‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 114 sur 310 · Pîclro CoTîelta : SH^rkt dd reame di NaiMÎi · texte numérisé non relu

Pîclro CoTîelta : SH^rkt dd reame di NaiMÎi

7S SIPOLÉON 1*'.

1 taRÔ* ratifia le traité qui la liait à - *'''*^^'"^j^ oscslnr désormais sur Tévacuation ''^^ ^y 3^ s'Mtupa plus que de la discussion ^ *** ^. Ainsi les puissances européennes

le notre rupture avec TAngleterre, : SjenTeilIan tes pour nouS| les autres ferjlfCàsiKs à consen'er leur neutralité, avaient pas à pas, et à leur corps défendant, à 74ri à cette lutte par une série d*actes qui rvxQTre de Bonaparte seul, et dont la prêta plus élémentaire eût pu conjurer le péril. )«ttp>Jttîon du Hanovre» la violation du territoire de j^iiJK le meurtre du duc d*Enghien, la proclamation jl^ Tempire d'Occident, la violation du territoire de Digabourg, Tenlèvement du ministre anglais , la pro- ,;i)ja»ation du royaume d'Italie, l'incorporation de ^^es et de Lucques, c'étaient là autant d*entreprises aaenaçantes qu'aucune nécessité ne motivait, qui n'avaient d'autre raison d'être que le tourment d'une ambition sans repos, et dontla conséquence ne pouvait être qu'une coalition. Ce résultat paraissait tellement infaillible aux moins clairvoyants, que dès le mois de mai 1805, le traité du 11 avril entre la Russie et l'Angleterre était presque universellement connu ; il était dénoncé par le bruit public, ce qui exaspérait Napoléon, car le bruit public ne devait rapporter que les nouvelles qu'il lui convenait de répandre, et si ce messager n'avait pas été aussi insaisissable il l'eût fort probablement fait traduire devant les tribunaux comme factieux : c Monsieur Foucbé, écrivait-il à son ministre de la police à l'occasion de ces bruits d'alliance, faites imprimer dans les journaux plusieurs

NOUVELLE COiVLITION. ^85

lettres commit venant de Saint- Péter sbaur g ^ et affirmant que les Français y sont bien mieux traités, que la cour et la Tille sentent la nécessité de se rapprocher; qu'enfin les Anglais y sont mal vus, que h plan de la coalition a échoué^ que dans tous les cas la Russie ne se mêlera de rien ^ » Ses confidents même et ses parents les plus proches devaient être ou paraître trompés à cet égard tout comme le public, jusqu'au jour où il lui conviendrait de laisser connaître la vérité, car il fallait qu'on eût en lui une foi aveugle, et il n'admettait pas qu'on pût supposer qu'un événement quelconque fût arrlyé sans sa permission spéciale : «Monsieur mon beau-frère et cousin, écrivait-il le Blême jour à Hurat, ce que vous m'écrivez de la conclusion d'un traité d'alliance entre l'Angleterre et la Russie n*a pas de senSy cela est entièrement faux. Les bruits que les Anglais font répandre pour se tirer d'affaire momentanément sont controuvés '. >

Afin de mieux accréditer cette opinion, il prolongeait à dessein son séjour en Italie dans une oisiveté apparente, mais en épiant avec vigilance les premiers armements de l'Autriche. En même temps, il était plus occupé que jamais de son projet de descente en AngU terre, que son éloignement calculé rendait de plus en plus invraisemblable. Il se flattait de lui imprimer au dernier moment une rapidité tellement foudroyante que la coalition déconcertée serait dissoute avant d'avoir pu concentrer ses armées. C'est ainsi qu'il passa le mois de juin tout entier, absorbé

1. Napoléon à Fouché, 26 mai 180' 1. Napoléon à M«irat, 26 mai.

£86 HISTOIRE DE HAPOLgoN l".

exclusivement en appopence pnr ror^ntsatroa du nouvçnu royaume, et par les fîtes spleiKJides qoe loi donnaient les cités d'Italie pour célébrer t'aTénement du héros libérateur. Mais le mois de juillet venu, il jugea que le moment était arrivé de se rapprocher des lieux qu'il avait choisis pour théâtre du grand duel qui allait s'engager entre la France el l'Angleterre. II quitta donc précipitamment ITtalie, et franchit en quelques jours la distance qui sépare Turin de Fontainebleau. Il laissait à Milan le prince Eugène, qui devait gouverner en qualité de rice-roi. Le prince reçut, avec le décret qui Ini déléguait cette autorité, des instructions qu'on peut appeler caractérisliqnes. Au milieu de recommandations sages et sensées, dictées par l'expérience des alTaires et la connaissance des hommes , on lisait ces paroles sigRificaUres dans lesquelles Napoléon se révélait lui-même tout entier : ' Mes sujets d'Italie sont naturellement plus dissimulés que ne le sont les citoyens de la France. Tous n'avez qu'un moyen de conserver leur eslime, c'«t de n'accorder votre confiance entière à personne.... Quand votts aurez parlé d'apris voire cœur ettamnie»site, dites-vovs à vow-mime que vout aves fcdt une fnt$ pour n'ij plus retomber. Montres pour la nation qui MU aouvnnes une esiimc qu'il convient de manifester iTsatnnt plus que vous dicowrïrez des motifs de Testinur moins. Il viendra un temps où vous reconnaîtrez qnll y a bien peu de différence entre un peuple et OD autre'. »

Pendant le séjour de Napoléon en Italie, les opëra-

I, NapoléJii au prinee Eugine, 1 Juin ISO^

ÉCHEC DE l'invincible ARMADA. "287

lions préliminaires de la gigantesque campagne maritiace s'étaient accomplies avec un succès incomplet, mais suffisant pour Tencourager dans ses espérances. L'amiral Villeneuve était reparti de Toulon, le 30 mars, avec douze vaisseaux et six frégates, échappant de nouveau à Nelson qui l'attendait entre la côte de Sardaigne et celle d'Afrique; il avait touché d'abord à Carthagëne, puisa Cadix, où il avait rallié l'amiral Gravina, mais avec des vaisseaux infiniment inférieors en nombre et en qualité, à ce qu*on lui avait annoncé. Sur les seize vaisseaux de la marine espagnole^ il ne put en emmener que six, et encore fiit-îl presque aussitôt obligé d'en laisser en chemin la pins grande partie. Il avait passé ^ans accident le dé- Iratde Gibraltar, et put faire voile pour les Antilles. Le 13 mai, il mouillait à la Martinique après une marche lente et pénible, pendant laquelle il avait dû employer one partie de ses vaisseaux à en remorquer une autre. D se trouvait à la tête de dix-huit vaisseaux et sept frégates, grâce à l'arrivée des bâtiments retardataires ; mais il avait manqué sa jonction avec Missiessy qui en ce moment même rentrait en France. Nelson connot dès le 16 avril la direction qu'avait prise notre escadre ; mais, retenu par des vents contraires, fl ne put se présenter devant Gibraltar que le 7 mai ; 3 apprit là seulement, d'une façon certaine, la destination de l^illeneuve. La nécessité de convoyer des transports le retarda de quelques jours encore, et le 13 mai, au moment où Villeneuve appareillait devant la Martinique, Nelson s'élançait à sa poursuite avec onze vaisseaux seulement, n'hésitant pas à aller chercher, sur ces espaces immenses, un ennemi qui pos-

jSa HISTOIRI DE WAPOLEON 1".

sêJait W dwible de ses forces, qui avait sur lui un moi* d'avance, et dont il ignorait la position précise. Vii'leueuve dcwt, nous Tavons dit, attendre quaiiu te jours à la Uartinique pour laisser à Ganteaumc Je tetup» de sortir de Brest et de venir l'y rejoindre. IKfpuis que Villeneuve s'étiit mis en route, Napoléon jm.ij|jent écrivait chaque matin à Ganteaume : c Parlez...- partez, vous tenez dans vos mains les destinées du inonde M «Mais les éléments, qui n'ét lient pas dans le secret, furent cette année-là d'une sérénité désespérante, et lord CornwuUis bloiuait Brest avec une assiduité et une vigilance que rien ne pouvait décourager. Le mois d'avril s'écoula tout entier dans la vaine attente d'un vent favorable, et il fallut encore une fois modifier ce plan grandiose. De nouvelles instructions, portées successivement ù Villeneuve par l'amiral Magon et par la frégate la Topaze^ lui prescrivirent de n'attendre Gantcaucnc que jusqu*au SI juin, car si, comme cela devenait probable, cet amiral ne trouvait pas avant le 20 mai une occasion favorable pour sortir de Brest, il recevrait l'ordre de ne plus partir. Une fois le délai écoulé, Villeneuve devait revenir en Europe en se dirigeant sur le Ferrol ; là il trouverait une escadre de quinze vaisseaux francoespagnols. A la tête de' toutes ces forces réunies, qui porteraient sa flotte à au moins trente-cinq vaisseaux, il se présenterait devant Brest, forcerait le blocus de Cornv^allis, et, après avoir fait sa jonction avec Ganteaume, il pourrait paraître devant Boulogne, ayant sous ses ordres une immense armée navale montant

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