Décret d'Iéna, 16 octobre. — Article V
I^llA. — - LE DÉCRET DB BERLIN. 497
Cet acte de brigandage, qui allait ruiner d'un seul coup tous les commerçants de l'Allemagne du nord , sans qu'ils eussent donné le moindre sujet de plainte, puisqu'on les punissait pour des actes antérieurs à notre occupation, fut le prélude du fameux décret de BerUn. Napoléon avait déjà lancé ses troupes dans toutes les directions à la poursuite des débris errants de Tartnée prussienne, sans leur laisser le temps de se reconnaître et de se rallier. Blucher réussit à s*é' ch^>per à GoUéda, en alléguant la conclusion d'un armistice que le roi de Prusse avait en effet demandé » mais sans l'obtenir. Murât fondit avec sa cavalerie sur Irfurt, de là sur Nordhausen, puis £ur Hagdebourg, point central vers lequel se dirigeaient le prince de Hohenlohe et le maréchal Kalkreuth avec le plus grand nombre des fugitifs. Ney et Soult l'y suivirent, enlevant sur leur route des régiments entiers surpris et déconcertés par la rapidité de nos mouvements. Davout se jeta sur Leipsick. Bernadotte s'était porté sur Halle, où se trouvait un détachement d'environ douze mille hommes, sous les ordres du prince Eugène de Wurtemberg. Ces troupes n'étaient pas en nombre sufQsant pour tenir tête au corps d'armée de Bernadotte ; elles ne cédèrent toutefois qu'après une vigoureuse résistance qui nous coûta beaucoup de morts et de blessés. Napoléon était accouru de Mersebourg. Visitant le champ de bataille après le combat, il aperçut des monceaux de cadavres appartenant à la H* demi-brigade qui s'était particulièrement distinguée dans cette sanglante affaire; lorsqu'on les lui ^tit désignés nominativement, il lui échappa une de ^ plaisanteries familières qui avaient le privilège
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d*électri8er la bnite nrilitaire , Il est difficile d'imaginer pourqud, car on ne saurait dire ^ce qui remporte dans cette parole froide et crwelle^^u mépris, de Tinsolenoe ou de ^inhumanité : « Biioonb de la trentedeuxième ! s'écria-t-îl atee l'i&ceent d'un joveur qui retrouve au fond de sa poche une somme qu'il cro]^ avoir déjà dépensée, /en ai îant fait tmer en Egypte, en Italie et partout, qu*il ne devrait plus en être question^ l^» Le général Rapp qui, sous les dehors et les allures d'un soudard , ne manquait ni d'un certain esprit ni d'une certaine humanité, cite cependant ce mot avec une admiration intime et convaincue. D y a là un mystère psychologique digne d'attention. L'adoration fanatique des soldats pour un homme qui les a traités avec beaucoup moins de ménagements qu'oa ne traite d'ordinaire les chevaux de course ou les oaqi de combat est faite pour rabaisser considérabkmeat l'orgueil de la nature humaine.
Pendant que Murât , Soult et Ney, marchaient sur Magdebourg pour l'investir, Davout entrait à Wltleoberg avec Augereau, Lannes à Dessau ; nous étions mattrès du cours de l'Elbe. Le 24 octobre. Napoléon arliva à Potsdam, et le lendemain Davout faisait son entrée à Berlin. L'empereur s'arrêta quelques jours au château de Sans-Souci, il se fit conduire autombeao du grand Frédéric; il emporta l'épée du glorieux m-ort, et ne rougit pas d'envoyer à Paris ce IropMe baitare, comme s'il eût été impatient de vaincre et de désarmer jusque dans sa tombe le seul capitaine moderne dont la renommée pût lui porter ombrage*