‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 142 sur 310 · Amiral Jurien de La Gravière : Guerres maritimes · texte numérisé non relu

Amiral Jurien de La Gravière : Guerres maritimes

362 HISTOIRE DE XAPOLÉON I".

terait sur l'arrière-garde. Ces dem points inTntiv successivement par toute la flotte anglaise, se trouveraient ainsi «nvelopp^s et séparés du reslede l'armée, et cm aurait le temps de rédotre ou d'anéantir touTr celte partie de l'escadre combinée avant q«e Taotre pût venir à son secours. Il réservait la part ïa plus facile de cette double tiche à son collègue et ami Collingwood, qui devait avoir sur notre arrière-garde une telle sapilriorité de forces, qu'une partie de ses vaisseaux deviendrait promfrt-oment disponible pour aider Nelson dans la lutte inégale qu'il aliaîl engager contre le reste de notre flotte. I.'amrral lerminail ses instructions par cette belle recommandation dont le principe est vrai sur tous les champs de bataille, sur terre comme sur mer : • Qami atti capKaînes qwi pendant le combat, ne pourront apercevoir les signaux de l'amiral, ils ne peuvent mal faire dès qn^ls ptarent leur vaisseau bord à bord aTcc un var»seiu ennemi.»

Ces paroles étaient la traduction ei.Trtp de celles que dans le même moment ViHenenve adressait k l'escadre combinée : ■ Tout capftaini! qni n'est pas tii l'eu n'est pas à sf)n poste, disatt-il de son côté; et on signal pour le rappeler serait pour lui une tache déshonorante. ■ Villeneuve avait en partie prévu h manœuiTe que méditait de lui opposer Nelson, mais 11 ne pouvait songera adopter une nouvelle tactique arec des vaisseaux dont quelques-uns allaient apparelUCT pour la première fois, et qui étaient tout au plos capables de se conformera l'ancienne. 11 résolut donr de s'en tenir à une méthode éprouvée qui laissait du moins à chaque vaisseau toute sa valeur, et qui eût

eu d'ailleurr ses avantages vu la système adopté par NelsoB, si notre infériorité accablante ne noue avait pas placés dans une situation où toutes les méthodes étaient forcément défectueuses. Après avoir achevé sej préparatifs avec le calme et la résolution d'un homme pour qui un parti même désespéré était devenu un bienfait, Villefleuve sortit de Cadix le 20 octobre, se dirigeant du nord au sud, à la rencontre de Nelson, qui croisait au large, à la hauteur du détroit de Gibraltar. Nelson averti par une frégate, se mit aus^ sib&t en marche pour nous rejoindre . Pendant la n uit, les deux flottes se rapprochèrent sensiblement, éclairant leur route avec des feux de Bengale. Le 21 octobre, à la pointe du jour, notre flotte découvrit Tennemi à environ deux lieues et demie à Touest, position qui lui donnait sur nous l'avantage du vent, car le vent soufflait de l'ouest On apercevait au sud-est, à une distance de quatre lieues, le cap Trafalgar. Villeneuve fit aussitôt le signal de former la ligne de bataille ; il y rangea en avant-garde les vaisseaux de Gravina qui avaient jusque-là formé une escadre d'observation, ne veulant pas, sans doute, qu'un corps séparé pût invoquer un prétexte quelconque pour ne pas combittre, comme cela s*était vu tant de fois dans nos batailles navales. Il plaça à l'arrière-garde le contreamirai Dumanoir, et lui-même prit position au centre. Cette longue ligne, formée de trente-trois vaisseaux, inurehait ainsi du nord au sud, le cap sur Gibraltar, pendant que l'armée de Nelson s'avançait de l'ouest

ir deux colonnes, A la direction même que prenait l'escadre enne-

iiie, Toril exercé de Villeneuve ne tarda pas à péné-

^^- = r rr xapoléon i*'.

^ T ^•«rt^ «1^ >^jMto- Il comprit qu'en portant le

^^ -<^ il- ** ibrees sur notre arrière-garde, son ^^^,„^<«^ rVKlit p^ seulement pour but de l'isoler «>; . 4* i ji^rare plus facilement, mais qu'il songeait •«.jw^ «m^ à nous couper notre retraite sur Ca- ^^ 1 i( aussitôt virer de bord à sa flotte, qui se :^w««t ait^i avoir le cap sur Cadix au lieu de l'avoir sur ,:^>tiitzir« en sorte que l'avant-garde devint l'arriëre- ^Knvif ec réciproquement. Par suite de ce mouvement «Nvcv^rsion, notre flotte gardait sa retraite sur Cadix, 4% !.^ points d'attaque des colonnes anglaises portant ^or une ligne qui se mouvait non plus du nord au >jd mais du sud au nord, furent nécessairement changés à notre avantage. Déjà les deux colonnes s'approchaient avec une vitesse ralentie par la faiblesse du vent, ayant à leur tcte leurs deux vaisseaux amiraux, le Victory que montait Nelson, et le Royal-SoU" rc'ujn qui portait le pavillon de Collingwood. Chacun d'eux s'avançait toutes voiles déployées, à une grande distance en avant des trois ponts qui venaient le plus près derrière lui, comme pour s'offrir seul aux coupsde toute notre flotte. Cette magnifique audace, objet d'admiration pour ceux mêmes qui allaient en être les victimes, a été souvent blâmée comme contraire à toutes les règles de la tactique navale : il est certain qu'à (égalité de forces, elle n'eût eu d'autre résultat que d'exposer le vaisseau ainsi isolé à être écrasé de feux par la flotte ennemie avant l'arrivée du reste de la colonne; mais elle était justifiée par notre faiblesse, que Nelson connaissait aussi bien que Villeneuve, et par

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