‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 117 sur 310 · lltpoltoB k DecrèSf 28 juin · texte numérisé non relu

lltpoltoB k DecrèSf 28 juin

1 Kt^éon à Gtmeaume, 30 juillet.

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co? ** ,i,n5«'''^^/>«gne maritime, Napoléon

rf * ^r^^*'^^MDOsé de ce qu'il était dans la

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^^i^ovs àU lieu de les provoquer, nie les diffi-

jesoAry . jg chercher à les résoudre, accable de

^ \^s9^^'^^^^^^^^^ les hommes du métier una- ^P ^ntre son projet, au lieu de s'éclairer des lu- "L^ de leur expérience.

^Mtdàn^ que Napoléon adressait à Ganteaume cet ^\t$ppeh Villeneuve rencontrait le 22 juillet à la ' l^rdu cap Finistère, à environ cinquante lieues jjii^i la flotte de Calder que l'amirauté anglaise jfsjt envoyée à sa rencontre. Bien qu'il eût sous ses .^jjivs vingt vai&seaux et sept frégatts, et que Calder p^comptit pas plus de quinze vaisseaux, Villeneuve ii*ivait ^ur lui qu'un avantage tris-contestable en raij^de Taccablante infériorité de notre marine; mais il f^t protégé par Tindécision de son adversaire. Le cornl^t, contrarié par une brume épaisse qui ne permettait aucune manœuvre d'ensemble, ne fut pas à notre avantage, mais il eut peu d'importance. La flotte anglaise se relira en emmenant deux des bâtiments espagnols; elle n'osa toutefois ni renouveler l'engagement ni s'opposer aux mouvements de Villeneuve qui put entrer à Vjgo, puis au Ferrol et à la Corogne, où l'escadre

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franco-espagnole se trouva réunie au nombre de yingtneuf vaisseaux (8 août)^

Jusque-là Villeneuve avait rempli ses instructions. Mais les perplexités qui depuis l'ouverture de la campagne n'avaient cessé d'assiéger son esprit en raison de rimmense responsabilité qui pesait sur lui, et de la connaissance approfondie qu'il avait de notre infériorité maritime, étaient devenues plus vives que jamais depuis son retour en Europe. Le combat du cap FiDistère, en dépit du courage individuel que nos marins y avaient déployé, l'avait pleinement confirmé dans son ancienne opinion qu il résumait ainsi dans une lettre à Decrès : « Nous avons de mauvais mâts, de mauvaises voiles, de mauvais gréements, de mauvais officiers, de mauvais matelots. » Mais tout cela n'était rien ellcore ; il savait maintenant à n'en pas douter que TAngleterre était avertie , il savait que tout le fruit de cette longue campagne aux Antilles, faite dans le but d'attirer au loin les forces britanniques et de concentrer les nôtres, avait été perdu. Notre concentration n'était en effet guère plus avancée qu'à l'époque où U avait quitté Toulon, car il n'avait pu rejoindre ai Missiessy ni Ganteaume, et les escadres qu'il avait voulu entraîner à sa poursuite, ou n'avaient point quitté l'Europe, ou y étaient revenues en même temps que lui. Il était donc assuré de les rencontrer sur son chemin, soit au sortir du Ferrol, soit devant Brest; dans ce cas il regardait la bataille comme perdue, mais quelle qu'en fût l'issue, par cela seul que l'éveil était donné,

1. Rapport et journal du vice-amiral Villeneuve. — Rapport de Calder • Tamiral Gornwallis, eu date du 23 juillet : Ànnual regitter for ihe year 1805.

HISTOIRE DE HAPOLEOH V.

le plan était compromis. Son collègue Gravina pensait exactemenl de même ; el les événement!! ne leur donnaient que trop raison. Nelson était de retour à Gibraltar dès le 18 juillet; atiasitiït qu'il avait pu coanaitre la direction suivie par Villeneuve, il s'était mis en mesure d'aller rejoindre Cornwatlis devant Brest malgré les vents contraires; il opéra sa jonction l« 15 août, lui laissa huit vaisseaux, et avec les deui autres se rendit à Portsmoutli. La veille, Ik août, Calder eu avait amené neul de sa propre escadre à Cornwallis qui h cette date se trouvait ainsi à ta tâte d'une l1ott« de trente-cinq vaisseaux. Il en lit deux parts égales; le 17 aoCiti il en envoya une de dix-liuit vaisseaux pour aller biof[uer de nouveau le Ferrol, et garda l'autre pour surveiller Cianteaume. Indépendamment de ces deux escadres les .\nglais avaient de Bte^t au FeiTol un détachement lie cinq vaisseaux sous les or> dres de l'arairai Stirling el une foule d'avisos et de MlimenU de toute grandeur qui épiaient tous nos mouvements'.

Villeneuve fut forcé de prolonger son séjour au Ferrol et à la Corogne juqu'au 1 1 août par la nécessité de reparte' ses avaries. Il ne put mettre à la voile avec toute sa Hotte que le 1 3. S'il s'était dirigé sur BrMt avant cette date comme Napoléon impalisnt !• lui

1. H. Tblen dit ku lujct il« i»IU jonriicia (Itmc S">, jmgB I3t| : I La nouvelle de la réunion dr Kclmu avec le* «mlriux Caidcr et Comwillis «lait vraii law qvrlquft rappotli, car Nelmu mil ruM CûTiiwallis denot Bresi, mais bIU Mail ruit»e en m iiM'alia mUt il'imporunl giuisque Neliou ne l'élail pat arrêté devant Bre-t et a*tit rait voile ven Portimouih. ■ Il ne s'y iwit pas ai r*i« an aSeï, mail il j avait laissé n nuta A ruxca[Uiaa d* deux Tatanum; »'<• Uil-ce pus cela qui êloit i'imparlanl.'

iCBB€ DB L'IMVIMCIBLB A^RMADA. %9b

avait pnicrity il serait venu heurter avec ses vingtneuf wisieauz les trente-cinq bâtiments de Comwallis, et il eût été écrasé avant que Ganteaume eût pu faire uBBioavemeDt. Partant plus tard, il ne lui restait que la chance fort improbable de se croiser en route avec ht flotte que Comwallis envoyait pour le bloquer au Isnoly aous las ordres de Calder; mais quelle vrainffmblanfa qu'il pût dérober sa marche à une escadre suivADt eiactemesEt la même ligne que lui sur une mer sillonnée de tous côtés de croiseur? ennemis qui le suivaient pas à pas*? Lors même qu'il eût réalisé es miracle, il eût pu devancer Galder devant Brest mais non dans la Maiiebe où cet amiral serait retourné sa tMite bâte. Son départ de Bre&t d'ailleurs ne lui était pas connu, car Galder ne quitta Comwallis que le ITaoùty^tATilleneuve devait raisonner dansrhypothèie d*uBetriple jonction entre Nelson, Galder et Comwallis. U sertit donc du ferrol en proie à rirrésolutioD, au découragement, pliant sous le poids de sa responsabilité, et le cœur plein d'angoisses mais d'angoisses patriolfques^ car s'il tremblait ce n'était pas pour lui* même» il le montra assez à Trafalgtfr. Gravina, qu'on s'est plu si souvent à lui opposer, le suivait lui-même le cœor atterré des ordres auxquels il lui fallait obéir, et selon Texpression de Villeneuve « avec le dévouement du désespoir*. > De telles dispositions ne pou- Taient aboutir qu*à un désastre. Pour comble de mal-

1. M. Tbiers n^ésite pan : « il se serait croisé, dit-il, sans se ren- OQiim ftvee Calder qui lertit venu bloquer le Ferrol vide; U aurait «rprii Carav/aXiié, eftc • M. Tamiral Jurieix de la. Giariùre, sévère poor ViUeneuve, dit cependant : « il esl plus probable que Calder aurait été informé des mouvements de Villeueuve. » Guerres maritimes,

t, Villeneuve àDecrès, 22 aoûU

HISTOIRE DE NAPOLÉOK 1".

heur les veots nous étaient redevenns contraires; nos bâtiments manoeuvraient si mal que plusieurs d'entre eux s'abordèrent au sortir du port; enfin nous étions suivis par deux vaisseaux de ligne et plusieurs frégates britanniques qui ne perdaient pas un seul de nos mouvements'. Dans cette situation un vaisseau marchiind ayant donné l'avis reconnu faux plus tard de l'appro 'lie d'une flotte anglaise de virgt-cinq vaisseaux, Villeneuve n'hésita plus, vira de bord vers le sud, et fit voile pour Cadix en tournant le dos à Bre.'t. Pendant que le malheureux Villeneuve, cédant è des inspirations peu héroïques mais sages et sensées, retardait l'heure de la destruction de notre marine, avec la certitude de n'avoir pour récompense que les reproches du plus exigeant des maîtres, Napoléon en observation sur la plage de Boulogne, les regards lixés vers l'horizon où il s'attendait sans cesse à voir paraître sa flotte victorieuse, passait par toutes les agitations de la crainte et de l'espérance , il subissait U* cœur plein de colère le tourment qu'il était le moins capable de supporter, celui de l'incertitude. Depuis longtemps tout était prêt à Boulogne et dans les ports environnants. L'immense flottille n'attendait qu'un signal; les troupes répétaient chaque jour leurs manœuvres d'embarquement. Gant«aume avait reçu l'ordre de mouiller dans la rade de Bertheaume pour pouvoir opérer plus facilement sa soitie. NapolËon n'avait connu l'engagement du cap Finistère que le 7 août; quoique très-mécontent de Villeneuve il lui avait écrit pour l'encourager : « Paraissez ici vingt-

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