‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 143 sur 310 · Ilapport de l'amiral Villeneuve^ en date du 5 noveml'rc · texte numérisé non relu

Ilapport de l'amiral Villeneuve^ en date du 5 noveml'rc

cela même elle était un trait de génie. Il agissait avec la certitude de sa supériorité, conGant en ses forces comme un géant qui aurait à lutter contre des nains. Avec les avantages qu'il avait sur nous, les précautions ordinaires de la tactique n'étaient pour luiqu*une perte de temps et une gène inutile; on ne pense ni aux règles ni aux ruses de guerre quand on n'a qu'à étendre le bras pour abattre son ennemi.

La manœuvre de Villeneuve avait forcé Nelson à renoncer à couper la retraite à toute la flotte combinée ; il voulut tout au moins la couper à notre centre et i l'escadre de Gravina devenue l'arrière-garde. Pour y parvenir, il se décide à percer notre ligne au centre Ters le point où se trouve notre vaisseau amiral le BucefUaure ; il laisse à son ami Collingwood le soin d'envelopper et de réduire les vaisseaux de Gravina. Quant à notre avant-garde commandée par Dumanoir, il la néglige dans !a conviction qu'elle n'arrivera pas au combat en temps opportun. Toutes ses dispositions prises, Nelson descend dans sa cabine, il écrit i genoux sur son journal une courte prière dans laquelle il demande à Dieu la victoire en le suppliant < de ne pas permettre qu'aucun Anglais oublie les droits sacrés de l'humanité; > puis il ajoute à son testameiit le codicille dans lequel il recommande à Tàngleterre la femme que son amour a immortalisée, ainsi que sa fille Horatia Nelson; cela fait, il remonte sur le pont; il adresse à son escadre le fameux signal dont l'héroïque simplicité électrisa ses marins : « l'Angleterre compte que chacun fera son devoir. >

Il était alors près de midi. U Royal-Sovereign de CoUingwood arrivait toutes voiles déployées sur notre

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Ihîue, vers le point où rarrière-garde se rattachait au mitre, avec pris * *'°S* minutes d'avance sor la colonne dont d formait la tête. Il essuie le feu croisi* des Taîsseaux de Cravina sans y répondre et sans ralentir sa marche, jusqu*au moment où perçant notre ligne entre ie Fougueitx ei le Santa-Aniw, il fiait feudi' jet trois étages de canons sur la poupe de ce dernier vaisseau. Celte effroyable décharge a mis d'uu seul 0M) qv^re cents hoinmes hors du combat. Le Fouqui a reçu en même temps sa bordée de tribonl en souffrir au t:int, s'attache aussitôt à lui, avec autres vaisseaux, pour lui faire Idcher sa proie ; ie Ikyal'Sovercifjn soutient sans désavantage cette lutte inégale, et bientôt h BeUeLsle et les autres troispoots de la colonne de Collingwood viennent le soa- OBflîr en pénétrant à leur tour dans la brèche qu'il a Mferte.

Pendant ce temps, Nelson s*étiit élancé sur nttn* centre à la tète de la colonne gauche. Comme le Moyai- Swtrtûjn, le Victonj avait essuyé le feu de toute Mkre ei>cadre sans en éprouver de tories avaries. Résolu à la l'ois h combattre corps à corps le Buctntaun qae montait Villeneuve, et à faire dans notre ligne Me seconde trouée pareille à la première, Nelson a^iit d'abord fait diriger son vaisseau sur l'avant du Bmctntaure^ où Villeneuve avait tout fait préparer pour «n combat à l'abordage; mais trouvant la ligne inpènétr able sur ce point, grâce à la présence de te San- HuimarTiinidad^ il change brusquement de direction, (1 passe derrière le Bucentaure, en vomissant sur lui plusieurs décharges successives qui fracassent son arrière, démontent ses canons, couvrent son pool de

te et da. kteiét.. ft ft'awiae aBsûte i«n fe Ik* \§tkt, Insiant auiL ftavûres* qui vieBMnt deri loi la loîo d'acbfiTer la défiuite da JittfdtMaiire. U mtÊblé était canmandé par le eapttaûie Lueasi^aa tiOciBn lea plua infarépàdes da la flotta fmofaia^; tadt trèfr-înCArieui: u ajtJUevie aie Ftctory» mak; ÉHâ avttt dé}à pcardn ptua de daqaaiitQ hawianT WÊt éqjaipdgàf et ka deaz rauegaux s'étaut aocca- ^ kerd k bord» raitiUeriia ae pomait pUia jaaer I ce coaabat quf un rAki tnëe-aeeoiidaîiia. Lea baiMe lainufalite aoyat ganûea da tinûlleiiri', 1$ Victory, enaatdépûWUi népond faiMeweeit à cette fii«l- I meurtrière; ses marins tombent eu irale sans ffoir riposter à des ennemiaiaRriaiUas; aoD poat est idé de sang et jonché da cada.Tres. Calme au aaida cette seèoe de boudierie^ Nelson en grande la d*amiral et paré de tous set ordres se praaia- \ WÊT le gaillard d'arrière avec la capitaine Hardy, ■nageant de sa présence les déJenaeuis da Ft&u Tout à coup il. chanoelle, et s'affaaae a» loina« Clne halle partie dea kunei dn BedouiêMB, ka lui aToir tranrccsa i'épaule et la paîtrine^ lui it brisé l'épine doiaale. Le capitaine déaaspÀ*é ae dpie pour le reloTar : « C'est fut da aïoi^ Hacdy , Éi Nelson, ils y onienfiii réoasi l »

i capitaine Lacaa if aore qaeUe perte iinnienfe il AéB iairaépoouaer à f Angklcxre, mai» il voit le L du Ftciory poesque entièremcatdégarm de camaate^etjage lamaaent venuda s'ëlanoarà l'abar- B.llaia la Janta muraille du FiMru, Tatanau à trais la^cjM doBiiae buBidautabh, reBdl!eflcalada diffi- ,.et lea ariiUœrs anglais aocoums suck pantde

• frtwnffeo* ce premier assaut. Lucas s'ap-

jjiir naTirCi ^^^^^ jn second au moyen d'une de

pr£te à leof .^ comme un pont entre les deux

les ^^^**^,fe -Il moment où sa colonne d'assaut

jjbflicD»» ^ Ygmérme accouru au secours du vais-

f>'P'*'^ hrittfuiique, prend le Redoutable par le

** w'Diie seolc bordée renverse deux cents hom-

^'*'*'*i rfP^^ aussitôt sa manœuvre, foudroie de

"^' k ]i^0uiablt^ le dém&te, le crible de boulets

■•'*^ jBstanl change tellement la fortune du com-

^ ^aût J'Wroî*!"® capitaine est réduit à se rendre,

^*^^^ perdu cinq cent vingt-deux hommes tués

'^ k même moment, /a Sania Amia, ayant perdu

. fltf mits et une grande partie de son équipage,

^Î4:i au Royal'Sovercign. L action était engagée

^ppif one heure et demie à peine, et notre ligne

«gji jieicee au centre et à l'arrière-garde par deux

^j^nots trouées, par lesquelles les deux colonnes an-

^jj^ avaient passé tout entières pour nous prendre

!^te à revers, chaque vaisseau choisissant son ad-

^•«tinî d'après Tordre de marche, et ne lâchant

y^ qu'après l'avoir enlevé ou détruit.

Xotre avant-garde, sous les ordres de Dumanoir, ^(restée httacte. En se conformant à l'esprit des in- ,^iictions de Villeneuve, qui prescrivaient a^ant tout à gii« vaisseaux d'accourir au feu comme à leur vrai |Osle, cet officier aurait dû rabattre son corps d'armée larla colonne de Nelson à mesure qu'elle avançait sur totr centre ; il n'exécuta son mouvement que trèslard, sur l'ordre exprès de Villeneuve, et, avec une extrême lenteur, soit qu'il fût cor- trarié par le calme, ainsi

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qu'il l'allégua plus tard dans son mémoire justificaiifj soit qu'il jugeAt dès lors que cette manoeuvre le perdrait lui-même sans sauver le reste de la flotte. Ciompro* mise en effet dès le commencement par le succès de la trouée de Nelson , notre flotte avait vu se renouveler sur plusieurs points à la fois et avec une aussi fâcheuse issue, le duel du Yictùry avec fe BedoU' table et du Royal-Savereign avec la SarUa-Ànna. Partout DOS marins avaient combattu avec une admirable intrépidité, mais partout aussi leur inexpérience avait trahi leur courage, et ils avaient été écrasés par la supériorité de leurs adversaires dans la manœuvre et le service de Tartillerie. On avait vu le Fougueux^ commandé par un des officiers les plus braves de l'armée, le capitaine Baudoin, succomber en quelques minutes, foudroyé, anéanti par les formidables batteries du Téméraire. Presque en même temps, Magon était tué sur l'Algésiras incendié, dont toute la mâture s'écroulait avec fracas, pendant que les Anglais s'élançaient à l'abordage au milieu des flammes. A l'arrièregarde où les vaisseaux espagnols se trouvent en plus grand nombre, Gravina est blessé à mort sur son vaisseau-amiral; ^ San-Juan-NepomucenOj le Monarca,l'Arg(mauta succombent successivement sous les coups de la division de Gollingwood, et, après eux, huit vaisseaux se rendent à l'ennemi ; le reste se retire lentement du champ de bataille pour rentrer à Cadix. Au centre, le Bucentaure tenait encore avec la Santissima-Trinidad. Le malheureux Villeneuve, qui voyait arec douleur se réaliser le désastre qu'il avait tant prédit, espérait n'y pas survivre ; mais il faut qu'il y assiste jusqu'au bout, la mort ne veut pas de lui.

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Placé sur le point même par où pénétrait la: colonne de^ Nelson, il essuie successivement 1« feu de onze vaisseaux anglais *, qxû lui tuent ou blessent près de trois cents hommes ; tons ses mâts sont tombés. les uns après les antres^ et en tombant, ils ont obstrué la batterie de tribord, la, seule par laquelle il pùf faire du mal à Tennemi. Toute résistance devenant alors inutile, il veut faire mettre à flot une embarcatioB pour se rendre à bord d'un autre navire et continuer le combat, mais ses canots ont été écrasés par la chute de la mâture; il fait héler la SanUsdma^Trini^ dad pour lui en demander un ; ses cris se perdent dans Thorrible tumulte de cette scène de destruction; il se rend aux Anglais pour sauver le reste de son équi' page.

L'action était presque terminée, lorsqu'une épouvantable détonation fit tressaillir les plus résolus; c'était l\tvhiiU' qui venait de sauter à demi dévoré par les tlammes, aprts avoir refusé jusqu'au bout d'amener son pavillon. Il était environ cinq heures et demie. Des trente-trois vaisseaux de la flotte française, dix-huit étaient aux mains des Anglais, onze se retiraient péni* blcmentsur Cadix, quatre autres se dirigeaient au large conduits par Dumanoir, qui ne les déroba à ce champ de carnage que pour les faire tomber, le 5 novembre suivant, daos une croisière anglaise à laquelle il dut se rendre après une courageuse résistance. Les Français avaient perdu plus de sept mille bommei^ les Anglais à peine le tiers; mais ce triomphe, quelque glO' rieux qu'il fût pour eux, n'en était pas moinacroelle-

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