Napoléon à Tempereur d'Autriche, 17 ni. j
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Le Toyage de Napoléon en Italie avait encore un antre but qne le couronnement, c'était de détourner les yeux de l'Europe de Texpédition de Boulogne qui absorbait plus que jamais toutes ses pensées. On doit, selon toute apparence, attribuer à une préoccupation du même genre les démonstrations pacifiques, auxquelles il s'était livré pendant les mois de janvier et de février 1805 avec une prodigalité exceptionnelle de philantropie et de grands sentiments. Elles avaient été inaugurées par une lettre au roi d'Angleterre conçue dans le style de celle qu*il avait écrite au début du Consulat, mais qui manqua complètement son effet sur le public : c U se sentait accusé dans sa propre conscience par tant de sang versé inutilement.... Il conjurait S. H. de ne pas se refuser aç bonheur de donner la paix au monde, de ne pas laisser cette douce satisfaction i ses enfants!... Il était temps de faire taire les passions et d'écouter uniquement le sentiment de rhumanité et de la raison.... Quant à lui, en exprimant ces sentiments, il remplissait un devoir saint et précieux à son cœur ' ! » Napoléon avait obtenu de si grands succès en France en jouant avec des mots, il avait vu tant de fois des déclarations , qui étaient en contradiction flagrante avec ses actes, accueillies par une invariable crédulité, qu'il en ^tait devenu prodigue au delà de toute mesure et s'imaginait volontiers que ce moyen devait lui réussir toujours et partout. Après tant de manques de foi» il offrait encore sa parole comme un gage assuré de ses in-
t. Napoléon ao roi d'Angleterre, 2 janvier 1805; Moniteur ôa r» féTrier.
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tentîoiis : etie devait lier teut le moade^ «icepté luimême ! Après sa lettre au soi d*Ad»glet3Brre il était désormais ètabU qu'il n'avait aiaruoe affibition et ne vivait que pour la paix. Il se b&ttf de prendre le Corps l^islatif à témoin de son abnégation et de soo désintéressement : « U avait sacrifié lea ressentiments les plus légitimes.... il plaçait sa gloire, son bonheur dans le bonheur de la génération actuelle. Il voulait que le règne des idées philanthropiques et généreuses fût le caractère du sièele ^ > Il s'eflerça de tirer le même parti de sa démarche auprès des cabinets européens beaucoup moins ftdles à persuader : « La démarche que j'ai faite auprès du gouvernement angiat;:, écrivait-il au prince de la Paix, aura sans doute convaincu Sa .^ajesté cathcriiqae que je n'ai cTautre but que rintérêt et le konhenr de la génération préseme K » La démonstration était en eHkt concluante et aurtout elle avait été faite à pea de frais. Gemment niettre en doute désormais les intentions de ce philanthrope méconna?
Cette espèce de fantasia pacifique fut dooe par un morceau à grand orchestre exécnté soleDinelIem0nt en présence do Sénat et des membres de la Consulte italienne que Napoléon avait chargés de venir lui oflrir la couronne d'Italie. Il s'étudia particulièrement à faire ressortir dans ee discours Vextrème modéntion gui présidait à toutes ses transactions p<^itiques^ Nous Avious conquis la Hollande, la Suisse, les trois quarts d() TAIlemagne; le partage de la Pologne et la con-
I. Discours au Corps législatif, 10 février î805. •i. Napoléon au Prince de la Paix, 19 février.
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quête des Indes, qui avaient FMnpn réqoilibre eofopéeaàBotre préjudice, nous daenoient Je droit de garder cespïevîBces. Cependant noue les avieAsresiitvées. La Hollande et la Suisse étaient indépmdatUês. Les princes de rAllemagne avaient plus (Céclat a dô splendeur que n'en avaient jasuds en leurs ancêtres.
La réunion du territoire de la république italienne Dom eût été avantageux et utile; c^ndafit nous avioBS-êgaleBient proclamé sen widépendanes à tyen ; « noua iaisione plus encoape aiûourd'bui, seoa prodamions le pHncipe de la séparatien des deux eeurenneâ de France et d'Italie ! Le génie àm mal, poursutvttilrily cherchera en vain des préteExtee peur remettre le continent en guerre; aucune nauvelle province ne sera tnc&rporée dans l* Empire, »
Ainsi les puissances européennes étaient averties. Bien k>in d'avœr le droit de se plaindre de nous,, en raison des infractions commises aux traités da Luné • ville et d'Amiens., elles nous devaient une profonde reconnaissance de ce que nous avions daigné leor laisser quelque chose. Quant à leurs doléances au sujet de la HoUande et de fai Suisse, cf étaient là de pures rêveries^ ces annexes de l'Empire français n'avaient jamais cessé d'être iadépendants I loiin la création du royaume d'Italie, toin d'être un sujet d'alarmes, éfûut un nouveau bienfmt. S'il fallait juger de la sincérité de la promesse solennelle qui terminait te ddscDurs impérial, d*après la sincérité de eea déclarations, on doit convenir qvte les cabinets européens avaient quelque sujet de se défier d'un pareil langage ; et telle fut en effet la seule impression qu'il prodmsit Chaque jour leur apportait une raison nouvelle de s'unir con-
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tre nous, et ils n*étaient pas encore remis de leur surprise au sujet de la royauté italienne, qu'ils apprirent la transformation semi-monarchique de la Hollande au profit de M. Schimmelpenninck, la créature et l'instrument de Napoléon» qui sous le titre de grand pensionnaire de la Hollande ne fut en réalité que le pensionnaire de la France. Ces événements rendirent la tâche plus facile à nos ennemis. Pendant que Napoléon s*acheminait triomphalement vers Milan pour y ceindre la couronne des rois lombards, au milieu des acclamations d'un peuple auquel les mots magiques et sans cesse répétés de « patrie italienne » faisaient oublier momentanément les humiliations du joug étranger, Pitt et l'empereur Alexandre mettaient la dernière main à l'œuvre patiente et dirficile qu'ils avaient entreprise de concei t ; ils rédigeaient, après de loagues négociations, le traité d'alliance qui devait reconstituer contre nouslacoalit'on européenne.
Dès le 6 novembre IS04, TAutricbe avait signé avec la Russie une convention secrets d'un caractère strictement défensif» analogue à celle qu'Alexandre avait d<^^à conclue avec le roi de Prusse. Cette convention n>ngvigeait T Au triche que dans le cas où le staiu quo serait troublé soit en Italie, soit dans les États de l'empire ottoman» par de nouveaux envahissements de la France; elle montre combien les dispoations de crtte puissance étaient alors peu belliqueuses, car ce n'était nt point les griefs qui lui manquaient pour nous teire la guerre. Ce résultat était trop mince pour saliiAiire Alexandre. Sous TinOuence des idées à la fois iBlbitieuses et ptùlanthropiques, qu'avait fait naître «M esprit son rôle éphémère d'arbitre de l'Iu-