I. Danilew^ki
3^0 HISTCiaB DS XAPOLE03I 1*
Temefit, ne se tronivil ^pvrés pttraaaiBe réferve, attaqués à revers lorsqu'ils marciiaîeiil à une attaque de Iront, sont repoossés sur les pentes da plateau, soos les yeux mêmes de rempereor AleiaBdre,SQrpiis et consterné de la catastrophe iaprinie qui lienl de reoTerser son centre.
Pendant que N^Mléon frappait aiec sa rapidité accontomée ce coup décisif qui» dès k début de la Imltaille, aTait pour eâet de couper en deuc Tarmée russe à son centre même, ses autres corps d'armée, hardiment déployés par une marche en avant simultanée, renn plissaient avec ua succès presque égal le rôle qu'il leur avait assigné. A ncftre extrême droite, il est \Tai, la division Legrand, débordée par des forces quadruples, avait d abord été rejetéa au delà de Telûitz et de Sokolnitz, mais Davout n'avait pas tardé à accourir à son secours avec les divisioos Priant et Dourcier, en sorte que le mouvement rétro* grade de Legrand se trouva être un avantage piutM qu'un inconvénifot, puisqu'il avait engagé de plus en plus la gauche russe dans le piège où elle devaitsa trouver prise. A notre centre, Bernadotte a*élait poiié sur Blaziowitz; il avait attaqué la garde russe et le corps du prince Lieclitenstein, en même temps qpê Lannes, qui formait notre gauche, enlevait Uolubits» malgré les efforts de Bagration pour lui disputer cette position. Cette double irruption empêcha les RuMti de renforcer leurs troupes engagées à Pratieik Ls magnifique cavalerie de Lieçhtensteia , composée de quatre-vingt-deux escadrons, appelée d'une part sa secours du centre, et chargée de l'autre d'appu]fer Bagration, ne put pas ogir avec la suite et rensemble
qui eussent été nécessaire» à riaapukion (fone masse aussi irrésistible. Une partie de ses escadrons s'engage avec les uhlans de Constantin à la poursuite des chevau-l^era de Kellermann, au milieu de notre infanterie, qui l'écrase de ses feux; Tautre charge avec plus de succès la cavalerie de Murât, mais elle est bientôt ramenée , faute d^étre soutenue.
APratzen la brigade Kamensld, amenée de la gauche russe au secours du centre par le prince Wolkonski, arait rallié les débris des colonnes de Rollowratb et de Miloradowitch^ et rétabli un instant le combat. Alexandre avait enfin compris toute l'inportanoe de la posaessioa du plai4;» au, mais ses corps d'armée engagés loin de cette position, qui était le pivot de toute la bataille, étaient dans l'impossibilité d'envoyer à temps des renforts. Le vieux Kutuzoff blessé à la téie voyait avec désespoir se réaliser ses craintes, et comme on lui demandait si sa blessure était dangereuse : « Voilà, s'écria- t*il en étendant la main vens Pratzeoy voilà la blessure qui est mortelle ! » Assaillie en tête et en flanc par to ^ tes les divisions de Soult, la brigade Kamenski résiste héroïquement à nos attaques. Hais bientôt accablée par le nombre, réduite de près de moitié» elle est rejttèe dans les bas-fonds du côté de Birnbaum. Il (!tiit une heure de raprè»-midi; le centre des alliés était anéanti ; leurs deux atks coo^battaient encore, mais sans communicatioBS' et sans moyens de se rejoindre. Dans ce momeat critique la gude russe, dont la plus grande partie était restée jnsquo-lâ en réserve, s'avança vers notre esntre pour le refouler éL pour teiiter de reprendre ft reten les hauteurs de Prataen. Un de nos bataiUons est surpris
et culbuté par ses cuirassiers; mais la garde de Napoléon s'élance à son tour; les deux cavaleries se chargent avec furie dans un Combat acharné. Une mêlée corps à corps s'engage entre ces troupes d'élite ; mais elle se termine bientôt à notre avantage. Les chevaliers gardes sabrés par nos cavaliers reculent en désordre; et Rapp fait prisonnier le prince Repnine. En même temps un mouvement général de la garde et du corps de Bernadette fait plier la ligne russe qui est refoulée dans la direction d'Âusterlitz après un carnage affreux. Napoléon se hâte alors de joindre une partie de ces troupes à celles de Soult pour les rabattre toutes ensemble sur le corps d'armée de Buxhœwden.
Ce général poursuivant en aveugle son mouvement autour de notre droite avait non-seulement dépassé Telnitz et les défilés que formaient les étangs, mais il s'était avancé jusqu'aux environs de Turas, situé sur nos derrières, toujours bataillant avec des succès divers contre les divisions de Davout et de Legrand, et sans se préoccuper de ce qui se passait au centre. Rappelé par Us ordres les plus pressants, il lui fallait maintenant reprendre ce dangereux chemin sous le feu de toutes les divisions de Soult. La division Przibyszewski qu'il avait laissée à Sokolnitz y est entourée et forcée de se rendre. Il parvient à ramener jusqu'à Augezd la colonne de Doctoroff ; mais au moment où il en débouche, Vandamme tombe sur lui des hauteurs de Pratzen et coupe en deux sa colonne doot une fraction seulement peut continuer sa route pour rejoindre Kutuzoff. Le reste de la colonne de Doetoroff et toute celle de Langeron avec la cavalerie de Kien-
AUSTERLITZ. d9a
nayer sont refoulés an delà des étangs. Leur artillerie 'engage sur un pont qui se rompt; les troupes qui 'accompagnent se rejettent sur l'étang de Telnitz, :elé depuis ifodqnes jours. Mais Napoléon fait aussitét [iriger sur ces malheureux le feu de ses batteries. La [lace est brisée par nos boulets et par le poids d'une i grande masse; elle s'effondre subitement et pluieors milliers d'hommes sont engloutis vivants. Le Bndemain on entendait encore leurs cris et leurs génissonents. Il ne restait pour toute issue à Doctoroff t à Kienmayer qu'une digue étroite située entre les lein étangs de Melnitz et de Telnitz, et c'est par cette haussée, sous les feux croisés de notre artillerie, que es généraux exécutèrent leur retraite avec une fertieté admirable mais en essuyant des pertes immenes'.
Telles furent les scènes lugubres qu'éclaira le sokil 'Au^erlUx. Ces scènes avaient sans doute leur granemr comme toutes celles où se déploient le courage t le génie, mais rien ne pouvait désormais en eOacer horreur, car une seule chose a le privilège de purier et d'ennoblir un champ de bataille, c'est le triomhe d'une grande idée. Ici ce n'était plus un principe ni était en cause, mais un homme : nos victoires ne oovaient plus être que des tueries.
L'armée austro-russe s'était mise en retraite, non nr Olmûtz, comme Napoléon le supposa le soir de la ataille d'Austerlitz, mais sur la Hongrie, ce qui, selon
1. 30", 31% a2« et 33« Bulletins; notes de Napoléon sur le rapport t JLatozoflT; Relation du général Danilewski ; Relation du général anch ; Mémorial du Dépôt de la guerre; Rapport de Xutuzoff; mini; Mémoires de Rovigo.
394 HISTOIRE DE MAPOt^ÉON 1*'.
toute a|iparence, la sauva dfuA désastre ylos grand encore. Les Rosses avaient perào vingt et un mille bommes tués ou blessés; les Autriohiens près de six mille; cent trente-trois canonss ei mv sombre infini de drapeaux étaient restés daDS" nos mains. Nous avions perdu de notre côté, selon les évaluations les plus probables, environ huit raille cinq cenis hommes, car l'on ne peut voir qu'une dissitffulatîon des* plus puériles dans la supputation que contiennent à cet égard les bulletins de Tempereur (huit cents taés ei quinze cents blessés). Jamais Napoléon n'avait' encore remporté une victoire au5si foudroyante. On doH ajouter que jamais il n'avait été aussi bien servi par les fautes de ses adversaires; mais amener rettnemi à commettre des fautes c'est la moitié du génie de la guerre ; et c'est en quoi il excellait. La victoire de Rivoli avait été aussi brillante par la sûreté et la précision des manœuvres, mais les résultats avaient été loin d'égaler ceux d'Austerlitz. Ses* conséquences- immédiates équivalaient presque à TanéantissanMiit de la coalition européenne qui se trouvait pour kiag* temps réduite à Timpuissance. Quant à ses résultais lointains, ils eussent pu être plus saUs&kaats encore si une détestable politique n'était sans cesse venuetemettre en question les succès obtenus par ea j^rodigieux génie militaire. Mais jusqu'à la fin de sa carrière Napoléon devait prouver par son propre hèêê^ pie qu'il est un art encore plus rare et ploa diffidlt que celui qui consiste à savoir user de la victoire, c'est Tartqfui enseigne le secret de n'en pas-iboisn
accordant larmislicc ignorait tolalemen réelle des Russes; il avait môme suj.td(
meilleure qu'elle n'était, ^^^^^'^l^'^, suivre dans une direction opposée à œlle q suivie; en second lieu, la retraite dAlei
couverte par une armée q^^-^f 8^* f.
encore beaucoup plus forte que les deuxd
lesquelles Davout se préparait à l'assaiU
pour lui disputer le passage de la Mora
Napoléon lui-même qui écrivait dans
unième bulletin « que pas un seul homn
russe n'aurait pu échapper . éte.t bea,
afûrmatif dans ses lettres particulières, oi
tait de dire qu'Alexandre s'en urail diffic-
ce qui n'a pas du tout la môme signiQcal
Le but de semblables assertions est
Dour qu'on puisse les admettre sans exai
letins de Napoléon devenaient de plus e
, .i ^*.;fûcfPR adressés non plus fl
TRAITÉ DE PRESBOUBG. 397
fon intention de déconsidérer une armée brave quoique malhenrease, tout en exaltant sa propre générosité, était flagrante, et des complaisants pouvaient seuls s'y tromper. On doit en dire autant des paroles qu'il prêta à l'empereur d'Autriche dans le récit de son entrevue avec ce souverain : < La France, lui fit-il dire, a raison dans sa querelle avec 1* Angleterre... les Ang^8 sont des marchands qui mettent en feu le continent pour s'assurer le commerce du monde I > A la supposer véridique, cette divulgation d'un entretien eo&fidentiel n'était pas seulement une indiscrétion peu généreuse commise en vue de brouiller l'Autriche avec TAngleterre, elle était aussi une maladresse, car elle allait directement contre son but en laissant si bien voiries motifs qui l'avaient inspirée. Les actes de barbarie, les horribles dévastations que Napoléon attribuait calomnieusement à l'armée russe sur le territoire autrichien, les éloges outrés qu'il prodiguait au prince Jean de Liechtenstein le partisan de l'alliance austro-française au détriment de Gobentzel, le champion d'une politique nationale, à M. d'Haugwitz, dont' la vénalité était si connue au détriment de l'intègre Hardenberg qu'il osait accuser publiquement de ria^ voir pat été inaccessible à la pluie (tor * parce qu'il se montrait jaloux de l'honneur et de la dignité de son pays, toutes ces manœuvres si variées n'avaient qu'un flaul et m6me mobile, semer les haines et les divisions parmi les hommes et les peuples qu'il avait eus à combattre. Mais ces souverains, ces hommes d'État, ces diplomates n'étaient pas tellement novices qu'ils