I. Rapport da major général Contamine
ment acbeté, car ils le payaient de la vie de leur plus grand homme de guerre, et la désolatiœi des vainqnenrs égalait le désespoir des vaincus^
Le héros movrant put encore aourire A sa demière fictoire. Il semblait retenir avec effort la vie qui<lui échappait, afm d'assisterànotre défaite. Mjàen proie àragonie, on leTÎtae réveiller tout Ji ronp au bruit des hourras qui saloèrent la chute du Buoêntaure ; il Ut iRenîr uBe première fois le capitaine Hardy , et je smdevant à demi sur sa couche : < Eh Meii I lui dit-ril, la jonraée est^He & nous? i et sur l'assurance que lui donne son ami, un long soupir s'échappe de sa poitrine oppressée. Il lai recommande cdors de faire mouiller la flotte avant la nuit, car dès le matin il atait prévu une tempête, puis l'attirant vers lui : «ïbardy, lui dit-il d'une voix faible, je suis un hojome mort... encore quelques instants et c'est Cni... écou* tez Hardy, quand je ne serai plôs, coupez mes cheveux et portez-les à ma chère lady Hamilton... et ne jetez pas mon pauvre corps à la mer I » *. Quand la bataille est terminée, Hardy revient vers le mourant ; il lui apprend toute ia grandeur du triomphe; un dernier rayon brille dans le regard de Nelson : « Grâce iDieu, murmrore-t-il, j'ai fait mon devoir, » et quelques instants après il expire au milieu des sanglots des assistants.
Le soir, la mersoulevée par une affreuse tourmente, engloutît une partie des vaisseaux capturés par les
â I. U rapport de Collingwood (en date du 22 4>ot«bre mw hrdi I (k VAméroMié) rend pleinement justice à Villeneuve et à la bravoure hautement hotiorahle de nos offigers. (Annudl RegisUr, IBd5.) 7. Robert Sotilhey : Ufeof Nehrm.
..:i£ DE NAPOLEON I".
.; WiiS de ceux des nAtres qui gagnaient Ca- -^ :... jiiâès sur des rochers, tout près du port. ^ . li\» échappèrent seuls au désastre ; ils restè- . bloqués à Cadix jusqu'à l'époque où ils tombèrent . pouvoir des insurgés espagnols. Ainsi finit cette siu5tre journée de Trafalgar, dans laquelle tant de nobles vies furent sacrifiées à Taveugle et perverse in&tuation d'un seul homme. Tous ces flots de sang avaient été répandus non -seulement sans nécessité, mais sans même un prétexte. Cette immense hécatombe n'avait eu d'autre cause qu'une bravade, un caprice et la blessure d'orgueil qu'avait ressentie Napoléon pour avoir un instant subi la prudente détermination de Villeneuve. 11 voulut qu'un profond silence ensevelit jusqu'au souvenir de l'horrible catastrophe qu'il venait d'attirer sur la France. Loin de reconnaître qu'il s'était trompé et de chercher à réparer les maux qu'il avait faits, il prit en haioe les témoins de ce démenti infligé à l'infaillibilité de son génie, et ne pouvant songer à faire disparaître le petit nombre de victimes qui avaient survécu au désastre, il s'efforça, autant qu'il était en lui, d'effacer toute trace de leur glorieuse infortune. Il dissimula honteusement leur défaite qui était la sienne ; il organisa contre eux la conspiration de l'ingratitude et de l'oubli; il confondit dans la même disgr&ce les héros avec les lâches, et n'eut pas une seule récompense pour tant de traits éclatants, pas une consolation pour un malheur si peu mérité, lui qui parlait sans cesse d*honneur et de vertu militaire!
A quelque temps de là, dans les premiers jours d'avril 1806, Villeneuve, relâché sur parole par les
Anglais qui Tavaient traité avec tous les égards que méritaient son courage et son malheur, débarquait obscorément à Morlaiz. Le rapport qu'il avait adressé le 5 novembre précédent, à bord de la frégate anglaise FEuryalw^ au ministre de la marine sur la bataille de TrafalgaTi se terminait par ces paroles touchantes : c Quant à moi, pénétré de toute retendue de mon malbeur et de toute la responsabilité que comporta on si grand désastre, je ne désire rien tant que d'être bientôt à même d'aller mettre aux pieds de S. M. ou lu juitificcUion de ma conduite, ou la victime qui doit être immolée, non à l'honneur du pavillon qui, j'ose le dire est resté intact, mais aux m&nes de ceux qui auraient péri par mon imprudence, mon inconsidération ou l'oubli de quelqu'un de mes devoirs. * C'était cette justiGcation que Villeneuve apportait, et [amais homme écrasé par une implacable fatalité n'y mût eu plus de droits que loi; mais on ne voulait que de la victime; car si Villeneuve était innocent, qm donc était le coupable? Il alla jusqu'à Aennes, et là, il attendit dans une chambre d'auberge la ré-. pense de Decrès à une lettre qu'il lui écrivit pour le prévenir de sa prochaine arrivée à Paris et de ton intention d'en ippel^r à la justice de lempereur. Ce que fut cette réponse il est trop facile de le deviner. Decrès estimait son ancien ami, mais il était courtisan et ne se souciait pas de se compromettre pour 16 défendre. Le 22 avril, on trouva Villeneuve étendu sans vie dans sa chambre et frappé de six coups de couteau dans les régions du cœur; la lame enfoncée d'une main sûre était encore tout entière dans la blessure. Ce fut là sa seule réplique à l'ignoble insulte
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au p *^^,«»-t**r»^*^ «îwsait àsa femme : « Ma
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^ qui m'est attribué et auquel
^^ms^^'S^ ^^'5 mourir!... Vis tran-
^^P^ .iwt A^awlatlons des doux sentiments
,0 .tfnjBent; mon espérance est que tu
1^^ ^ .^wtf qui m'est refusé. Adieu, sèche
I, ^^^ m Ji^ «"^ auxquels je puis être cher.
"^' ►. M ne puis. Quel bonheur que je n'aie
■r 'Ttufiilirmon horrible héritage et qui
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, * ^ » "w^ ^^ "*^ «om/ Ah je n'étais pas né
j "^..iti: sert, je ne l'ai pas cherclié, j'y ai été
li. Adieu, adieu... >
$ impressions qu'avaient fait naître la
! el la sanglante tragédie de Vincen-
iotxre si mal eflacées, qu'on ne voulut
^»^ ju >uicide de Villeneuve. On raconta que
ie DiHîrès et à Finsligation de Napoléon,
Itf capitaine du Bucentaurc, qui était revenu
en même temps que Villeneuve» avait
««rcbirger du meurtre; et ces rumeurs fu-
HiMrtantes, qu'après la chute de TËmpire,
liiciwit-sous le titre de Notice nécrologique sur
.iréritable mémoire justificatif pour re*
Imputation calomnieuse. Aux attesta-
tOB ifu'îl invoquait pour lui-même et
pour DecrëSy il joignit les' témoignages les plus hono* raMes et les plus touchants pour la mémoire dU' eimr ef ban amirai^.
Peu de temps auparavant déjà, la mort du capitaine Wright avait donné naissance à des bruits analoguesL Ces bruits étaient probablement faux, mais par cela seul que le régime impérial n'offrait aucun moyen léguai d'éclaircir la vérité, par cela seul qu'il rendait toute publicité et tout contrôle impossibles, les soupçons devenaient légitimes, et Thistorien n'a pas le Aroit de les passer sous silence, car ils peignent mieux que toute autre circonstance l'état de déiiance ^ d'intimidation où se trouvait la nation vis«à*visde son gouvernement. Wright était ce capitaine de la Biarine anglaise, qui avait débarqué Georges et ses compagnons à la falaise de Biville. Tombé depuis éans nos mains ht la suite d'un naufrage, Bonaparte Pavait fait enfermer au Temple et traiter comme un OMDplice de la conspirc^on, bien que le capitaine ofeùt fait qu'obéir aux ordre» de son gouvernement, somme tout militaire eût agi à sa place. Interrogé Imv du procès de Moreau, il avait invoqué sa consigK d'officier de marine et demandé à être traité en prisonnier de guerre, en déclinant toute explication ■I SQJet des ordres qu'il avait reçus. Wright était un ■arin des plus distingués; il avait été le compagnon daSidney Smith à Saint-Jean d'Acre; il était resté nraiBi intime ; il avait été insulté en plusieurs oc cuioDS par le Moniteur, conmie le dernier des assasriot, et dans ses conversations coîonie dana sa eorres-