des conseils de département et de municipalité défendirent la cause. des administrés ; des conseils de préfecture se trouvèrent chargés du contentieux de l'administration.
Au milieu de ces créations intérieures , une né? gociation importante occupait le chef de l'état. Les relations des républiques française et américaine, si naturelles et si utiles aux deux nations , avaient été dédaignées par le Directoire, qui avait eu le tort de fermer tes ports de France aux bâtxmens neutres. Le premier Consul rouvrit les ports , et entama des négociations avec le congrès américain, qui s'empressa de les accueillir. Les plénipotentiaires des États-Unis arrivèrent à Pans pour traiter. Le deuil public , ordonné par Bonaparte pour l'anniversaire de la mort du fondateur de la liberté américaine , consacra cette négociation. Un autre honneur fut encore décerné à Washington par le premier Consul : ime heureuse combinaison réunit au temple de Mars (l'église des Invalides) la cérémonie funèbre de Washington et la présen* tation des derniers drapeaux conquis en Egypte.
CHAPITRP VI.
Bataille de Marengo. — Mactiine infernale, — . * Traité de liunéviUe.
L'Autricbe s'ëtâit laissé entraîner par Tor et les intrigues de r Angleterre. L'Autriclie, la Bavière^ la Suède y le Danemarck', la Porte et la Russie faisaient également partie de la coalition. Mais le pre-. , mier consul sut se faire un ami du czar Paul I , et obtint de la Prusse , du Danemarck et de la Suéde (^c ces puissances garderaient une stricte neutralité'. La France accepta donc la lutte que lui offraient de nouveau TAngletertre et F Autriche (i). L'armée d'Italie était retombée dans la même pénurie où Bonaparte Tayait trouvée en 1796, et nous ne possédions plus rien dans la Péninsule. Pour en faire le théâtre d'une autre guerre, il fallait également attaquer sur le Rhin; et toutes les forces de la République ^'excédaient pas tent cinquante nulle hommes. Mais le premier consul triomphe de tous les obstacles , et la nation le seconde de tous ses sacrifices. Dijon est le point central de la réunion de l'armée dite de réserve , tandis que sur le Yar l'autrichien Mêlas , à la tête d'environ quatre-vingt mille hommes , menace les vingtcinq mille soldats intrépides et nus que commande Masséna. La campagne projetée par le consul a pour but de conquérir les deux bassins du Danube et du
(1) Voyez en général, pour plus de détails qao nous n'en (loiinuns ici sur les campagnes du cmisulat el de l'empire , les liistoitcii de ces diilercntes cazupjgav.-i i{ui appartiennent à l** Sibliot/,.cf/iie Populaii'Ct
P6; avamt tout, par la position qu'il prend, il se* pare les armées aatriehieones d'Allema^M et d'Italie. Sur le Rhin , Moreau est à la tête de cent mille hommes ; Augereau commande en Hollande ; Massena de Gênes au Var ; Berthîer à l)ijon , dont la position regarde la Suisse, occupée par Leceuibe: Cârnot est au ministère de la guerre. Pendant qu'q|i Allemagne More^^u remporte les victoires d'Engeo> 4e StoLach , de Àfoeskirch, de Biberach et de Memr vittgeo , l'arinée de Dijoi se met en inarche sur Génère, où Bonaparte en prend le commandement.
Biyal audacieux d'Annihal et de César, il décida. Je passage de Tannée et le transport de sa fi>rmidahle ârtiHerie par k crête des montagnes , à plus de jouze cents toises au-dessus du niveau de la mer* A fotçe de prodiges , le Saint-Gothard , le Simplon, le Mont-^âiis sont traversés par ses généraux, tandis (pie lui-même commande à trentensuif mille homr mes le merveilleux passage du mont Saint-Bernard. L'armée autrichienne , entretenue dans une inconoe- Yahle illusion , ignorait les mouvemens des Français^ et Mêlas coptinuait Je si^e de Gênes, où Massénf se signalait par une admirable défense. GqpendanI le premier consid tournait Mêlas : A^t , le fort de Bard , Yvrée sont emportés , et )es plaines du Piémont sont couvertes de soixante mille hommes de l'armée française. Milan avait à peine appris que Bonapiprte envahissait le Piémont , lorscpie ce général entra en libérateur dans la capitale de la Lomr bardie. Son premier soin est de proclamer et d'oruûser de nouveau la république dsalpine , aux actions de ritaUe. llergame, Créma^ Crémone
sçnt prises, et l'autricHien Laudon est repousse jtisqu à Brescia. M^as dissémine ses troupes pour résister k cette arme'e française, dont jusau'alors il avait ignore l'existence ; mais il yient de forcer Gênes à capituler. Bientôt , renfermé entre le pied des Apennitfs et la rive droite du Pô, il n*a plus que la ressource des combats. Bonaparte gagne sur le gë- D^fral Ott la bataille de Montcbello, &dI le gâi£^ Lannës doit ùire 4- jamais l'illustration. Mêlas est complètement fxittu à la fameuse journée de Màreûgo , qui vit commencer la gloire de notre immor* telle vieille garde , maïs qui enleva le jeune Besai^ à l'espoir de la France et à Tamour des so}daf9(i]. Par un rapport de fatalij^e' bien étrange, au méitie moment IQéber, son ami, périssait au Caire sous le poignard d^un assassin, — L'eniiemi , poursuivi par Bonaparte victorieux , demande k traiter, et sientôt les généraux Bertbier et Mêlas ont condju la convention d'Alexandrie , qui renîet en notre pouvoir tout ce ^e nous avions perdu en Italie depuis quinze mois , à l'exception de Mantoue': mais (ie n'étiit qu'une convention militaire. Le général'Bdnaparte dépêche k Vienne , du champ de bataille de Marengo , le gén^raMiBiint-JttUen, qui était du nombre des prisonniers , et le charge de porter à sa cour des paroles de paix.
Apres avoir achevé l'organisation de la république Cisalpine et du Piémont, Bonaparte donna le commandement îlei'armée d'Italie à Masséna , et Celui de la ville de Gênes â Sùchet^ puis il revint
V») Voveï noire Campagne d'Italie en 1800.
triomphant à Paris. — La maison d'Autriche n'était pas plus heureuse sur le Danube que sur le P6. Moreau répondait à la victoire de Marcngo par celle d'Hochstedt, et achevait d'ouvrir le cœur de rAllemague aux enseignes françaises par le combat de Neubourg, où nos armées perdirent La Tour d'Auvergne, que, deux mois auparavant, Bonaparte avait piioclaîmé le premier grenadier de. France.
Un instant on crut que la bataille de Marengo était perdue : à cette nouvelle , les républicains et les jroyalistes s'agitèrent également : les premiers voulaient remplacer par Ganiot , Bonaparte qu'ils croyaient anéanti. Mais la certitude de la victoire détruisit soudainement les projets des deux partis, qui cependant continuèrent à conspirer. Au milieu de ces iiitrigues, le premier consul reçut les deux lettres suivantes du comte de Provence ( Louis XVIII ) , par l'entremise du troisième consul 9 Lebrun, à qui l'abbé de Montesquiou les avait remises :
a Av GEMÉaAL BoNiPAATE.
» Quelle que soit leur conduite apparente , des » hommes tels que vous, monsieur, n'inspirent » jamais d'inquiétudes. Vous avez accepté . une » place éminente , et je vous en sais gré. Mieux » que personne vous avez ce qu'il £aut de force et » de puissance pour £siire le bonheur d'une grande » nation. Sauvez la France de ses propres fureurs
et vous aurez rempli le vœu de mon cœur.
» Rendez-lui son roi, et les générations futures » béniront votre mcmoii^. Vous serez trop né- » cessaire à Ijétat, pour que je songe à acquitter » par des places importantes la dette de mon agent » et la mienne. » Louis. »
«. Depuis long-temps , gênerai, vous devez sa- » voir que mon estime vous est acquise. Si vous » doutiez que je fusse susceptible de reconnais- » sance, marquez votre place, fixez le sort de vos » amis. Quant k mes principes , je suis Français : » clément par caractère, je le serais encore par » raison.
» Non , le vainqueur de Lodi , de Castiglione » etd'ArcoIe, le conquérant de lltalie, ne. peut » pas préférer à la gloire une vaiôe célébrité. Ce- » pendant vous perdez un temps précieux. Nous » pouvons assurer la gloire de la France ; je dis » nous , parce que j'aurais besoin de Bonaparte » pour cela , et qu'il ne le pourrait pas sans moi.
» Général, rÉûrope vous observe, la gloire )> attend , et je suis impatient de rendre la pai]^ à » mon pays. ^ » Louis. »
Il paraît que Bonaparte n'avait pas répondu à la première lettre , qui semble plus ancienne ; il répondit à la seconde en ces termes, le 7 septembre * 1 800 :
« Paris Je 20 fructidor an VIII.
» J'ai reçu , monsieur, votre lettre. Je vous re- » mercie des choses honnêtes que vous m'y dites. ». Vous ne devez plus souhaiter votre retour en
^fyadi^tmuàûsx smr cent jmiL
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Ïen signant les préliminaii'es avec la France. En conséquence , le premier consul ordonna à Moreau ^' et à Brune de rompre L'armistice , l'un en Ailema- ^ gne y l'autre en Italie. Des négociations jpour ua / anuistice maritime avec k Grande-Bretagne avaient éclioué y et les Anglais s'étaient rendus aiaîtres de . rile de Malte; mais le 3o s^te^ibre, Joseph Bo* naparte avait signé, à Morterontaine , un excellent » traité avec les Ëtats-Unis. Bonaparte déclara que ^ désormais il ne traiterait que séparément avec T Au* triche et l'Angleterre. Cette déclaration arrive à Xunéville j où Joseph Bonaparte s'était rendu peur traiter avec le comte de Cobentzel, plénipoten-» tiaire autrichien. On reprend les armes; de part et d'autres des ibrces imposantes wsA sur pied. As* gereau à Aschaffenbourg et à Bowrg-£beradi i Mo* reau à HohenUnden y qui fut la grande bataiUe de
» France : il vous fau4rait marcher sur cent mille » eadayre3. Sacrifiez ^otre întërét au repos et au » bonheur delà France; l'histoire vous en tiendra ;» compte. Je ne suis pas insensible au malheur de . » TOtre fiimille. Je contribuerai avec plaisir à Ta- » doucify et à la tranquillité de votre retraite.
» Bonaparte. i>
Plusieurs conspirations républicaines furent formées contre la vie du premier consul. La plus connue est celle à laquelle prirent partie sculpteur Cc;racchi et Diana , tous deux nés Romains , le peintre Topino Lebrun, Demerville, parent et ancien secrétaire de Bàrrëre au comité de salut public , et Aréna , frère xlu député qui ^ au 1 9 brumaire, à Saint-Gloud, s*était si noblement opposé au général Bonaparte. Us voulaient poignarder le premier consul à TOpéra , le 10 octoore. En même temps, Chevalier, ouvrier d'artiHerie, et un nommé Yeyser, faisaient l'essai d'une machine infernale , mais le résultat les épouvanta tellelnent , qifik renoncèrent & cette horrible trame. Cette exécrable invention d'une machine infernale devait trouver des imitateurs deux mois après, dans une isiutre faction , qui , supérieure en lumières et en position sociale , le fut également en perversité.
Cependant le comte de Saint- Julien, dépêché de Marengo à Vienne pour proposer un traité de paix, était revenu avec une lettre de créance de. ^n souverain et muni de pleins pouvoirs. Mais il dédara ^ue l'Autriche ne pouvait pour ce traité se i^jpû-er
de la Grande-Bretagne. Cette difficulté çbmpli* quait tout à coup la question. Toutefois ,. menacé par le yaingueur 4e Marengo^ le comte de Saint- Julien se décida à signer les préliminaires basés sur le traité de Campo-Formio. Le général Duroc partit aussitôt pour Vienne avec ce plénipoten» tiaire, afin de les £aiire ratifier. Mais, dans Fiii^' tervalle , lord Mento , ambassadeur d'Angleterre à Yienne , avait annoncé l'intention dt: sa cour de prendre part à la négociatio|i« Cet incment jeta le cabinet de Vienne dans un système tout contraire. Les généraux Kray et Mêlas turent disgraciés, pour ayoir signé des conventions avec Moreau et Bonaparte, et Saint- Julien fut enfermé dans une forte* resse pour avoir obéi aux instructions de sa cour, en signant les préliminaires avec la France. En conséquence , le premier consul ordonna k Moreau et à Brune de rompre l'armistice , l'un en AUema* gne, l'autre en Italie. Des négociations pour ua armistice maritime avec la Grande-Bretagne avaient échoué y ^t les Anglais s'étaient rendus maîtres de rile de Malte; mais le 3o septeçibre, Joseph Bo* naparte avait signé, à Mortemntaine , un excellent traité avec les Etats-Unis. Bonaparte déclara que désormais il ne traiterait que séparément avec 1' Au« triche et l'Angleterre. Cette déclaration arrive à Jjunéyille , où Joseph Bonaparte s'était rendu pour traiter avec le comte de Cobentzel, plénipoten-» tiaire autrichien. On reprend les armes; de part et d'autres des forces imposantes sont sur pied. Augereau à Aschaffenbour g et à Bo^g^berach / Mo* reau à Hoheqlinden , qui fut la grande bataille de
la campgDc, Duhesme à Bamberg, anéantissent la plus grande partie des ressources de l'Autriche. L'Inn est franchi , maigre' cent mille Autrichiens qui se trouvent de Tautre côte' du fleuve , sous les ordres de l'archiduc Jean. Moreau a reçu du premier consul Tordre d'aller dicter la paix à Vienne : il continue sa victoire. Decaen et Lecourbe entrent dans Saltzbourg; dès lors les Français sont maîtres de la route des états héréditaire^ d'Autriche , que n'a pu défendre une armée nationale de cent mille soldats , commandée par un prince impérial , dans de formidables positions. A Schwanstadt , les Autrichiens sont encore une fois battus. Enfin , après me campagne de vingt jours , Lintz, la porte de Vienne , tombe en- notre pouvoir. Les talens incontestables de l'archiduc Charles , nommé généralissime , ne purent rétablir les affaires de l'empereur. n demanda à négocier. Moreau accorda un armistice de quarante-huit heures , et déclara que, passé ce terme si rapproché oii l'empereur devait s'engager à traiter sans l'Angleterre et à évacuer le Tjlol , il continuerait sa marche victorieuse vers la capitale. Le 23 décembre fut signée la convention de Steyer, par laquelle le Tvrol était évacué et
Ï^lacé sous la discipline française; l'aile droite de 'armée d' Allemagne pouvait opérer sa réunion avec l'armée dltaîie, à laquelle cet armistice n'était point applicable. L'armée française avait à sa disposition toutes les res<)ources de la Haute- Autriche , de la Bavière et de la Souabe, et en trois marches , elle arrivait sous les murs de Vienne. En vingt-cinq jours ^ Moreau a conqub quatre-
vingt-dix lieues , couples et deTendues par les lignes formidables de TIdo , de lâ Salza , de la Tralin et de TËns , et le grand objet politique de la France , Texclusion de l Angleterre pour l'œuvre de la paix , a eïë rempli.
A Paris , de nouveaux assassins s'étaient armés contre le premier consul. Le 24 décembre ( 5 nivôse ) avait été choisi par des hommes de la bande de Georges Gadoudal pour atteindre , par l'explosion d'une machine infernale , Bonaparte sur la route de l'Opéra , où il devajlt aller ce jour-là. Ces monstres avaient , dit-on , délibéré si la machine ne serait pas placée sous la salle de l'Opéra. Vers sept heures du soir, une charrette chargée d'un baril de poudré et de balles fut traînée et portée dans une des rues alors les plus populeuses de Paris 9 dans la rue Saint-Nicaise. Bonaparte reçut quelques avis , il les méprisa , et ne dut la vie qu'à son cocher, qui, s' étant enivré, partit à toute bride , et trompa de deux secondes seulement l'espérance des conspirateurs. Us avaient froidement calculé le moment de l'explosion sur le train ordinaire de la voiture du premier consul; le nombre des victimes n'était pas entré dans leurs combinaisons-. Cinquante-six personnes furent blessées et vingt-deux tuées. Bonaparte parut à l'Opéra sans laisser Voir d'émotion , et lorsque le public connut lé danger auquel il venait d'échapper, l'enthousiasme n'eut plus de bornes. Mais le consul , qui avait montré fa plus grande sécurité au moment du péril et pendant toute la représentation de l'Opéra, regarda ensuite Févénement avec des
yéttx sërères. Foticlië, ministre de la police, véulot se justifier à ses yeux de Fignorance où il était de de forfait , qui ne pouvait être que le rësulr tat d'une conspiration , et non d*un crime isole. Il Se souvint à propos de son ancien métier de pro-* scripteur : en conséquence, pour satisfaire a la passion du moment, qui faisîit rejeter sur les républicains toutes les entreprises contre Bonaparte, et afin de ne pas donnei* lieu au moindre soupçon de fidélité envers ses anciens amis, il dressa une liste de cent trente patriotes , que les consuls firent déporter par un sénatus-consulte, rédigé nuitamment. Fouché, qui devait renouveler en i8i5, sous un roi de France , ce moyen révolutionnaire , Foudié ne se borna point à faire exécuter l'arrêt ^noncé coiïtre des citoyens innocens du complot qa'on leur imputait : sur son rapport , les prisons Couvrirent pour d'autres victimes ^ car il institua aussi les lettres «de cachet consulaires; enfin Bonaparte, si bien servi par les bommes de la révolution qui composaient ses conseils , osa entièrement frandiir les limites de la législation, et demanda lOie loi qui non-seulement établit des tribunaux «rikninels spéciaux partout où cela serait jugé néee^ire, mais aussi qui donnât aux consuls la faculté d'éloigner les personnes suspectes. Cette proposition fut portée au tribunat; ce corps mériu Boblement sa disgrâce prochaine par une discussion orageuse, à laquelle le sénatus-consulte d'office, qui frappait cent trente individus sans jugeftMit , fournit encore des armes terribles. Jamais bauille législative ne fut plus long-temps indécise.
-«7- A cette époque, le respect des citoyens^ ainsi que le patriotisme des orateurs , était resté attaché à 1$. triBune ; elle retentissait toujours d'accens vépxir blicains; les débats n'avaient pas subi d'entraves; les lois n'étaient emportées ni d'assaut ni par séduction. Alors Paunou, Ghénier, Beniamm Gouttant s'illustrèrent en défendant les libertés publiques et en rejetant les innovations présentéis {)ar le conseil d'état. La lutte entre le pouvoir tt e tri|)unat dura sept séances ; la résistance des trih buns rappela les pms beaux souvenirs de la l^slature française, et la faible majorité de huit voix, qui fit adopter la loi; rendit chère aux Français la minorité qui l'avait repoussée* Cette minorité prouva à la nation que ses droits pouvaient conq^ ter encore de dignes soutiens. On s'occupa de pro« noncer sur toutes les conspirations qui avaient menacé si directement les jours du premier consul; celle d'Aréna fut seule jugée par le tribunal erimi*nel et par le jury; les autres coupables parurent devant des commissions militaires et furent pMséB par les armes. L'inspiration de U loi qui créait des tribunaux d'exception venait des camps d'Italie , et surtout de ceux d'Éeypte. dépendant k gloire allait encore cacher les laiscciiaux du pouvoir sous de Nouveaux lauriers.
Les armées belligérantes n'ouvrirent la campagne en Italie que le i5 décembre. Elle commence encore par des succès pour nos troupes. La bataille de Pozzuolo, les combats de Velaggio et de Salionzo, furent autant de victoires pour le général Brune , qui chassait devant lui l'autriehien Betié-
carde. Un corps d'armée , commande' par Moncey, devait faire sa jonction avec Macdonald, qui c'tait en tête de Tarmcc française du pays des ôrisons. Cette jonction eut lieu auprès de Trente^ après une suite de victoires , et à travers les plus grandes difficultés. Un armistice avantageux fut signe par Brune , k Trcfvise; mais le premier consul , loin de le ratifier, menaça de dénoncer celui de Steyer, si les Autridiiens ne livraient pas Mantoue. Un nouvel armistice , dont il dicta ]es conditions , fiit signe à LuneVille, le 26 janvier i8oi , par te comte de Gobentzel, et Mantoue ouvrit ses portes à l'armée d'Italie. D'un autre côte' , le ge'nëral Miollis mit en déroute complète, à San Donato, les Napolitains, <pii faisaient une diversion en faveur des Autrichiens. Murât fut cliargé d'expulser les Napolitains des États du Saint-Père. Alors le premier consul fit entrer , pour la première fois , le Saint- Siège dans les calculs de la politique française , en prenant sous sa protection le patrimoine de TÉglise, et en décidant le souverain-pontife à fermer ses ports aux Anglais. Quant aux Napolitains , il ne voulut jamais voir en eux les confédérés de l' Autriche , mais bien ceux de l'Angleterre qui occupait leurs ports. Il avait défendu à Brune de les comprendre dans l'armistice de Trévise. — La reine Caroline, effrayée, partit pour Pétersbourg, où elle implora avec succès l'intervention de l'empereur Paul, auprès du premier consul. Grâce aux prières de son allié, Bonaparte accorda à Caroline 1 armistice de cpiarante jours , qui fut signé à Foligno , le 18 février 1801. Douze mille Français, sous le
commandement du géne'ral Soult^ gardèrent les places fortes napolitaines, et notamment la vilk maiitime de Tarente. Le trésor de Naples dut payer chaque mois à Tamee d'occupation 5oo,ooofr.
pour sa solde. Le traite qui termina la guerre entre la France et Naples, n'était qu'une ampliation détaillée de cette convention. Il fut signé à Florence, le 28 mars.
Le soir de la bataille de Hohenlinden, Morean avait dit à ses généraux : « C'est la paix que » nous venons ae conquérir. » En effet, le comte de Gobentzel , qui était resté à LunéviUe malgré la reprise des hostilités, avait déclaré dans une note, le 3i décembre 1800, qu'il était autorisé par son souverain à traiter sans le secours des Jonglais. Cette grande concession, si funeste à la maison d'Autriche , était la paix du continent. Le 9 février fut signé le traité de Luoéville. Cette fameuse convention , en rappelant toutes Us clauses du traité de Campo - Formio , renouvelait à la France la cession de la Belgique , lui conférait toutes les souverainetés de la rive gauche du Rhin; enlevait à l'empereur d'Autriche le protectorat du corps germanique , en brisait le lien fédéral , en abandonnait la dotation aux intérêts de Bonaparte ; réparait aussi le grand œuvre de la confédération u Rhin.; fixait il' Adige les limites des possessions autrichiennes en Italie , forçait la république à reconnaître l'indépendance des républiquies Cisalpine^ Ligurienne, Batave et Helvétique; dépouillait de la Toscane le frère de l'emperetir rraûçois II , et, sous la vaine dénomination de
— go —
royaume XÈtnme^ érige en échange du duché dtf Panniéy ^sait dn grand duché une récompense temporaire de la fidélité de la maison de Bourbon d'Espagne, à sa haine contre l'Angleterre. La copdusionde la paix fut célébrée à^Paris par des fêtes
' En qième temps Bonaparte encourageait les arts utiles; A 4âterau 4>n3rs i^oi, Texposition des produits manufacturiers et industriels de la France fax décrétée pour la clôture de Tannée républicaine^ dtt 17 au ftft septemblré. Getté création élera la Ivoire dés arts utiles à la hauteur de celle des atmes, k laquelle elle a suryécu tout entière > et la sdenoe/modeste^ labèrieuse, £éoond^; eut aussi ses conque et ses trophées.