Général OaTillew^ : Mation de h campagne de ISOTi
espérée y cernés par un ennemi formidable, à la suite de mouvements invisibles dont ils n'avaient rien entrevu, rien soupçonnéi sous le coup en un mot de la plus terrifiante surprise militaire dont rhistoire fasse mention.
Napoléon avait porté son quartier général à Donauwerth. Son premier bulletin daté de Nordlingen à quelques lieues de là, le 7 octobre, avant Taffaire de Wertingen, se terminait par ces paroles significatives: « Tennemi n*a pas de temps à perdre pour éviter sa perte entière. > Durant son passage à travers TAllemagne il avait vu tous les princes qu'il avait bon gré ou malgré enchaînés à son alliance. A Louis^bourg, il s'était particulièrement attaché à s'emparer de l'esprit 4e rélecteur de Wurtemberg jusque-là hésitant et même froissé du sans gène avec lequel notre armée avait traité sa capitale et ses États. Il gagna le prince par la perspective des avantages qu'il lui promit, mais les alliances qu'il conquit ainsi en Allemagne avaient plus d'apparence que de solidité, car elles eurent pour effet de rendre ces souverains suspects à leurs propres sujets, odieux au reste de l'Allemagne. Un fait des plus graves était venu lui montrer dans ce moment même combien peu il devait compter sur la longanimité qu'il prétait à la Prusse. Plusieurs de ses corps pour gagner une ou deux étapes dans leur marche vers le Danube, avaient traversé le marquisat d'Anspach, erritoire neutralisé par la Prusse et qu'il leur était d'ailleurs très-facile d'éviter. Averti par l'électeur alors qu'une seule colonne avait franchi cette frontière, Napoléon n'en avait pas moins persisté à y engager le corps entier de Bcrnadotte, alléguant très-
CAPITULATIOH D*ULM. 325
firnsfemeiit < Timpossibilité de faire autrement ^ » Il écrivit quelques jours après au roi de Prusse pour s'eicuser sur Tignorance où il était^ en donnant l'ordre, de la neutralisation du territoire d'Anspach, autrefois ouvert aux belligérants ; mais le mauvais effet était prodmt. Ajouté à celui de la violation du territoire également neutre de Hesse-Cassel , il prouvait que Napoléon était incapable de modérer ses habitudes deviolenceetd'envahissement, même dans les conjonctures où il avait un intérêt capital à ne pas s'y livrer. Ses excuses furent très-mal reçues à Berlin , car il était impossible de les croire sincères. H. de Hardenherg^ en réponse à la lettre de Napoléon, afOrma positivement qu'il avait lui-même montré du doigt sur une carte à Duroc et à Laforêt les limites du territoire neutralisé*. Cet événement arriva fort à propos pour les coalisés qui avaient exaspéré le roi de Prusse par leurs menaces dans l'espoir de vaincre son indécision. Dans son irritation contre eux , ce prince avait ordonné la mobilisation de quatre-vingt mille hommes pour les porter sur la Vistule en face de larmée russe de Varsovie ; en apprenant l'afTaire d'Anspach, il les fit diriger sur sa frontière du Sud, annonça hautement qu'il exigerait une satisfoction et accepta une. entrevue avec Alexandre.
Napoléon connaissait trop bien la politique vacillante du roi de Prusse pour s*alarmer beaucoup de ses menaces; il s'exagéra toulefois la portée du coup de théâtre sur l'effet duquel il comptait pour re-