IV
;.i> HISTOIRS DE NAPOLÉON I*.
oinlene même lui deTenait presque inutile, et il loi cUî^ impossible de s*éclairer suffisamment pour bien coanaitre les mouTements de l'ennemi. L'observation précise des faits lui échappant, il ne pouvût plus agir que d'après des suppositions. Le 26 décembre, pûfidant que Napoléon attaquiit, avec des forces trèssupérieures, le village de Golymin où s'était retranchée seulement une division soutenue par quelques régiments, Lannes venait se heurter à Pultusk contre la majeure partie du corps d*armée de Bennigsen. Bien qu'il n'eût guère que vingt-six mille hommes, en y comprenant la division Gudin, à opposer à environ quarante mille, Lannes aborda la ligne ennemie avec son intrépidité accoutumée et la fit d*abord plier. Il porta son principal effort sur la gauche russe dans l'espoir de lui enlever Pultusk et le passage de la Narew, mais il rencontra sur tous les points une résistance acharnée, et l'artillerie russe, très-supérieure à la nôtre dont une partie était restée en chemin, fit dans nos rangs de cruels ravages. Lannes s'obstina jus([u'au soir à livrer à Bennigsen des assauts furieux mais sans résultat ; il ne parvint à l'entamer sur aucun point, et cette sanglante journée s'acheva sans qu'aucune des deux armées eût obteoa un avantage décisif ^ A Golymin l'issue du combit avait été presque la même, quoiqu'un peu plus faKK rable à notre armée. Couverte par des bois et des
1. Dans son rapport daté de Bozan, ^ décembre, Bennigssn 8*altribue hautement la victoire et constate qu'on ne fit aucune tentative pour le poursuivre. Il assure n'avoir battu en retraite que parcequ'il manquait de fourrages et d'approvisionnements. H y avait l)ea"coun à rabattre de ces exagérations.
marécages presque inabordables, la division Gallitzin, avec les régiments qui la secondaient, put tenir en écbec pendant de longues heures les corps de Davout et d'Augereau soutenus par la cavalerie de Murât. A la fin elle dut céder et opérer sa retraite, mais ce combat fut si peu décisif que, de l'aveu de Napoléon Ini-méme, la résistance durait encore à onze heures du soir ^ Le même jour, 26 décembre, à quinze lieues de là, Ney attaquait, à Soldau, les Prussiens de Lestoeq et restait définitivement maître de la ville, plusieiirs fois prise et reprise, mais après avoir très-chèrement payé sa victoire.
Ainsi, malgré l'excellence du plan de Napoléon , la victoire avait été au moins indécise sur un point, et très-incomplète sur deux autres. En outre, deux de ses corps d'armée n'avaient pris aucune part au combat : celui de Soult, qui devait couper la retraite aux Rosses à Makow, avait été forcé de s'arrêter à Giechanow par suite de la difficulté des chemins; fût-il d'ailleurs arrivé à Makow il y eût trouvé une partie de l'armée deBuxhoewden prête à lui tenir tète. Quant an corps de Bernadotte, il avait marché dans la direction de Biezun sans rencontrer personne.Ces t&tonne- Bients, ces succès contestés, ce défaut de précision et de concert dans l'exécution étaient à la vérité imputables à la saison et à la nature de ce sol mouvant qui rendait nos manœuvres si lentes et si pénibles, mais ces obstacles, Napoléon les connaissait depuis son arrivée en Pologne ; ils existaient pour nos ennemis comme pour nous, et c'est justement parce