‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 167 sur 310 · Mémoires d'Ou\'TVLTi · texte numérisé non relu

Mémoires d'Ou\'TVLTi

2. On a dii (]u€ la somme avancée avait été de cinquante million*) et le fait a doni é lieu à de vives dénc^alions, pri n ci paiement de 1* part do Bignon et de Tliibaudeaii. Mais la quotité importe peu i l'emprunt en lui-môme est incontestable.

UUets. Le public, averti de la dimmntion croissante de la résenre métallique, assiège les bureaux de la Banque pour se faire rembourser les billets. Comme il faut à tout prix éviter une banqueroute avouée, on est réduit à imaginer des formalités qui ralentissent les remboursements, mais qui équivalent à une suspension de payements.

Telles furent les principales péripéties d'une crise amenée par les circonstances, et qu'on ne pouvait, sans une souveraine injustice, imputer à des banquiers qui n'avaient agi en tout cela que sous le contrôle ou l^npulsrion du gouvernements Mais comme le contrecoup de leurs revers avait atteint beaucoup de fortunés particulières, et comme oti est toujours sûr de flaire au vulgaire en frappant ces grandes positrons, ebjet, tour à tour, de son envie ou de ses adulations, napoléon, lors de son retour à Paris, trou>a plus simple de prendre aux nérfociants réunis tout ce qu'ils possédaient, en se substituant à eux comme créancier de TEspagne, que de soumettre leurs opérations à un arbitrage délicat et difûcile. Avec eux fut sacriGé l'intègre Barbé-Marbois qui, en acceptant leurs expédients, avait obéi à la volonté de Napoléon, c-est-àdire tout subordonné i la nécessité de maintenir les services de l'armée. Au reste, il est à remarquer <iue tout «n traitant Ouvrard de fripon, comme il traitait Fon^é de coquin, et Masséna de voleur. Napoléon ne put jamais se passer de ces hommes, qui ne brillaient certainement pas par les scrupules. Après les avoir

1. C'c^t ce que prouvent surabondamment les lettres de J^aiiié- Uarbois citées dans les Mémoires d'Ouviaid.

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.ii< violeaimeiit malmenés, il revenait toujours à ■ -. ,-t- ma :aviucible prédilection, parce qu'il y ;.^:r j»:ii zcîi-'^rnement une foule de transac- - .. l'i :':-"^i-* :v:atier quà des hommes de .. ■.: .:.s:r::-iz:i cmmodes, à qui Ton pou- .. . : :.ir.i^: :r. t: ^u:"; quittait tt reprenait tou ■ ^; ' i lï. : ^ziàLs j crainJre d'eux ni une ré- •. /•.-•:--- ir ::s?c:cnce ou de fierté, ni une -. M,u; :■:- :.v.:irri5w*i:::e, car ils é(a/ent les premiers inuressfs ls ^.'.tz:e. En ce qui concerne Ouvrard tt sc< coassxji^ lis lurent en cette occasion plutôt victimes qu£ 'rirons; car, ainsi que MoUien le reconnu?. formcJleniCT.: ', ils avaient réduit d'un quart Tintéré: des cscomi'les des obligations des receveurs généram, oi loin de retirer aucun bénéfice de leur grande entreprise, qui avait en somme prévenu la banqueroute [\€ ;El-t. il? n'y trouvèroLl que la ruine et la déconjidi ration, sans avoir fait autre chose que leur métier Oc spècuîat*^ur=^- Au surplus, pour donner une idée de ■/csprii de j«>iiiV ot des s:riipules que l'empereur a:w» -zta d-îî > î^* rtV'loment de cette affaire, il suffira dt tiire qa' \ rt*ndit responsables des malheurs de la crisi', n. n->cu'.on.tMil Ouvrard, Desprez et Vanlerber- ^he, n^a * '^■'•^' ^iuinzaine de personnes choisies dans le f*;ilv; * > Niuit-Gormain, et pour la plupart étran- ^iVv^a;: '.v.oiuio do la àr.aïKV. Des héroïnes de saloD, ^Kvv ..MUiic^ :iui!ti:>;\o:> dont le seul crime était de îfc:'.::.\ i*ar l'c'SL-.::. :.i l'caua'. li générosité des sen-

■: .>. îi.:\.*:i: cvi.Cts *^our avoir eicité parleurs

;.^i\'çV* 'c> alai'.iu* vii: : u;!;.* et le discrédit de la Ban-

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ine! Parmi ces personnes se trouvaient Mme Récanier, dont le mari venait d'être complètement ruiné jMrla crise, Hmes de Ghevreuse, de Duras, d'A veaux, ie Luyaes, etc. Mme de Luynes échappa à Texil, grâce i h protection de Talieyrand, mais ce fut pour subir one peine plus humiliante, car on ne l'amnistia qu'à It condition qu'elle deviendrait dame d'honneur de llmpératrice. U y avait à peine un an que Bonaparte mût institué dans le Sénat son fameux Comité de Hkrtiindividuellel Le faubourg Saint-Germain fut averti |ye ie temps des critiques contre la nouvelle cour était passé, et qu'il fallait bon gré ou mal gré entrer dans le système. Moitié par faveur, moitié par menace, Napoléon obtint pour ses généraux quelques-unes des pbs nobles héritières de la vieille aristocratie. Savury, le chef de la gendarmerie d'élite, le héros des scènes nocturnes de Yincennes, épousa Mlle de Coigsy. C'est ce que Napoléon appelait opérer la fusion entre l'ancienne noblesse et la nouvelle!

Dans ce désir qui s'emparait de plus en plus de lui fétreindre et de refondre la société française tout entière, il était une précaution élémentaire que Napoléon n'avait garde d'oublier au milieu de toutes les préoccupations de conquérant et de fondateur d'empire, c'était le soin de préparer les générations BouTelles au régime sous lequel elles devaient vivre pir une éducation conrorme aux idées qu'il voulait leur inculquer. Il avait déjà beaucoup fait sous ce rapport, par la direction qu'il avait imprimée à l'instruction publique^; il avait étouffé systématique-

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