‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 13 sur 310 · LK CAMP DE BO17I.0GRS · texte numérisé non relu

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Telles, hait cents chaloupes canonnières employées plus spécialement à la défense des cdtet, enfin une qoantité innombratile d'avisos foDctiooaant comme ime sorte de réseau télégraphique, tel était le for- Biîdable annemeni' qui tout lia fois protégeait PAogleterre OMome un rempart mcnvint, bloqeait nos ports, et poorsuif ait sur les meors W)s escadres ftigitîves. Et pour donner une idée de Télan patriotique qui le secondait dans la nation entière, il soffh*a de nppeler qu'on homme oomoM Pitt, je yeux dire un bomme ayant acquis mille droits de croire qu'il fai* ait assez pour son pays en se bornant à tenir sa I^ace dans les conseils de l'Etat, usait les restes de sa Tie déjà visiblemeiKt atteinte à eicrœr chaque jour les 3000 volontaires qu'il avait enrôlés lui-même à Walmer Castle, et faisait \-cter jusqu'à cent cinquante canonnières par les localités environnantes. Quant aux dépenses que nécessitait on te! déploiement de forces, 0n y avait subvenu provisairement par un emprunt de douze millions de livres sterling (300 millions de francs), et par une augmentation de l'excise et de l'income-tax pour une somme presque égale à celle de I>m;>njnt. Ces ressources extraordinaires ajoutées à celles du budget énonce dont TAngU terre supportait dès lors, avec aisance, les charges écrasantes pour toute autre nation, devaient à la fois sufTire aux pre* mières nécessités et mettre le cabinet anglais à même

1. Je donne ici les icsoHab réalUcs après U rentrée de Pitt au mioisUre, car sous le cabinet précédent ils étaient «n peu inferie^ii à ce cliiffrc, comme on peut le voir par un discours de Tiemey en Ta^-eur de Tadministration de Lor>l Saint Vincent alors ckefde raiiiiniué: àimuël regigter for the year 1804.

de nous créer des diversions, soit en Europe, soit en France même.

A côté de ce tableau il convient de mettre en regard un rapide aperçu de nos propres finances et surtout des moyens à l'aide desquels on se proposait de couvrir l'excédant de dépenses occasionné par la guerre, car si les formules et les errements budgétaires de ce temps sont assez semblables à ceux du nôtre et ofirent peu d'intérêt pour l'histoire, il n'en est pas de même du mode employé pour la création et la perception des ressources eitraordinaires. Le budget voté en mars 1803, sous l'imminence de la rupture avec l'Angleterre, avait déjà prévu en partie les nécessités onéreuses dont cette éventualité nous menaçait; on avait augmenté de 89 millions les contributions publiques qui l'année précédente n'avaient pas dépassé 500 millions. Hais ce budget, quelque considérable qu'il fût pour l'époque, était bien loin de suffire aux dépenses qu'exigeait une aussi colossale entreprise. Pour celui qui l'avait conçue, et sur qui seul en devait retomber la responsabilité, il n'y avait que deux façons honorables et régulières d'en couvrir les frais, c'était d'adresser un loyal appel à la natjpn soit pour un emprunt, soit pour une augmentation d'impôts. Puisqu'elle voulait la guerre, on le disait du moins, elle devait savoir ce qu'il en coûtait pour la faire et être prête à en payer le prix. Mais le Premier Consul avait; a-t-ondit, un grand goût pour l'économie, et un emprunt répugnait à ses principes. Ses principes s'accommodaient pourtant d'une foule de procédés beaucoup plus scabreux, et il n'est pas difficile de découvrir ici son vrai mobile. Que fût devenue la popularité

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de cette guerre, que fût devenue surtout celle de son auteur s'il avait fallu énumérer à Tavance les sacrifices de tout genre que le pays eût dû s'imposer? On peut sans crainte demander des sacrifices pour une guerre nationale, mais il est dangereux d'en réclamer pour une guerre d'ambition. Entre Bonaparte et la tnrb'jlente démocratie qui applaudissait à tous ses projets militaires, il y avait dès lors un pacte tacite : il pourrait à son gré la jeter dans la guerre, mais à ia condition qu'au lieu d'en sentir le poids, elle n'en connaîtrait jamais que les avantages.

Le Premier Consul n'avait d'ailleurs malheureuse* ment plus aucun effort d'invention à foire pour créer UD supplément gratuit de ressources à nos finances insuffisantes : sa conduite passée lui offrait à cet égard tous les expédients dont il pouvaitavoir besoin. Dans la première guerre d'Italie il avait relevé par ses exactions le trésor épuisé du Directoire; mais, bien que perçues sur des populations que nous étions censés délivrer, ces contributions spoliatrices pouvaient dans une certaine mesure invoquer pour excuse l'axiome que < la guerre doit nourrir la guerre. > Mais dès son avènement au consulat ce fait jusque-là exceptionnel avait été généralisé; il était devenu normal; il avait été appliqué non plus en terre conquise ou en pays ennemi, mais chez les nations alliées. Les deux campagnes de l'année 1800 avaient été en grande partie préparées et soutenues avec l'argent de peuples amis devenus nos tributaires^ La paix avait diminué les charges qui pesaient sur eux, mais elle n'y avait pas

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