TRAITÉ DE PRS8B0UR
le râle assigné à Talleyrand. Ignorant encore 8*0 n'allait pas être forcé de rompre avec la Prusse, Napoléon admettait la possibilité de transiger sur quelques points, par exemple de pardonner à la reine de Napies moyennant le renvoi de Damas et d'Acton ; mais avant de rien décider il voulait voir d'Haugwitz et connaître ses véritables sentiments. Il se hflta donc de retourner à Vienne (12 décembre) laissant Talleyrand se débattre à Brûnn avec les négociateurs autrichiens.
M. d'Haugwitz attendait Napoléon le cœur rempli d'un trouble qui n'était que trop justifié par la fausse situation dans laquelle son gouvernement se trouvait engagé. Des deux alliés auxquels le cabinet prussien s'était associé le plus étroitement^ Tun était mis hors d'état d'agir, l'autre faisait la paix, se rendait à discrétion. Il lui en restait un troisième, l'Angleterre, mais dont il ne pouvait espérer aucun appui efficace. La Prusse, dans l'hypothèse de la continuation de la guerre, allait donc avoir à supporter seule le choc des armées de Napoléon, et cette perspective lui inspirait les plus vives alarmes. Il lui était en outre difficile de sortir honorablement de l'impasse où elle se trouvait, car si elle était déliée de ses obligations envers r&utriche, elle n'était dégagée ni vis-à-vis de l'Angleterre ni vis-à-vis de la Russie. Ces circonstances bien connues de Napoléon, quoiqu'il n'eût encore que des notions incomplètes au sujet du traité de Potsdam, lui donnaient de grands avantages sur le négociateur prussien et il se h&ta d'en profiter avec son assurance accoutumée. Il reçut d'Haugwitz en jouant tantôt l'indignation d'un allié trahi et payé de ses services par la
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plu3 Doire ingratitude, tantôt remp<»ieoientd'iui lainqueur irrité» impatient de se venger; il feignit de bc pouvoir prendre au sérieux les griefs trop légitiJBOies que la Prusse avait invoqués à l'appui de son diangement de politique, d'avoir à peine une vague idée d«s violations de territoire et des procédés offensants fui l'avaient poussée à bout. D*Baug¥ritz intinûdéi tremblant d'attirer sur son pays les calamités d'une guerre désavantageuse, eut la faiblesse de se laisser prendre à cette comédie, ou l'indignité de consentir à paraître en être dupe dans un moment où une démonstraUoD énergique de sa part eût seule réussi à tempérer les ambitions désordonnées qui agitaient l'esprit de Napoléon. Il lui laissa prendre le rôle d'accusateur, se défendit faiblement contre ses reproches, montrai en un mot, de la confusion et de l'abattement lorsqu'il devait parler haut et ferme. C'était justement le point où voulait ramener Napoléon. Lorsque Temp^eor jugea le diplomate suffisamment effrayé par ses menaces, il changea tout à coup de langage, et aa lieu de la déclaration de guerre qu'il lui avait fiiit appréhender, il lui offrit son alliance et la cession du Hanovre. Mais, en se résignant à ce grand sacrifice, il exigeait qu'on optât sur-le-champ; il ne pouvait le soumettre à une plus longue délibération ; on devait choisir immédiatement entre une acquisition terrîteriale et la guerre. D*Haugwitz avait to^jo^ra été partisan de l'union à tout prix avec la France; il a*avait jamais montré de grands scrupules d'honneur ni de patriotisme, il ne vit même pas ce que cette transaction avait d'ignominieux pour son pays ; il fut ébioé et se jeta avidement sur l'appât qu*on lui présentait