Mémoires de Rapp
itVJL. — I.C DÉCRET DB BERLIN. 499
Les flatteun de .«a mémoire trouvent cette eooAuite tMile naturelle; que diraient-ils dn triomphateur qui viendraitsaisir anz Invalides l'épée de Napoléon? Déjà m arrivantà Naumbourg, il s'était empressé de faire oriever et Jeter sur une charrette l'humble pierre, perdue a« milieu d'un champ, qui rappelait la Tietoire leRoBbacb, comme s'il eût dépmdu de lui d'eflaœrle pusé et de nefiDiire l'histoire. Ces représailles étaient Snne Ame petite, et Frédéric les eût dédaignées. Il est iosqu'à trois points sur lesquels il domine de trèshuit Napoléon. Il a toiqours méprisé le rharlatanisne; il a été grand dans les revers; il a employé des ■ojens iniques, mais en général pour faire des choses ivstes et possibles, sauf dans le partage de la Pologne. il reste, Napoléon avait grand soin d'exploiter dans m buUetios la mémoire et les exemples de Frédéric. A l'en croire, ce souverain sage et prévoyant aurait eu la prudence d'épargner à son pays une pareille atistrophe , il se serait fait l'allié et l'ami de Na- Itoiéon. « Son esprit, son génie et ses vœux, écrivaitil dans le dix-septième bulletin , étaient avec notre litîon qu'il a tant estimée, et dont il disait que s'il ta était roi il ne se tirerait pas un coup de canon tn Europe sans sa permission. » En même temps qu'il enrUait l'ombre du grand Frédéric contre la cour de Bsilio, il ne perdait pas une occasion de déchirer la lejne, k l'influence de laquelle il attribuait l'énergie inattendue qu'avait montrée le roi en nous déclarant la guerre. Habitué à aller droit aux obstacles pour les iéiraire, à les considérer d'une façon abstraite et seulement comme des forces en quelque sorte mathématiques, étranger à tout scrupule de délicatesse ou de
500 HISTOIRE DB HAPOLJON I*.
générosité, accoutumé à ne tenir aucun compte des sentiments, des préjugés, des convenances, il ne voyait dans cette malheureuse femme qu'une puissaooe à annihiler, peu impôt te par quels moyens , et il l'attaquait avec les seules armes qu'il pût employer contre elle, le ridicule, les injures, les calomnies. Il n'était pas de bulletin dans lequel il ne revint sur ce sujet favori, et l'on Terait un volume avec tout ce qu'il a écrit contre elle. Il mettait à détruire l'influence et la réputation de cette femme, i'achamement méthodique et calculé qu'il eût déployé à faire mitrailler un régiment ou à faire sauter un bastion. Après l'avoir dépeinte comme une personne « assez jolie de figure, mais de peu cT esprit *j » il s'attachait à la faire exécrer des populations comme Tunique auteur de cette guerre calamiteuse. Par quel étrange mystère cette femme jusque-là absorbée « dans les graves occupations de la toilette,» en était-elle venue t à se mêler des aflaires d*État, à influencer le roi, à susciter partout ce feu dont elle était possédée? > L'explication se trouvait, selon Napoléon, dans une gravure alors très- répandue « où l'on voyait d'un côté le bel empereur de Russie, près de lui la reine, et de l'autre côté le roi qui lève la main sur le tombeau du grand Frédéric. La reine, drapée d'un chàle, à peu près comme les gravures de ] Londres représentent lady HamiUon^ appuie la niio ^ sur son cœur^ et a l'air de regarder l'empereur de -^ Russie. L'ombre de Frédéric, ajoutait Napoléon, a dû |i s'indigner de celle scène scandaleuse *. > U
Dans la crainte que cette allusion aux malheurs j-