‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 123 sur 310 · Napoléon à Saint-Cyr, l soptcmbie · texte numérisé non relu

Napoléon à Saint-Cyr, l soptcmbie

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les dédamatioDs de Napoléon au sujet des menées et de la perfidie de la cour de Naples.

Ualgré le ton très-radouci de ses notes à M. de Cobentzel, Talleyrand. ne réussit pas à gagner avec rAutriche tojut le temps que Napoléon lui avait demandé, mais cette puissance ne fut pas moins complètement trompée sur la nature et la portée de nos mouveoients militaires. Elle brusqua son entrée en campagne dans l'espoir d'entraîner Télecteur de Bavière. Après avoir solennellement promis de joindre ses troupes à celles de l'empereur d'Autriche, ce prince ajournait sans cesse la signature d'un traité d'alliance. L'Autriche pour gagner vingt-cinq mille hommes, exposa sa propre armée et l'empire luimême à un danger imminent qu'elle ne soupçonnait pas encore. La dernière note qu'elle échangea avec le gouvernement français, au moment d'ouvrir les hostilités, ne fut ni sans force ni sans dignité, bien que quelques-uns des griefs qui y figuraient ne fussent de sa part que des prétextes. Sommée de s'expliquer sur ses armements, elle les motivait sur la nécessité de rappeler la Franceau respect des traités qu'elle-même avait imposés à l'Europe. Sans doute rAutriche aHeckait ici un zèle qu'elle ne pouvait ressentir au fond du cœur pour des transactions qui avaient été l'œuvre de nos victoires; mais enfin, puisqu'il fallait partir d'un état légal, on ne pouvait lui refuser le droit d'invoquer des traités faits contre elle : « La paix entre la france et l'Autriche, disait ce manifeste, repose sur le traité de Lunéville, dont une des conditions stipule et garantit l'indépendance des républiques de l'Italie , ainsi que des républiques helvétique et batave, et leur

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ykAPOhiON ï".

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nr un gouvern6meDt.Toale j»^ jQà^er d'adopter un goavern»- •uMjiutiony un maître , autrement que ilMv, autrement qu'en conservant me . .^tubtt DOlitique réelle, e«t une infraetion à la ^uiMvdley et rAutriche a le droit d'en réolimar w Hiur^uivre le redressement! ;»

ikduH^ et mémorable spectacle I L'Autriche iMa^ i^Mui. .vutre nous, et réclamant avec vérité et juatiœ ii«..ep^adance de ces républiques que mine avions aiîec^ et qu'elle avait tant combattues, quoi de plus jcvpre à caractériser notre politique ? Le manifeste exposait ensuite les ménagements dont elle avait osé à notre égard ; si elle avait consenti à se taire jusqu'ici, c'était par esprit de conciliation ; mais olle n'avait renoncé ni à ses droits, ni au maintien du repos public de l'Europe : « Ce repos est troublé, lyoutait le manifeste, quand yne puissance s'attribue dts droits d'occupation, de pix)tection, d'influenee qoi ne sont avoués ni par le droit des gens, ni par les traités; quand elle parle des droits de la victoire après la paix qui les a éteints ; quand elle emploie la force et la crainte pour dicter des lois à ses voisins, pour les obliger d'assimiler leurs constitutions à la sienne, ou pour leur arracher des alliances, des concessions, des actes de soumission et d'incorporation; quand elle prétend que sa dignité est offensée par des représentations fondées, tandis que ses propres feuilles attaquent successivement tous les monarques ; enfin quand elle s'érige seule en arbitre du sort et des intérêts communs des nations, et qu'elle veut exclure d'autres puissances de toute participation ao maintien

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dft réqollfbregéilérily let mes panse qtt'eUetBODttrop èlmgnémi\ cRfntre» p«rce qu'on bras de merles sépare dm contHMBt^ opposant aux réckunalioiis de» poi»-^ saMen» ko plia foisines do dangsr des réponse» éfaaiwi^ der fasseaMements de trovpeo sur leuit botMèrm, des oMmaees de raptarosietteoso metr tertei^délhnee*. »

A oa «aUeatt d'uBO' Yérité terrfUe et saisissante il n?f ivaîi riear à répondre m ce n'est des coups de chob; et telle était en efiet la réponse que Napoléon s'^Vprètaiti^fMns à l'Autriche^ Ses soldats n'avaient paa eneoro terminé leur Avotvtîon sur le Rhin que testa la Franee était déjà transformée en un vaste camp, et organisée de façon à pouvoir se soffire à elte-* miflie pendant son absence. U avait laissé à Boulogne, paar protéger la flottille et défendre les côtesi un cerpa d'armée de vingt-cinq mille hommes^ eomnaadé par le maréchal Brune, formé avec les dépéts d'une partie de ses régiments, et avec les dii mille naferiote de l'expédition d'Angleterre organisés en batailkma. Il décréta la réorganisation des gardes nationalea sur toute l'étendue do territoire, mais en se rtMrvaat la nomination des officiers^ il mobilisa dans dsa corps d'élite, destinés spécialement à la garde des placM fortes la partie la plus jeune et la plus solide de ce corps. U compléta ces mesures en appelant sous leaarmea, non-seulement la levée de l'année courante et la contingent arriéré des années précédentes, mais oae levée anticipée comprenant les hommes qui délaient atteiiidre l'âge légal dans les trois premiers

l. NfC« d« cornu Losis de Cobeattel, 12 septembre 1S0&.

HISTOIRE DE MAPOLÉOM I".

mois de l'snnée suivante. Ces levées lui constituaient une réserve de près de cent cinquante roîile hommes qui furent dirigés sur le Rhin, pour s'y exercer sous le commandement des maréchaux Kellermann et Lefebvrc. Ce décret donna Heu à une diOiculLé assez embarrassante pourtout autre que Napoléon. La constitution avait statué que le vote des levées de la conscrîijtiim, comme celui des impôts, appartenait au Corps l-^gislatif. Mais comment réunir cette assemblée dans un pareil moment? L'opinion était in<)uièt« et mécontente, une crise ûnancière des plus graves, déterminée par l'énormité de nos dépenses de guerre, commençait à se déclarer, Paris murmurait tout haut et dénonçait la Tolie d'ambition qui venait d'armer de nouveau toute l'Europe contre nous; il faudrait donc entrer en eiplicalion, écouter des avis, peut être mémedes critiques! 11 faudraitavouerentinrexisteore de cette coalition tant'de fois niée par les impudents démentis du Monifi-urrU faudrait reconnaître ou qu'on avait été aveugle ou qu'on avait sciemm-nt trompé la France! Napoléon n'avait garde de se placer dans une telle alternative; il connaissait assez les Fiançais pour savoir que tant qu'il serait absous par la victoire il n'aurait pas besoin d'une autre justificalion; et «lt« victoire, il était maintenant certain de la saisir, grâce au succès de ses feintes, k la pricipitation étourdie de ses ennemis, à la supériorité écrasante de ses forces. Il n'hésita donc pas à violer lui-même une nouvelle fois cette constitution qui n'avaitjamaîsfté qu'un mol, c( le Sônat s'empressa de légaliser cette violation, sawl à lui en faire un crime au jour des revers. Ces mesures, qui furent toujours à ses yeui les plus

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essentielles, ane fois prises, il distribua leurs rôles à ceux quMi voulait charger du gouvernement pendant son absence. Joseph, le grand électeur, eut la présidence du Sénat et les honneurs du pouvoir, mais Gambacér&s en eut toute la réalité, du moins tout ce que Napoléon pouvait en céder même en s'éloignant II fut chargé de présider le conseil d*Ëtat et de réunir chez lui les ministres au moins une fois par semaine, mais ceux-ci durent tous correspondre avec Napoléon pour les affaires de leur département. Le ministre de la police spécialement eut Tordre de lui écrire tous les ftmrs* : ce ministre était en effet le grand ressort du gouvernement. Napoléon fit ensuite ses adieux au Sénat : il partait, dîsait-il, pour aller secourir ses alliés ; il y avait peu de jours encore il espérait que la paix ne serait point tr< ubiée; mais ses espérances s'étaient évanouies. « C'est dans cet instant, ajoutait-il, que s'est dévoilée la méchanceté des ennemis du continent! Us craignaient la manifestation de mon profond amour pour la paix; ils craignaient que l'Autriche à l'aspect du gouffre qu'ils avaient creusé sous ses pas ne revint à des sentiments de justice et de modération ; ils l'ont précipitée dans la guerre. Je ^mis du sang qu*il va en coûter à r Europe, mais le nom français en obtiendra un nouveau lustre. »

Pendant qu*il gémissait sur cette cruelle extrémité, ses corps d'armée, poursuivant leur marche invisible, franchissaient le Rhin à Mayence, à Spire, à Manheim et s'avançaient au cœur de l'Allemagne. Ils allaient y

I. Ordre de service pendant Tabsence de TEmpereur, 23 serlem. brel805.

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donûw la inain k Bartiadbtte déîk «rfiiv^ à Woiiidmiif où l'étoeteur de Bavière menacé p&t rAuiri€lie>a'élaii réfugié avec se» Tîngtrcinq BÛUe hoflinneai.lteiiaBéa'& bout par le»tergiver£fationfrde ca prinoei; lea' Antri^ chiens avaient passé Vlnu 16 7 sejfAattdiire; Us vkiraiitoo« cuper Ulm le 18. C'est alora seulenent (|^Napolèoa( averti par une lettre de Murât) eaiiçut l'idée de ki cerner enSouabe^ en lee coupant de leurs eommunications avec l'Autriche, par une manœuvre toute semblable à^ celle qu'il avait employée fe Uarengai mais beaucoup plus sûre en raison de son immanse supériorité sur l'armée de Mack^ lli désigna- auBsîtAt les positions que devaient occuper sur le Danube les divers corps qui étaientencore sur le Rhin» Enlespor» tant sur Douauwerth, Ingolstadt et Ratiebonne, il ae rendait maître du cours du fleuve^ et il ne lui fallait que quelques marches pour enlever à Maek touiea ses communications avec Vienne, et pour l'investir entière* ment avant l'arrivée de Tarmée russe qui commençait à peine à se mettre en mouvementi II trembbût que Maclc ne découvrit à temps le secret de cette «maoesu^ vre à la fois si simple et si décisive,, mais il fut mer* veilleusement servi à cet égard et par la disperaion de nos corps, et par le mystèrequi couvrait leur mar* che, et par la folle confiance de son adversairot U entretint habilement la méprise de Tétat-aai^ autrichien en faisant paraître Murât et sa catalane de* vant les principaux débouchés de la Forét^Ifoirei comme s'il était résolu à s'y. enfoncer saioa kt soutine de nos premières guerres en Allemagne. Il eut soin

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