Napoléon à Ganteiume, II aviil
ÉCHEC DE l'invincible ARMADA. 289
à cinquaote-dnq vaisseaux. On lui laissait pourtant le
choix, entre plusieurs autres combinaisons moins
eompliquées, comme de filer tout droit sur Boulogne
en négligeant Brest; et on ajoutait que si, pour un
motif quelconque, il se trouvait dans l'impossibilité
de remplir ces instructions, il pourrait se replier sur
Cadix'.
La nouvelle de l'arrivée de Nelson à la Barbade,
après une navigation de près de moitié moins longue que la nôtre, força Villeneuve à abréger une-expectative qui par le fait aurait été inutile, puisque Ganteaomedevait être jusqu'au bout retenu par les calmes. Pendant que son ardent adversaire» égaré par de ianx renseignements, courait le chercher à la Trinité, puis à Antigoa, Villeneuve, satisfait de la prise du fort du Diamant et de quelques dégâts causés au commerce anglais, très-désireux d'éviter une rencontre avec un ennemi dont il s'exagérait les forces, enfin subordonnant tout à la nécessité de remplir sa mission , quittait la mer des Antilles pour revenir en Europe.
Dès le 13 juin, Nelson s*était remis Ji sa po «rsuite. S'il avait su que la destination de Villeneuve <^tait le Férrol, il n'est pas douteux qu'il ne l'eût atteint et combattu en route; mais, ne soupçonnant rien encore du pian de Napoléon, il s'était lancé à toute vitesse d'ins la direction de Caiix et de Gibraltar, dans la supposition que Villeneuve chercherait à gagner la Méditerranée. Cependant il prit la précaution prudente d'à-
1. Napoléon à Decrès, 8 mais 1805. — A VilleneuTe, mdice Jour, première et deuxième inttruclion.
lîi. 25
,4mM ntfimr Tuniranté anglH»: le
^ d ebargea de cette miasîoB. md-
jA Qotle française, reconmrt la tf-
^"^^ . «<^«i jmait, ety pendant qu'elle était anè-
^ «^ v«G» contraires, fit voile pour Pljaioilli.
^iift, /aoûraaté anglaise reçut cette précâene
.e;^<i.Oiii> et quelques jours après, le 15 juilleLiae
^AwTw itf quinie vaisseaux, sous les ordres de Ta-
^xt». Jalder, allait attendre ViUeneiive à la trmiaar
«M Mp Finistère.
.^miafit que la partie se compliquait de cas A«ufes imprévus, Napoléon se livrait à mille .{iv^ sur les mouvementé probables de la marine an- <laise, il se plaisait surtout à lui attribuer les yhs tauëses manœuvres, comme l'expédition d'une ilette aux Indes, ou l'ordre de débloquer Brest. II geormandait l'incrédulité de Decrès, dont l'esprit froid et sensé se refusait à partager ses illusions : « Votre défaut, lui disait-il, est de calculer comme si les Anglais étaient dans le secret^, • Quant à lui, il calculait coflMM si les Anglais n'avaient eu d*autre but que de saoMidsr son entreprise et comme s'il avait fait un pacte avec les éléments. II se voyait déjà maître de l'Angleterre. « le ne sais pas en vérité, écrivait-il dans la même letlrs, qu(*lle espèce de précaution elle peut prendre pour as mettre à Tabri de la terrible chance qu'elle court 1 Une nation est bien folle, lorsqu'elle n'a point de fortifications, point d'armée de terre, de se mettre dans le cas de voir arriver dans son sein une armée de cent mille hommes aguerris! » Il se préoccupait beau-