Las Cases
Mais cette chance heureuse, qui eût pu assurer la paix de l'Europe, ne servit qu'à rallumer la guerre. Napoléon était en ce moment sur le point de transiger avec la Prusse, car les modifications qu'elle proposait au traité de Schœnbrunn n'avaient rien d'exorbitant, et il était, d'ailleurs, certain qu'en insistant il la contraindrait à y renoncer en tout ou ea partie. Mais il n'a pas plutôt appris l'ayénement de Fox qu'il se ravise, et ne veut plus entendre parler du traité. Son premier mouvement est de garder le Hanovre, afin de pouvoir foire plus facilement sa paix avec l'Angleterre*, mais ce mouvement, qui était une idée juste, reste à l'état de velléité, et Napoléon ne songe plus qu'à empirer la situation de la Prusse en la forçant à accepter des conditions encore plus onéreuses que celles du traité qu'elle a voulu amender. n verra plus tard à s'arranger avec 1* Angleterre, mais en attendant il se flatte de l'intimider et de la contraindre plus vite à la paix, en amenant la Prusse à entrer bon gré ou mal gré dans la ligue probibitionniste qui va inaugurer le blocus continental. La Prusse doit, non-seulement, subir toutes les conditions du traité de Schœnbrunn, mais renoncer au margraviat de Bayreutb, reconnattre tous les changements qui s'opèrent en Italie, et , en outre , prendre l'engagement de fermer au commerce anglais les bouches de l'Elbe et du Weser, clause infiniment plus grave, qui équivalait à une déclaration de guerre contre TAngleterre. D'Haugwitz signe en gémissant ce nouveau traité, mais il n'ose pas, cette fois, le porter