I. Napolion à Fouché, l*' juin
'i. Ibid.
tont cela il ne créa que le néant. Voilà tout le parti qall sut tirer de ce merveilleux instrument qui a re« Qouvelé le monde.
II est d'autant moins permis de s'abuser sur les causes de la stérilité intellectuelle de l'époque impériale qu'on assiste en même temps à un spectacle tout contraire en Allemagne où se produit un magnifique mouvement d'idées , formé en dehors de toute influence officielle. Les germes de cette renaissance existaient chez nous, aussi bien que chez nos voisins, mais ils furent en France violemment refoulés par le despotisme et ne purent se développer qu'après sa chute. Toutes les forces vives de la nation furent absorbées par une carrière unique, la guerre, et les esprits dont elle ne pouvait occuper l'activité ou contenter l'ambition furent réduits à se consumer dans rinaction, l'ennui, les rêves stériles d'Obermann ou de René. Quant à ceux que tourments invinciblement le besoin de l'indépendance et de l'activité intellectuelle, TEmpire les rejette hors de son sein. Mme de Staël et Benjamin Constant vont chercher chez les Allemands on peu d'air respirable; Chateaubriand commence cette existence de chevalier errant de la littérature qui ne finira qu'avec le règne de Napoléon; l'exil préserve leur génie. Tous ceux, au contraire , qui se résignent à végéter à l'ombre de la protection impériale sont condamnés à une incurable médiocrité. C'est une influence qui flétrit tout ce qu'elle touche et à laquelle Tart lui-même n'est pas soumis impunément, bien qu'il n'ait pas le même besoin d'indépendance que les autres manifestations de la pensée humaine. Les artistes qui la subissent y perdent tous quelque chose m. 23
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de leur force et de leur origiBalité, à commencer par le chef de FÉcoIe, David, si inférieur dans ses grandes compositions officielles à ce qu'il avait été durant l'époque Févolutionnaâre. Une incontestable puissance survit néanmoins clieE le mafke à cette transformation de Taml de Robespierre en peintre ordinaire de la cour, mais chez les élèves il ne reste plus que la convention, le pr^côdé^ la monotonie, la sécheresse d'une rhétorique froide et guindée. Deux artistes seuls font acception et ce sont ceux qui protestent contre lefi doctrines dominantes; tous deux s'écartent des chemins battus, et suivent une voie solitaire : Tun est Gros, le peintre de la légende des PesJdféris de Jc^a, dont le robuste génie, au milieu des parades de 'l'époque impériale, est encore animé du souffle épique des guerres de la révolution française et prête aux exploits nouveaux la poésie d'un temps qui n'est plus; Tautre est Prud'hon, ce vrai fils de la Grèce* l'André Chénier de la peinture, qui allie la grâce corrégienne ' à la simplicité antique , et retrouve sans y songer le secret que d'autres demandent vainement à une ingrate et laborieuse imitation.
CHAîITiLE Vt
I5C0RPORATION DE GÉfNES. — NOUVELXE C0ALITI05. ÉCHEC DE L^INVINCIBLB ARMADA DE BOtTLOGNE.
Napoléon avaHi quitté Pferis ppesqne «n mémo temps (jpe te pape, c'cst-û-dire dan» le» deFnier» jourv du mois de mars 1B05, peur se rendre en Italie où tout était prêt pour soit courownemeîit. Sen iniîciitioD wmt été d'abord de donner ce trône à son frère Josephs car il ne se dissimulait pas le mécontentement et les inquiétudes que ce nouvel accroissement de puissance devait faire naître en Europe. II avait môme notHIé au ro^' de Prusse et à Terapereur d* Autriche Tavénement prochain de son frère, disposant de Joseph sans son aveu et se Ggurant que ces souverains seraient trop heureux de le voir afeandonner à un prête-nom ce qu'il lui était si fticfle de prendre poor lui-même, n allait jusqu'à dire à Fempereur d'Autriche t qu'il avait sacriflé sa grandeur personnelle et affaibli son pouvoir, mais qu'il en serait amplement récompenflé s'il pouvait avoir fait quelque chose qui lui fût agréa- Ue M . Il était très-douteux que rempereur François