‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 179 sur 310 · ibid · texte numérisé non relu

ibid

504 - „ jsAP'ii^^ i".

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n *-^'''*^ jf.***^*^*- Quant à l'imputation

r ^ ^^^ ^ ^ rahison dont on osait flétrir m

î '^'^^^ic rbooneur, à propos d'une com-

iilAsk^i adressée à un prince aujour-

a:<r'* sus année, déjà menacé dans son

i^ '^^L rt if-i de roder, comme si le salut de

'^^ jsîp; Exiîe soldats eût dépendu de la dîvul-

*** -..rrtKr::":* qui avaient eu tout un peuple

^''V.^ojcr. elle était le dernier mot de rimpn-

^ . ^,- \^ ièrîsion. Les familiers les plus intimes

* *^ s-^-^-s de Napoléon , Berthier, Daroc,

* '^^ ;^r: li-rent à l'idée de voir répandre le san?

vtfsrxe Jionorable et estimé, dont le seul crime

'■f .\^ :v5té fidèle à son souverain. Ils entouré-

\s>f»i^^n, le supplièrent avec l'accent de la plus

*^ vffÀtirde ne pas souiller sa gloire et de pas ftire

' ^-mpognons des bourreaux. Ils le trouvèrent

' j« ?lus inflexible que sa résolution était le ré-

i^in calcul froid et réfléchi. Il ne faisait en cette

^^yi qu'appliquer méthodiquement le système

^ jtiQS toutes ses lettres il pressait Joseph d'adopter

^Mfes. Se montrer terrible dans le premier moment,

j\Meraux vaincus toute idée de révolte, et de pou-

ensuite gagner tous les cœurs par une douceur in*

«ip^rt^e, tel était ce précepte renouvelé de César Bor

j^ , dont l'empereur avait fait son axiome favori, et

f^>*le débonnaire Joseph ne pouvait se résoudre à

^ en pratique. Le prince de Hatzfeld n'était

lifUÂ. — LE DÉCaST D£ BERLIN. 507

ckoisi comme victime qu'en raison de sa position émi- Dente et de la part bien connue qu'il avait prise à la dicluation de guerre. Heureusement pour lui, on panriiit à le cacher pendant les premiers moments , et œ .retard le sauva. L'impression d'horreur que prodaisit la seule annonce du sort qui lui était rélencé.fut tellement générale, qu'il devint impossible de songer à une exécution; le moment ^avait été manqué, on recula devant l'effet d'une atrocité ébruitée à l'avance, et l'on arrangea la petite scène de clémence qui ^ si souvent excité l'attendrissement de nos hisloriens, en fidsant toutefois plus d'honneur à leur leosibilité ^u'A leur pénétration. Jamais, à coup sûr, homme n'a été plus célébré et plus exalté pour s'être ihstanu de faire assassiner un innocent.

A ia suite du refus de Napoléon d'accorder un armistice , des pourparlers pour un traité de paix s'étaient établis dès le 20 octobre à Wittemberg entre le marquis de Lucchesini et Duroc. L'empereur était en état de dicter les conditions, et il le fit avec toute la rigueur d'un conquérant impitoyable. La cession de toutes les provinces que la Prusse possédait entre rUbe et le Rhin , rengagement de ne plus s'occuper détonnais des affaires d'Allemagne, enfin le payement d'une contribution de guerre et la reconnaissance de tooa -les princes nouveaux qu'il se proposait d'établir sur le territoire germanique , telles furent les exiganœs que Duroc fut chargé de signiGer à la Prusse ^ Locchesini se hita de communiquer ces dures conditions à son maître qui, dégoûté de la guerre et pressé

1. Lucchesini.. SuUa causa e gli effciti dcUa ConfederoMUmi ftnana.

508 HISTOIRE D8 NAPOLiOlf l''.

d'en finir» lui envoya immédiatement sa ratification. Napoléon refusa de souscrire au traité qu'il avait luimême rédigé. Dans Tintervalle, nos troupes avaient remporté de nouveaux succès, Magdebonrg allait capituler , et des envoyés polonais proposaient d'organiser un soulèvement sur les derrières des armées russe et prussienne. Un horizon tout nouveau s'ouvrait devant Napoléon, et des projets démesurés occupaiert sa pensée. La Russie était le dernier État qui pût lui résister sur le continent ; il ressuscitera contre elle la Pologne. Il écrit sur-le-champ à Fouché de lui envoyer Kosciusko. Lui qui, l'année précédente, ne voulait faire avec ses ennemis que des paix séparées, il déclare maintenant aux plénipotentiaires prussiens qu'il ne se dessaisira de ses conquêtes en Prusse que lorsque l'Angleterre nous aura restitué toutes nos colonies ainsi qu'à la Hollande, lorsque la Russie aura pris l'engagement de garantir l'indépendance de la Moldavie et de la Yalachie. C'est à la modération de ces deux puissances qu'il mesurera l'ëtat futur de la monarchie prussienne. Il veut faire peser les malheurs du roi de Prusse sur les résolutions d'Alexandre et du cabinet britannique, et il renoue ainsi les liens de leur ancienne solidarité. La Prusse n'est plus à ses yeux qu'un équivalent échangeable comme le Portogai à l'époque de la paix d'Amiens. La laissera-t-ii subsister en monarchie? £n fera-t-il une république, comme il le dit à M. Bignon ? 11 délibère et il lui échappe de s*écrier « que dans dix ans sa dynastie sera la plus ancienne de l'Europe! » En attendant, la Prusse est on gage qu'il est toujours à temps de restituer, une position offensive contre la Russie, une base d'opératimis

lÉHA. — LE DÉCRET DE BERLIN. 509

pour son armée, une mine inépuisable à exploiter pour ses finances et ses approvisionnements. AGn de prétenir toute remontrance et toute sollicttation sur ce point, il s'empresse de rendre publique sa résolution en se liant en quelque sorte par une déclaration solennelle et irrévocable :

« Tant de succès , écrivait-il dans son bulletin du 10 novembre» ne doivent pas ralentir en France les préparatifs militaires.. .. L'armée française ne quittera pas la Pologne et Berlin que les possessions des colonies espagnoles , hollandaises et françaises ne soient rendues, et la paix générale faite. > Quelques jours plus tard, le 21 novembre 1806, une mesure beaucoup pins extraordinaire qu'aucune de celles qu'il avait adoptées jusque-là vint compléter et préciser le système au moyen duquel il se flattait de réduire et de liiire capituler TAngleterre. Ce système, annoncé par de nombreux actes préparatoires tels que la ligue des neutres et la saisie des marchandises anglaises dans toutes les villes du nord, consistait à fermer le continent au commerce britannique. Le préliminaire indispensable d'une telle entreprise, si Ton ne voulait pas s'en tenir à une vaine fanfaronnade, élait la conquête du continent, œuvre, il est vrai, déjà fort avancée , mais dont l'achèvement pourrait présenter quelques difficultés. On a déclamé à perte de vue sur la question de savoir si le droit de représaille autorisdt ou non Napoléon à prendre une pareille mesure pour punir l'Angleterre des abus qu'elle commettait dans l'exercice du droit de visite et de blocus. Cest demander s'il est permis de répondre à une injustice dont on croit avoir à se plaindre, par une monstrueuse

plaignait étaient réels, excessil^ étaient odieux, mais comment on) exploitail le plus bruyamment 4 avaient éié son propre ouvrage ? fi leur reprocher de faire prisonnieq IjàLiments de commerce, lui <|uiai non-seulement les matelots des vt mai» loua les particuliers inofîeoaj en France, en Hollande, en Italj rupture? Comment osait-il leur blocus de l'Elbe et duWeser, luiq de l'omboucliure de ces fleuves qi leur commerce? Qu'était-ce d'aiU vépienls et les abus du droit d maux et des privations qu'il se ci fliger au continent pour venger s Le continent fermé aux marchan tait le continent privé nou-seul manufacturés en Angleterre, mais du nouveau monde, devenus obj cessité , tant ils étaient entrés da

lÊNA. — LE D.ËCRET D£ BERLIN. 511

imputer à l'Angleterre des maux dont il était si vi«i- Uement le seul anteur 1 II les supposait assez aveugles pour se liguer contre la seule nation qui n'eût pas Qéchi devant lui, pour se laisser affamer par admiration pour un ai grand lionune, pour se réjouir de leur propre Tuine, pourvu qu'elle assur&t sa dernière victoire, pour épouser au prix de tant de souffmnces et de sacrifices la querelle d'un conquérant insatiabley qui ne s'était fait connaître à eux que par des spoliations! Telles furent les illusions extravagantes qui donnèrent naissance au fameux décret de Berlin. Une chose lui manqua radicalement dès son origine, c'est de pouvoir être exécuté; car son exécution supposait non plus la docilité, mais le zèle et le concours des populations qui devaient en être victimes I aussi produisit-il beaucoup de maux et de vexations, mais il ne fut jamais une loi que sur le papier, et Ton doit moins y voir an acte que le défi d'une colère impuissante. Ce roi des rois, qui ne pouvait pas, en réunissant toutes ses resBources et tous ses moyens, parvenir à mettre une barque à la mer, il décrétait avec un sang-froid superbe « que les îles britanniques seraient désormais en état de blocus! 9 II interdisait tout commerce et toute correspondance avec elles, il décidait que « tout individu, sujet de TAngleterre, trouvé dans les pays occupés par nos Iroopes, serait fait prisonnier de guerre, > que les marchandises d'origine anglaise seraient saisies partout où on les découvrirait ; que toute propriété quel- Mi^iis, appartenant à un sujet anglais, serait déclarée itothoDiie prise. » En lisant le dispositif de cette mesure insensée, on songe involontairement à tous ces rois de hasard , à ces favoris de la multitude auxquels leur

HISTOIRE DE HAPOLEON I".

grandeur subite donnait le vertige. On croit entendre le tribun Bienzi, étendant du haut du Cap;tole son épëe vers les quatre points cardinaux en s'écriani; Ctcicsi à moi, ctci est à moi, ceci esta moH Talleyrand eut l'ordre de communiquer sur-le-champ ce décret i tous nos allies, y compris le Danemarck, à qui il fut spécialement chargé de faire savoir que iVapolétm n'enlmdait pas violer les traités, mais qu'il espérait que le cabinet de Copenhague ne loierf rail ni aucun courricf rigli, ni aucun bureau de poste anglais en Danemarck '. Le décret fut envoyé au Sénat avec un message dans lequel Napoléon disait en substance que son exlrémf modération ayant seule amené le renouvellement de 1* guerre, il avait dû en venir à des dispositions ■ qui répugnaient k son cœur; car il lui en coûtait de Tdire dépendre les intérêts des particuliers de la querelle des rois, et de revenir, après tant d'années de citnJtMtion, aux principes gui caractérisent la barbarie des pt*miers actes des nations'. •

On ne pouvait mieux qualifier ce monament de folie et d'orgueil. Le décret de Berlin fut lu dau toute l'Europe avec plus de surprise encore que d'indignation, car si la tyrannie de Napoléon était justement exécrée, on croyait en général à son génie politique, et en présence d'un pareil trait de délire, il était impossible de ne pas reconnaître que l'ivresse du succès avait troublé la lucidité de cet esprit loujours si prodigieuï dans la conduite des opératîODS militaires. Ce décret allait en etTet lier invincibletneot et pour jamais l'Europe à l'Angleterre. Depuis loof-

I, Napoléon h Talleyrand, 51 novembre.

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