‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 151 sur 310 · TRAITÉ PS PRESBOURG · texte numérisé non relu

TRAITÉ PS PRESBOURG

qv'ûB ufliU dfi la victoire avec modération et même avec gtoérosité. Il coiufeillait à Napoléon de se monter dément envers TAutricbe. Plus nos succès avaient été complets^ plus cette conduite était selon lui devenue iacile et politique, car elle avait d'autant plus de chances de nous gagner les sympathies de cette puissance que nous allions relever un ennemi réduit à la demîère détresse. Qu'on enlevât à TAutriche Venise •t lea enclaves de la Souabe, il y consentait, car c'était prévenir tout nouveau s^iet de querelle; mais il fallait en même temps lui donner d'amples compensations rar le Danube où nous avions tout avantage à la voir acquérir des provinces que convoitait la Russie; il fallait la rassurer en séparant les deux couronnes de France et dltalie ; il fallait même désarmer sa susceptibilité en laissant Venise redevenir un État indépendaatt au lieu de la rattacher à l'empire français. Grèce .& cm concessions, rAutricbe fortifiée par une guerre 0Ù aile devait trouver sa ruine nous aurait été attachée non-seulement par les liens de la reconnaifsance, naaia par ceux d'un intérêt durable ; notre politique n'aurait plus été une perpétuelle menace contre le système européen, et dans Téventualité d'une nouvelle guerre nous trouverions au centre même du eontînent un point d'appui plus solide que la versatilité prussienne.

Ces conseils étaient aussi prévoyants que sensés, car ils n'étaient nullement exclusifs d'une bonne entente avec la Prusse; ils impliquaient même forcément qne si Ton préférait upe alliance avec cette puissance, comme elle ne s'était éloignée de nous qu'en mettant ses scrupules au-dessus de ses intérêts, il fallait lui

offrir indépendamment des avantages qui devaient nous assurer son concours, des gages rassurants pour l'avenir de la paix européenne. Hais Napoléon qui même avant Austerlitz n'avait pas voulu écouter ces conseils, était encore bien moins disposé à les suivre maintenant qu'il avait anéanti Tannée de la coalition. Il avait déjà laissé bien loin derrière lui son programme d'Dlm. Ce premier projet, quelque ambitieux qu'il fût, n'était déjà plus à ses yeux qu'une ébiiuche timide et arriérée. Ce n'était plus seulement Venise, et le Tyrol, et le Yorarlberg, et les enclaves de la Souabe qu'il voulait enlever à l'Autriche, mais le Frioul, ristrie, la Dalmatie, et ces conquêtes ellesmêmes ne devaient être que les prémices des firuits qu'il prétendait retirer de sa victoire. Il n'osa pas toutefois manifester de prime abord ses prétentions dans toute leur étendue, bien qu'il se fût lié à l'avance par des traités avec les électeurs de Bavière, de Wurtemberg et de Bade qui devaient recevoir de ses muns les provinces allemandes de l'Autriche ; il voulait auparavant savoir à quoi s'en tenir sur les dispositions de la Prusse. Gagner du temps, mettre du vague dans certaines questions, particulièrement dans celle qu'on élevait au sujet de la séparation tant promise des deux couronnes de France et d'Italie, séparation que Napoléon proposait dérisoirement d'ajourner à l'époque où l'Angleterre rétablirait F équilibre des mers*', enfin ne prendre aucun engagement définitif et éviler de parler de Naples que la rupture de la neutralité allait mettre à notre merci, tel était provisoirement

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