Napoléon à Talleyrand, 25 août
31Î • HISTOIRE DE NAPOLÉON l**.
qui comptait vingt-cinq mille hommes, elle devait combattre avec nos soldats. De tous les Étuts que leur faiblesse mettait à notre discrétion, le royaume de Napies seul était exclu de ces traités d'alliance qui ne pouvaient d'ailleurs avoir d'autre effet que de consacrer leur sujétion, en la déguisant sous des bienfaits plus onéreux que tous les maux de la guerre. Saint- 0\t reçut l'ordre formel de s'emparer de Naplesetd'en chasser la cour au moment où nos armées franchiraient lé Rhin. Il devait jusque-là dissimuler profondemeni sa projets^ Mais quelque temps après, Napoléon trou^'a plus avantageux de conclure avec la cour de Xaples un traité de neutralité, qui lui permettrait de porter sur le Pô le corps de Saint-Cyr afin de servir d'arrière -garde et de réserve à Masséna. £n publiant ce traité, le Moniteur le fit précéder des réflexions suivantes : « Sans doute, Tintérét de la France conseillait de s'assurer par une conquête utile et facile d'un royaume qui touche de si près aux États de Sa Majesté en Italie. Mais elle n'a pas voulu qu'on pût lui imputer d'avoir mis un obstacle à la paix générale; elle a suivi les principes de la politique généreuse et modérée qui sert de règle à toutes ses déterminations. > Singulière modération que celle qui s'exprimait avec ce mépris pour les droits d'un souverain étranger! Toutes ces belles phrases voulaient dire que, dans ce moment critique, on avait jugé opportun d'ajourner la chute des Bourbons de Naples; mais on les prévenait que c'était seulement partie remise. Cet exposé épisodique suffit pour réduire à leur juste valeur toutes