Napoléon à l'électeur de Bavière, 23 octobre
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ainsi que Fattette mie MIrrde V . de Tàlleyrand datée de Munich, le 27 octobre 1805 : c Plus d'empereur d'Allemagne! écrivait-il h M. d'Haoterive; trois empereurs en Allemagne : France, Autriche et Prusse. Plus de diète de Ratisbonne. » Il exposait ensuite les bases du Sffstème fédérât^ de la n^ince, le plan projeté des fieft relevant de la couronne de France; il énumérait les sacrifices qu'on allait imposer à l'Autriche , celui de Venise, du Tyrol italien, du Tyrol allemand, du Bri^au, de l'Ortenau, du Vorarlberg, de l'Autriche antérieure. Tout cela, disait-il, contre mon avis. Talleyrand avait en effet vainement essayé de combattre ces idées aventureuses de Napoléon. Il voulait que l'empereur renonçât définitivement à gagner lalliance toujours trompeuse delà Prusse, qu'il s'attachât l'Autriche en se montrant généreux après la victoire. Pour s'en faire une amie, il suffisait selon lui de tendre la main à cette puissance vaincue, et de lui offrir des compensations pour les sacrifices qu'on était en droit de lui demander. Elle céderait Venise qui serait déclarée indépendante, et ses enclaves de la Souabe, cause étemelle de discorde ; mais Napoléon, de son côté, renoncerait à la couronne d'Italie, il s'engagerait à faire céder la Valachie et la Moldavie à l'Autriche, que ces deux acquisitions brouilleraient avec la Russie. L'Autriche parla force des choses, deviendrait ainsi notre alliée naturelle*: elle serait détacliée de l'Angleterre; les Russes seraient rejetés en Asie;
1. 0% idées sont exposées dans nne lettre de TaUeyrand à M. d'Hauteme, à la date du 11 octobre 1805. H les avait déjàdéveloppées dans un Mémoire adressé de. Strasbourg à Napoléon : Mignet, Notice sur Talleyrand,
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et la paix du continent serait assurée pour plus d'an siècle.
Ce système d'alliance pouvait être discuté, il était permis d'en préférer un autre^ mais ce que Talleyrand sentait avec la justesse habituelle de son jugement, c'est qu'à tout prix il nous en fallait un, sous peine de rester isolés en Europe et de voir sans cesse remis en question le résultat de nos victoires. Cette nécessité. Napoléon l'admettait voTontiers en principe, mais lorsqu'il falla ten venir à l'apj lication,ses convoitises démesurées l'empêchaient toujours de faire les concessions qui seules eussent pu lui assurer le concours sérieux et durable d'une puissance européenne.
Telles étaient les ambitieus s pensées qui occupaient l'esprit de Napoléon, lorsqu'il quitta Munich pour marcher sur Vienne. Cette capitale n'était plus couverte que par la faible armée de Rutuzoff, d'environ quarante mille Russes*, auxquels s'étaient joints quinze à vingt mille Autrichiens sous les ordres de Kienmayer et de Merfeldt. Ces troupes épuisées par de longues marches, étaient hors d'état de nous disputer le passage des nombreux aHluents du Danube qui, de distance en distance, formaient une barrière naturelle facile à défendre même contre des forces supérieures. Lorsque l'avant-garde de Bernadette parut sur l'Ion, elle trouva l'armée austro-russe en retraite sur tous les points. Cependant KutuzofT, par condescendance pour l'empereur d'Autriche qui persistait à espérer, contre toute vraisemblance, que l'archiduc Charles arriverait à temps pour couvrir Vienne , consentit