‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 10 sur 310 · LE CAMP DE B0UL06NJB · texte numérisé non relu

LE CAMP DE B0UL06NJB

étaîeoi parties non du rivage opposé, maU 4*ofi point beaucoup plus rapproché; eofia le nomlH^ total de l€«rs embarcations équivalait à peine au fingtième de notre flottille actuelle. Qui peut dire ce que la renooBtre, même partielle, des forces britanniques eût ajouté h de telles causes de perturbation?

Ces fiCNTces n'étaient pas un simple épouvaatail; il était plus facile de les nier que de ks vaincra Les adresses irançaîses invoquaient invariablement le souvenir de César et de Guillaume le Oonquéracit; mais les temps éUient prodigieusement changés depuis ces deui époques. César n'av&it pas trouvé en face de lui une seule barque ennemie pour défendre à aes huit cents vaisseaux Taccès de ce rivage : il n'avait eu à combattre en Angleterre que des peuplades à demi sauvages. La conquête de Guillaume n'avait pas rencontré d'obstacles beaucoup plus redoutables. Depuis k>rs, tous les éléments divers, Celtes, Danois, Saxons^ Normands, qui formaient le fonds de la nationalité anglaise avaient été mêlés et fondus, et de ce mélange il était résulté un peuple admirablement équilibré et pour ainsi dire fait pour la politique, habitué à se gouverner lui-même, fier de ses libertés, placé au premier rang par Tintelligence, par Ténergie, par les lumières, par les richesses, par l'esprit national. Depuis un siècle surtout, ses forces et ses ressources avaient pris une telle extension, et il avait tant de fois lutté avec avantage contre nous malgré l'infériorité numérique de sa population qu'il pouvait considérer sans effroi la nouvelle tempête qui s'apprêtait à fondre sur lui. Le gouvernement britannique ne se dissimulait pas toutefois que ce n'était plus une guerre ordi-

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naire, mais un duel à mort qu'il venait d'engager avec le Premier Consul ; il savait, ne fût-ce que par le tableau que lui offrait en ce momentrEurope entière complaisante ou subjuguée, tout ce dont était capable le génie de son adversaire, et il avait proportionné les efforts à la grandeur de la lutte qui allait s'ouvrir. Il n'avait eu, d'ailleurs, sous ce rapport aucun besoin de stimuler le patriotisme de la nation par les feintes démonstrations d'un zèle de commande. Tenue, dès l'origine, au courant de toutes les phases du débat par les discussions quotidiennes d'une presse libre, parles admirables harangues de ses hommes d'État et de ses grands orateurs, la nation anglaise n'était pas restée étrangère à une question qui intéressait si directement son honneur, elle avait pris parti avec une ardeur passionnée, elle avait ressenti comme adressés à elle-même les outrages de Bonap«irte contre ses représentaiits et ses institutions, et vers les derniers temps surtout son sentiment s'était manifesté avec assez de force pour mettre Addington, jusque-là indécis, dans Talternative de rompre avec la France ou de quitter le miniature. Il n'y avait donc pas à exciter l'élan national, mais seulement à le diriger. C'est à quoi s'employa non un corps de fonctionnaires obéissant à une consigne, exhalant avec discipline une fureur réglée sur le diapason d'une circulaire ministérielle, et singeant de son mieux la spontanéité et l'entratnement des agitations populaires, mais l'élite même de la nation, tout ce qui comptait en Angleterre par le rang, la richesse, la popularité, le génie ou la vertu. Partout l'initiative privée vint soutenir et souvent devancer celle du gouvernement, et loin de se plaindre des sacrifices qu'il

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