I. Rapport do prince DolgorotH^i
3S4 HISTOIBK DS IIAPOLÉOII JT.
j. eolmrdir sos^ omemis, et des deoz côtés am ne songea plasqttik combattre.
Lfis^ positions que Napoléon avait occopécs pour y aUeniire le choc des coalisés, étaient admirablement ciioiSKS pour l'attaque comme pour la défense. Adossées i la citadelle de Brûnn, qui devait» ao besoin, assurer leur retraite sur la Bohême; couvertes, sur leur gauche, par des collines boisées presque impénétrables, sur leur front, par un ruisseau profond qui formait de loin en loin de larges étangs, nos troupes étaient retranchées dans l'angle presque droit que forment les deux routes qui partent de Brûon pour aller Tune à Vienne, l'autre à Olmûtz. Elles occupaient tous les villages qui bordent le ruisseau, de Girszkowitz à Telnitz, où commence la région des étangs. Devant notre centre, au delà du ruisseau, s'élevait le plateau de Pratzen, position dominante et avancée, au delà de laquelle on apercevait au loin le vil* lage et le château d'Austerlitz, qu'occupait déjà Tarmée des deux empereurs. Napoléon avait posté à sa gauche, autour d'un mamelon que nos soldats avaient sur* nommé le Santon, le corps d*armée de Laones, à cheval sur la route d'Olmiitz; à sa droite, de Telnitz à Robelnitz, il avait placé le corps de Soult; à son centre, vers Girszkowitz, celui de Bernadotte, arriTé la veille de la frontière, de Bohême; et, avec lui, h cavalerie de Murât. Lui-même formera la réserve avec sa garde et dix bataillons commandés par Oudi* not. En arrière de son extrême droite, à RaygerO; dans une position tout à Tait excentrique , il détacb^ Davout avec la division Priant et une division de cavalerie, pour les rabattre, au moment décisif, sur
la gauche des Russes. L'ensemble de œs troupes montait, quoi qu'on en ait dit, à un total au moins égal i celui des alliés, car les trois corps d*armée de Sonlty de Bemadotte, de Lanues, quelque réduits qu'on les suppose par leurs pertes et leurs détachements, ne pouvaient pas s'élever à moins de quinze à vingt mille hommes chacun ; la garde et la cavalerie de Horat formaient vingt mille hommes au moins, et le détachement de Davout en comptait huit mille *. Cette position, presque inattaquable de front, était faite pour suggérer aux alliés la tentation de couper i Nqioléon la route de Vienne, en tournant sa droite, et en le séparant ainsi du reste de son armée qui était restée cantonnée dans les environs de cette capitale. Mais cette opération, déjà fort hasardeuse si on l'entreprenait, même à distance, par une série de mouvements stratégiques, avec des forces seulement égales aux siennes, devenait une tentative de la plus folle témérité, du moment oii on la risquait sous les yeux d'un ennemi si redoutible, à la portée de ses canons, et sur le champ de bataille même qu'il avait choisi. Tel est pourtant le plan auquel osa s'arrêter Weyrother, encouragé sans doute par la faiblesse miparente et calculée des détachements de notre droite vers Telnitz et vers les abords de la route de Vienne. Pour l'engager de plus en plus dans cette voie périlleuse, Napoléon avait non-seulement dégarni sa droite, mais laissé inoccupé le plateau de Pratzen, espèce de promontoire élevé qui s'avançait vers le
I. M. Tbiers dit : 65 à 70 000 hommes. Napoléon, qui offre sur ce point beaucoup de contradictions, dit toutefob, en parlant de l'illumination que lui improvisèrent les soldats : SO 000 hommes.
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centre des deux armées, et du haut duquel il eût pu r«ndrc très-dilScile ce mouvement touroanl de l'srmée austro-russe. Les alliés s'Établirent sur le plateau, mais en Icrces insufCisanles, sans soupçonoer l'importance de cette position et le rôle qu'elle allait jouer dans la bataille qui se préparait. Pendant toute la soirée du i" décembre, leî Russes commencèrent leur mardi!? de flanr, prolongeant notre ligne, à deui portées de canon, sur une longueur de quatre lieues, pour tourner notre droite. Napoléon, du liautde son bivouac, les vit avec un transport de joie courir aud&vant de leur perte. Il les laissa opérer leur raoavement sans rien faire pour y mettre obsLicle, coBune s'il reconnaissait rimpo<sibilit4 de s'y oppoaer : wi petit corps de notre cavalerie se montra seul dans la plaine, et se retira aussitôt comme intimidé par te forces de l'enoemi'.
Napoléon avait vite comiuis, d'après ce début, que ses cfTorts, pour attirer l'attaque ennemie sur sa droite, allaient être couronnés d'un plein succèi. &a conviction à cet égard était tellement formée, que le soir même, dans la procUmation qu'il adressa lacs soldats, il n'hésita pas à leur annoncer \ que l'ennemi devait faire le lendemain à sss i et périls : * Les positions que nous occupons, iBV dit-il, sont formidables: et, pendant qu'ilt marehiraMt pour tourner ma droite, iU nie prcwiteroni ie flâne. Soldats, je dirigerai moj-mftme tous vos bataillons. Je me tiendrai loin du feu f\, avec votre bravoure aecoa-
tumëe, vous portez le désordre et la confusion dao^
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les raogs ennemis; mais si la victoire était on moment incertaine, vous verriez votre empereur s'exposer aux premiers coups!... » Cette prédiction, faite avec tant d'assurance, a beaucoup contribué depuis à accréditer le bruit, encore trèsrrépandu en Russie^, qu*une trahison avait livré à Napoléon le plan de Weyrother. Ce fait n'a assurément rien d'impossible; car, bien que le plan de Weyrother n*ait été communique aux généraux alliés que très-tard dans la nuit du i" décembre, i( a certainement été connu antériearemenl d'une partie de l'état-major. Mais Napoléon n'avait nullement besoin d'une telle communi- Alion pour pénétrer une faute dont il avait lui-même suggéré l'idée par ses propres dispositions, et dont il avait vu de ses yeux tous les développements préliminaires. Cette anecdote a donc peu d'importance, et ne pourrait être admise que sur des preuves formelles, qui n'ont pas été données jusqu'ici.
Après avoir (put observé par lui-même aux avantpostes, Napoléon voulut visiter à pied les bivouacs. Reconnu par les soldats, il est aussitôt entouré et acclamé. On veut fêter l'anniversaire de son couronnement : des bottes de paille sont bissées sur des perches pour une illumination improvisée, et une im«mense traînée de lumière, parcourant notre ligne, va iaîre croire aux alliés que Napoléon cherche à se dé-
1. Voir sur ce point la relalion du général Danilewski qui est trè^-afflrmatif à cet égard, et que M. Thiers contredit sans le réfuter le laoîDS du monde. Ce Inruit éuit unifersel à l'époque de Ut hitailk : « Personne, écrivait de Maisire, le 31 janvier 1806, personne ne doute ici que le plan de la bataille n*ait été communiqué à Bonaparte. » Cmreqnndance diplomatique publiée par Albert
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Le lemieiziaîs 2!iuf:i. i iêceiBbre ISCS, le soktl Le^vi» ifssira peu i zi^i jfs iipems qoî obscurcissaisi:: I^ ha2-fcc«fs« et oiccCn I ne i riolre les deoi armées sur le D«:f!it d'^n teuît m maii». Les Rosses -iTiiriit pres>|iie ectiêruiKct êiraccé le pîaleau de Pniics. et. aa fbod des ^aOtMis qii*il domine, on voyait dLsticctefce&t s*aTuicer leurs arionnes dans la direction de Teln^tz et Sokolnitz. Ces! pir li qu'ils espéraiect touroer notre dro:t% après aTcrir forcé la dîTisron Legrand, qiii gardait seole ce défilé. Le soin d'exécuter cette maooniTre capitale do plan de Weyrother avait été confié à Pépais Baxhœwden, général plein de braycare mais sans capacité, qui atait sons ses ordres on corps de trente mille bonunes et les généraux Langeron , Doctoroff et PrzibyszeTski ; ils doraient être appuyés par RoUowrath, qui occupait encore une partie du plateau. La droite russe, commandée par Bagration, faisait face à Linnes, en avant du Santon; au centre, vers Austerlitz, se trouvaient les deux empereurs avec leur garde et le corps d'armée
da prince Liechtenstein. RutuzofT, découragé, annihilé par l'espèce de fétichisme qu'inspirait aux Russes la personne sacrée du czar, suivait son maître en gémissant d'arance sur les malheurs qu'il prévoyait, mais sans rien faire pour les détourner. Bagration lui-même Y en lisant le matin l'exposé du plan de Weyrother, s'était écrié : < La bataille est perdue I ^ » L*armée alliée foYmait ainsi un immense demi-cer* de, qui s'étendait d'Holubitz à Telnitz, et qui fermait Tangle dont nos soldats occupaient le centre. Embcsqoée au fond de cette espèce d'entonnoir, resserrée sur un terrain étroit, attentive, immobile et repliée sur elle-même coînme le lion au moment où ii 8*appréte à bondir sur une proie, l'armée française attendait, dans un silence formidable, le signal de s'élancer sur l'ennemi. Lorsque toute la gauche des alliés s'est engouffrée vers les étangs, et commence à aborder vers Telnitz la division Legrand, que va bientôt soutenir le corps de Davout rappelé de Raygem. Napoléon, qui avait jusque-là contenu ses troupes, fait un signe, et les divisions de Soult se précipitent à l'assaut des hauteurs de Prcitzen. Elles y trouvent la colonne de Rollowrath, en marche pour rejoindre Buxbœwden ; en un instant, elles la prennent en flanc et la culbutent; elles abordent aussitôt après Tinfanterie de Miloradowitch, qui se présentait en seconde ligne pour la soutenir. Les divisions Yandamme et Saint-Hilaire, secondées par les brigades Thiébault et Morand, se jettent à la baïonnette sur les bataillons TvtMeB. Ceux-ci, arrêtés court au milieu de leur mon-