‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 101 sur 310 · Napoléon à Cambacér^s, 30 août · texte numérisé non relu

Napoléon à Cambacér^s, 30 août

}. Bulletin des lois (loi du 2G janvier 180:)).

l'sxposé de la situation en 1804. 249

goarernement. La correspondance de Napoléon avec Foacbé est pleine d'ordres d'exil, d'emprisonnement, d'iaternement, dont non - seulement on n'a aucun moyen de le rendre responsable , mais qui pour la plupart restent ignorés et ne sont connus que de ceux qui en sont frappés. Le despotisme de Napoléon est à la vérité entouré de quelques institutions dont le nom est emprunté aux pays libres, mais elles ne sont plus organisées que pour servir d'instrument ou de masque à son arbitraire. La France a eccore un Corps législatif, mais un Corps législatif dont les sessions ne durent que quelques serraines, dont les discussions n'ont plus de publicité, dont le contrôle désormais étranger aux questions politiques ne s'exerce plus que sur des intérêts d'un ordre tout secondaire, dont le rôle en un mot ne consiste plus qu'à assumer l'odieux des impôts impopulaires qu'on le charge de voter, ou à élaborer les règlements administratifs qu'on veut bien lui souraeltre. La France possède encore de nom ce que dans les pays constitutionnels on appelle un ministère ; mais les ministres sans opinion, sans solidarité, sans force propre, sans influence ni personnelle, ni collective, ne forment plus qu'une sorte de haute domesticité, et la plus soumise de toutes les domesticités, parce qu'elle est la plus rapprochée du maître.

Napoléon était naturellement un très-bon juge des aptitudes et des capacitéSy mais à condiiion qu'elles s'exerçassent dans le sens de ses propres vues et de ses préventions. Ce qu'il exigeait avant tout de ses ministres, c'était une foi aveugle en son génie. Habitué de bonne heure à se considérer comme infaiMiblej il

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jugeait Tolontiers du mérite d'après le degrédexàle,de dévouement, qu'on lui témoignail; il n'était paa loin de voir dans les objections un signe de révolte ; on peut, d'après Taccueil qu*il faisait à celles d'un homme supérieur et compétent comme Decrès, avoir une idée de l'abnégation qu'on devait avoir pour être son ministre; il y fallait dès lors une souplesse d'échiné qui rebuta bientôt jusqu'à Talleyrand lui-même, c'est tout dire. Est-ce à un ministre et à un grand dignitaire de l'Empire, ou à un maître d'hôtel négligent, que s'adresse le bilkt dont voici la teneur: « Monsieur. Talleyrand, mon grand chambellan, je voits fais uut kiire pour vous témoigner mon mécontentement de ce que vous avez permis que les invitations de mercredi portassent le mot de souper^ puisque l'heure pour laquelle elles étaient est celle de mon dîner. Mon intention est que dans mon palaiSy comme ailleurs, on obéisse aux lois. Napoléon '. > C'était bien la peiné d'avoir été par ambition le protecteur du général Bonaparte auprès du Directoire pour en venir à supporter de pareilles avanies! Quelle récompense pour un homme de tant d'esprit!

Poursuivons le tableau : la France possède aussi une chambre haute, sous le nom de Sénat. Ici les attributions sont magnifiques sur le papier, mais en fait tout se réduit à l'enregistrement des décrets qoe le Sénat re^it tout rédigés, et auprès de son attitude rampante, l'opposition des parlements dégradés de l'ancien régime passerait pour un prodige d'héroisine* On pourrait croire que les gros traitements dont

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