TRAITÉ DS PRESBOURG
on lui donnait la principauté de Wûrtzbourg pour un de ses archiducs. Cette courte guerre lui avait fidt perdre ses meilleures proyinces équivalant à un cinquième de son territoire, et presque tous ses déboochés sur la mer. A tant faire que de lui imposer des conditions si pénibles et si humiliantes, il eût mieux valu lui porter immédiatement le coup mortel, car elle ne pouvait vivre dans la situation qui lui était faite, et sa politique devenait inévitablement une conspiration permanente dans le but de prendre sa revanche contre nous. Il fallait ou l'anéantir tout à fait ou lui oflKr dès conditions acceptables. La laisser vivre après l'avoir réduite au désespoir, c'était substituer une inimitié forcée à ce qui n'avait été jusque-là qu'une inimitié de circonstance. Cette pensée était dans tous les esprits lorsqu'on put connaître les stipulations de Presbourg : « Mes enfonts, dit l'archiduc Charles à ses soldats en les congédiant, reposez-vous jusqu*à ce 711e natis recommencions * / »
Pour parer à ce danger qui ne pouvait échapper à sa vue perçante, Napoléon s'était-ii créé du moins des amitiés capables de faire contre-poids à des haines si naturelles T II n'avait rien imaginé de mieux à cet égard que le traité porté à Berlin par d'Haugwitz, traité que la Prusse se trouverait peut-être forcée de ratifier pour éviter la guerre, mais qu'elle ne pouvait accepter qu'avec une profonde hamiliation et un ardent désir de se venger. Cette puissance était en effet liée si étroitement à l'Angleterre qu'elle était sur le point de recevoir de Londres son premier terme de subsides.