‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 166 sur 310 · Exposé de la situation de VEmpire · texte numérisé non relu

Exposé de la situation de VEmpire

la France parvint à éviter un plus complet désastre. A cette cause prédominante, qui était le résultat né* cessaire d'une mauvaise politique, se joignaient les errements d'un mauvais système financier qui préférait des expédients équivoques et dangereux à l'aveu loyal de nécessités et de besoins dont le simple exposé eût suffi pour compromettre la popularité de Napoléon. Comptant toujours sur la victoire pour couvrir ses frais de guerre sans augmentation d'impôt, Napoléon âUut constanunent forcé d'anticiper les dépenses sur les recettes, et cette nécessité avait donné lieu à un premier expédient, consistant à faire escompter les obligations des receveurs généraux par une grande compagnie financière, qui prélevait ainsi un impôt sur rimpôt. Cette compagnie, dirigée par Ouvrard, Desprez et Yanlerberghe, se trouvait en même temps chargée de la fourniture des vivres pour la marine et Firmée, en sorte qu'elle avait tout à la fois à avancer des fonds à l'Etat et à lui en demander, situation complexe^ dont Barbé-Marbois remontra vainement le diDger à Napoléon. Cette compagnie, ne trouvant pas sur la place de Paris des ressources suffisantes, fut «nenéepar la force des choses à étendre encore le cercle de ses opérations. L'Espagne, privée par la guerre ttec TAngleterre de son principal revenu, qui consistait dans l'extraction des piastres du Mexique, avait été forcée de différer le payement de son arriéré de subsides, elle était, en outre, en proie à la disette : le fertile génie d'Ouvrard imagine de battre monnaie avec lef ressources de ce pays ruiné. Il se présente au roi d'Espagne en sauveur de la monarchie, il lui offre de le tirer de tous ses embarras, de payer les subsi-

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des arriérés, de lui fournir des fraiiB en aloodance, el en échange de ce prccienx Mrtii», îl ne loi demande qu'une chose, une délégaijh^ii sor ces piastres du Mexique, dont TEspagne ne peal pim tirer aucun parti. Il a, en eOet, trouvé un moyeD^e les faire rentrer par l'intermédiaire de banquiers aoidaîs et américains, liés à la maison Hope d'Amsterdam, ti Pittluifliéme fournira les frégates pour le transport des lustres mexicaines ^ Grâce à ce gage dont la valeur ne peut d'ailleurs être contestée, la compagnie de Paris pourra continuer k fournir au gouveinementlraB* çais des fonds et des fournitures. Dt^Jà tout a ehangé de face en Espagne, et partout l'abondance succède à la pénurie. Mais pour le succès de l'entreprise d'Oovrard, une chose est indispensable, en raison de la koteur et de la difficulté des communications avec l'Amérique, c*est le iemps,ct il se voitbientôtdansan daager imminent pour n'avoir pas assez tenu compte de cet élément dans ses calculs. Ses associés de Paris, hors d'( tat de continuer à eux seuls l'escompte des valeian du Trésor, oLtiennent de Uarbé-MarboisquelaBa«|«e de France s'en chargera concurremment avec eux. U Banque, qui a déjà épuisé ses propres ressources pour venir en aide au commerce en détresse, et pouriburnir a Napoléon les fonds nécessaires k son entnée en campagne \ ne tarde pas à voir son crédit éiMraaIé; elle aggrave sa situation par uue émission exagènèede

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