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en un bataillon carré de deux cent mille hommes • écrit-il à Soult le 5 octobre, et il ajoute : « avec cette immenie supériorité de farces je puis attaquer partout f ennemi avec des forces doubles^. » Ces aveux méritent plus de confiance que les mensonges ordinaires des bulletins dans lesquels le lendemain de la bataille la proportion des deux armées se trouve invariablement changée en sens inverse. *
Ces troupes, qui devaient opérer directement sous ses ordres, n'étaient en quelque sorte que le luxe et le trop-plein de l'innombrable armée qui sur tous les points de Tempire ('tait prête à marcher pour les remplacer au besoin. Napoléon laissait derrière lui pour assurer ses communications les cinquante mille hommes de la Confédération du Rhin; il avait à Wesel un corps de trente mille hommes sous les ordres du roi Louis. Ce prince devait faire dire dans les gazettes que ses troupes montant à quatre vingt mille soldats, allaient envahir la Westphalie. Vingt mille hommes gardaient Mayence sous les ordres de Mortier. A ces forces se joignaient sur nos frontières du Nord et de l'Est douze mille gardes nationaux mobilisés et trente mille conscrits. Brune restait chargé de la garde de nos cMes. Marmont avec vingt mille hommes conce:.tr(?s IZaraen Illyrie, Eugène le vice-roi d'Italie, avec qua- HDte mille hommes appuyés sur Venise et Palmanova, flt pouvant au besoin se renforcer de trente mille hommes empruntés au roi Joseph, lui garantissaient la tnmquillité de l'Autriche. Celle-ci d'ailleurs s'affligeait mMiocrement des malheurs qu'elle . prévoyait pour
1* Napoléon à Soult, 5 octobre 1806.
les illusions du palriotisme polooai S0U6 les ordres da géoéral ZayoDch ipoloDatse destinée k opérer plus Urd de Varsovie'. Kii Franoe, ne trouvant lisant ce qu'il appelait le rendejiitnl de il faisait appel aiti volonlaii'cs, coQUni vait avoir un sens sous un régime où une seule volonté en dehors de la sien volontaires fut organisé sous le nom de ilotutaitce i« l'empereur. Coamie on ne ser ni k l'amour de ta liberté ni mon patriotique pour le soutien d'une guc lion seule avait taile, ou s'adressa à '. milles. Ce corps ne devait étrecompo:
gens riches pouvant s'équiper eux-mé d'une pension de leurs parents. Le tii leur donnait semblait leur prooicU personnels avec renipereur,c'est-è-di précieuses de se distinguer sous ses un mol une inestimable fnveur que d meut s'y faire earâler, et le mÎQÎâU
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aessi marquée : « Les armées de S. H. disait-U, dans une circulaire, sont si nombreuses qu'elle n*a adbéré à ma demande que sur mes instances! » Il est motfle d'ajouter que cette circulaire était rédigée par Napoléon lui-même. Malgré l'irrésistible arttrait de cette promesse, le corps des gendarmes d'ordonrumee fit peu parler de lui dans cette campagne. Le zèle desflls de famille devait être stimulé plus tard par des invitations qui furent plus efficaces mais qui leur eHlevènent toute espèce de titre au nom de volontaires.
Bn dépit de ces préparatifs dont l'immensité eAt été svffisaaite pour écraser un ennemi beaucoup plus Ibrt qne ne Tétait la Prusse, Napoléon semblait croine cette Ms B*ayoir jamais assez fait pour assurer la vietoiie. On eût dit qu'il lui était impossible de se contenter lui-même ; il pressait, il accumulait les mesures^ les précautions, les armements, avec une sorte de fréniaie d'activité, avec l'ardeur forcenée qu'il devait apporter dans un effort évidemment destiné, selon lui, à décider sans retour de l'empire du monde. Une fds la Pmsae anéantie, que pouvait-il craindre désormais ?
La Russie seule restait sur le champ de bataille, il pourrait d'un mot la renvoyer dans ses déserts, et le du continent ne lui offrirait plus que des puissoumises et tremblantes. La campagne qui s*oi]h vtait était donc l'événement capital de sa vie, la crise didsâve de sa destfnée. Sous l'empire de cette idée fiio qui la remplissait tout entière, cette âme toujours éominée par les circonstances du moment au point d'en pwdre la mémoire, alla jusqu'à se flatter d'entraîner l'Autriche à se prononcer contre la Prusse. Cest seulement à la veille de l'ouverture de la cam-
liïC, ni sur les principes les passions, et qui n'avait d'autre ao' génie militaire. Sous l'influence de ces st qui lui venaient un peu tard, il osa pro triche mutilée, à l'Autriche, encore toutes les blessures qu'il lui avait faites, à nous pour écraser la seule armée encore quehiue chance de regagner H ce qu'elle avait perdu. Feignant dtv encore à la guerre, bien qu'il fût déjàci bourg, il écrivait à La Rochefoucauld, : deur, à Vienne : J
■ Je suis résolu à n'être plus l'allié dj aussi versatile et méprisable que la PrusJ paix avec elle, sans doute, parce quel droit de verser le sang de mes peuples som textes. Cependant le besoin de tourneia câté de ma marine, me rend nC-cessail sur le coDtinenl... des trois puissancel de la Prusse et de l'Autriche, it m'en /■ lUt. DdDS aucun cas, on oe peut se M
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déplacé ^ » Il est presque aussi difficile de croire cette ouverture sincère que de penser qu'elle n'était qu'une comédie. Également blessante et cynique dans les deux hypothèses, elle fait peu d'honneur au tact politique de celui qui l'a imaginée, car elle ne pouvait produire qu'un mauvais effet.
Cependant l'armée française achevait son mouvement de concentration dans la haute Franconie, sur la lisière même de cette forêt de Thuringe, dont l'armée prussienne occupait le revers opposé. Nous n'avions eu pomr opérer ce mouvement qu'à franchir les quelques étapes qui séparent la Soqabe et le haut Palatinat de Wûrtzbourg et de Bamberg. Notre armée se développa de Kronach à Hilburghausen, menaçant tous les défilés qui allaient déboucher sur le front des trgupes de Brunswick. C'est dans cette situation même que Napoléon devait chercher les éléments de son plan de campagne, et il n'y a pas même lieu de discuter l'hypothèse fantastique d'une marche en Westpbalie, pour le plaisir apparemment de faire un détour de deux cents lieues et de se donner l'obstacle du Weser. Napoléon n'était séparé de l'armée prussienne que par cinq i six lieues; il pouvait, à son choix, Tattaquer à droite par Eisenach et Gotha, ou à gauche par Hof et Sdiieitz. Dans le premier cas il refoulait les Prussiens sar leur ligne de retraite naturelle, c'est-à-dire sur la Saxe et sur l'Elbe, dans le second il les coupait de Tmie et de l'autre, et il les coupait avec des forces tellement supérieures, que cette opération, toujours trèscritiqne à nombre égal, n'offrait presque aucun danger