‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 177 sur 310 · Dix-:ej'lième bulletin · texte numérisé non relu

Dix-:ej'lième bulletin

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domestiques supposés du roi de Prusse ne fût pas assez daire pour lui, Napoléon y revenait dans ses bulletins suivants : « Tous les Prussiens accusent le voyage de Fempereur Alexandre des malheurs de la Prusse. Le changement qui dès lors s'est opéré dans l'esprit de b reine qui» de femme timide et modeste est devenue toii>iilente et guerrière , a été une révolution subUe. Tout le monde avoue que la reine est l'auteur des maux que souffre la nation prussieLue. On entend dire partout : combien elle a changé depuis cette falaleentrevw avec Fempereur Alexandre!... On a trouvé dmis Fappartement qu habitait la reine à Potsdam le portrait de F empereur de Russie dont ce prince lui avait fait pèsent \ • Il ne manquait à cette espèce d'instruction judiciaire que la production des lettres d'amour de ce couple adultère. Ici les lacunes de Torganisation morale de Napoléon équivalaient à un manque d'intelligence, car s'il blessait les scrupules les plus délicats de la conscience humaine c'était faute de les retrouver dans son propre cœur; il se trompait gravement en traitant les autres hommes comme s'ils SHSsent été aussi dépourvus qu'il Tétait lui-même de tout sentiment d'honneur et de moralité ; il ne s'apercevait pas que ces basses insinuations dirigées contre une femme fugitive et désarmée parun homme (|ni commandait à cinq cent mille soldats, allaient directement contre leur but, qu'elles étaient faites, non-seulement pour exciter le dégoût de toutes ^les âmes élevées, mais même pour révolter les cœurs les plus vulgaires.

1 • Dix-huitième et dix-neuvième bulletins.

5G2 HISTOIRE DB HAPOLÉOIf l*'.

Une fois l'Elbe franchi, toute la Pnnse 6taitàiKHis jusqu'à l'Oder. Spandau se rendit le 25 octobre. Hohenlobe, après avoir perdu 4eux jours à rallier ses débris à Magdebourg , s'était mis en retraite en toate bâte pour gagner Stetttn à l'embouchure de l'Oder. Mais déjà la cavalerie de Murât l'avait devancé, et les troupes de. Lannes inondaient le pays. Atteint et battu à 2ehdenick, puis cerné entre Prenxlow et tasewalky il mit bas les aimes, le 28 octobre. Le lendemain, Stettin se rendait à la première sommatioo. Kiistrin capitula en même temps à la première apparition de Davout. Depuis le grand désastre qni «vait marqué l'ouverture de la campagne, les troupes prussiennes étaient complètement démoralisées ;elle80Dnsidéraient toute résistance comme inutile, et le spectacle qu'elles offrirent alors n'a rien qui diflëre de celui que présentent tous les écroulements d'empire, particulièrement dans les monarchies centralisées. Quand la clef de vot!ite se détache, tout l'édifice tombe; quand le centre est aux mains de Tennemi, leseitrimités perdent tout intérêt, et Ton ne songe plus à les défendre. De là ces généraux en désarroi, et ces garnisons qui vont au-devant de l'ennemi pour lui remettre leurs places. Magdebourg seule tenait eneore» et ne tarda pas à se rendre. La veille, 7 novemtav, avait succombé un dernier détachement de l'ansée prussienne commandé par Blûcher. Ocmpé de «a retraite sur l'Oder, ce général avait dû se rabattre brosquement de Test à l'ouest. Poursuivi à outrance pif les corps d'armée de Bernadotte et de Soult, BlâclKT f avait réussi après une marche pleine de périls à se jeter dans Lubeck, mais nos troupes y pénétrèrent

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B vive force presque aussitôt que lui, et livrèrent itta malheureuse ville à toutes les horreurs d'une riae d'assaut. Il s'échappa pourtant, mais atteint I nouveau le lendemain, acculé vers la mer, cerné, ■s munitions, entre la Trave, la frontière neutre uOênemarcky.et des troupes qui lui Carmaient toute dire issue, Bliicher capitula à son t(Hir, après avoir a afac le duc de Weimar l'honneur de tirer les miers eoupB de fusil de la campagne contre les enamia de son pays.

Malgré tous les malheurs de cette grande déroute, ■ milieu de Tinexprimable confusion de ces scènes a découragement, de nobles exemples avaient été aiméa dont la mémoire ne devait pas périr, et la itioa prussienne avait du moins la consolation de BBVpir imputer ses revers à la fortune, à l'inexpélence » à la disproportion des forces plutôt qu'à une ttûllance de ses défenseurs. Ses généraux les plus snonimés s'étaient fait tuer sur le champ de batail'e; • princes de la famille royale avaient payé de leur irsoone, ils avaient répandu leur sang avec la plus datante bravoure ; la noblesse qui composait presie exclusivement le corps des ofliciers avait vu onber Télite de ses enfants sous les balles de nos Adats. La Prusse avait été écrasée, elle n'était pas âlie à ses propres yeux. Une douleur profon le et aiverselle, un véritable désespoir patriotique avait iccédè à la confiance présomptueuse des premiers mrSy et toutes les classes partageaient ces sentiments, ieo que l'impôt du sang eût particulièrement frappé sUes que leurs privilèges exposaient à l'envie. Les (Citations que, selon leur habitude, les Français s'ef-

^i^rSS W 5AP0LÉON l".

. ^ii.-»» •* jr/çiifer contre l'aristocratie des

xm «À» principes d'une révolution

jnifntenant plus éloignés qu'aucun

. itnnèrent peu d'échos en Prusse. On

1^ . » ^^«tfrziement dans les villes qu'un accueil

Uy conforme à la dignité d*une défaite

de notre entrée à Magdebourg, après

j,a«^aaiicn de cette place, on vit, symptôme plus

,,««^ «» jcldats prussiens insulter leurs officiers, et

^ Tiinxber en termes sanglants de n'avoir pas

««»a Tcolonger la résistance '. Enfin, bien quelana-

4*« iu pays fût extrêmement défavorable à un3

^pirrv de partisans, on vit bientôt des hommes comme

x-itlI«OEIs Brunswick, le fils du vaincu d*Auêrstaedt,

^« lùus tard Blûcher lui-même tenu* la campagne,

^ exécuter les coups les plus hardis au milieu de nos

^jdntDnnements.

Le 27 octobre, Napoléon avait fait à Berlin une entrée triomphale à la tète de son armée, afin de territier dès le premier jour cette capitale par un immense déploiement de force militaire. Le corps de la ville conduit par le général Hullin viot lui présenter les clefs de Berlin. Il reçut la députation au milieu d*âD appareil tout militaire , le visage hautain et irrité, et avec tous les dehors qu'il jugeait de nature à augmenter l'intimidation. A la tète de ces magistrats était le prince de Hatzfeld, à qui le roi de Prusse avait laissé le gouvernement civil. Napoléon qui voulait humilier la noblesse, et caresser la bourgeoisie qu'il supposait moins accessible aux susceptibilités du patriotisme

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