Cinquante -huitième bulletin
lie trois mille blessés el de quinze cents morts, t dait à Darti : • Monsieur Dam, votre état di ne fait monter le nombre des blessés entrés pitaux de Tiiorn fju'à quatre mille. Cela ei chose, il devait y tn avoir davantage; j'avais ce sept à huit mille bUssés'. ■ Il devait d'autat calculer sur ce cliilTre que les rapports des corps portaient ce nombre à douze mille. ( pouvait-il ignorer que les hôpitaux de Thon loin de contenir tous ces malheureux, qu'i nombre d'entre eux ou s'était dispersé avec nards dans les localités environnantes, ou ava abandonné par suite de la difficulté des tra < Je fus chargé de suivre le général Col couvrait la retraite, a écrit Fezensac; nous donc les derniers. La route était couverte de de chariots de toute espëct; qui restaient dans la neige. Beaucoup de blessés réfugiés voitures nous conjuraient vainement de ne
dont les cosaques occupaient déjà la ville'. » A cAté de ces honteuses dissimulations^ le rapport dans lequel Bennigsen s'attribuait hardiment la victoire, mais en avouant une perte totale de 12,000 tués, peut passer pour un modèle de véracité '.
Au reste, ce qui, mieux que tout autre chose, peut faire juger du véritable état de nos affaires après la bataille d'Eylau, c'est le changement complet qui s'opère du jour au lendemain dans la politique de Napoléon à l'égard de ce même roi de Prusse qu'il venait de traiter avec tant de dureté et de mépris. La faille encore, il le renvoyait dérisoirement à l'époque ié la paix générale, semblait douter s*il le rétablirait jamais sur son trône, et, dans tous les cas, affichait hautement l'intention de ne jamais lui restituer ses provinces polonaises. Combien ses dispositions se sont adoucies le lendemain de la bataille ! « Monsieur mon Irère, lui écrit-il le 13 février, j'envoie près de Votre Majesté le général Bertrand, mon aide de camp, qui a loote ma confiance. Il lui dira des choses qui, je Tes* père, lui seront agréables ; qu'elle croie que ce mo- Wê&dI est le pltLS beau de ma vie! Je me flatte qu'il sera PCpoque d'une amitié durable entre nous. »
1. Souvenirs militaires, de Fezonsac. Un autre témoin oculaii*c, It WUson, confirme pleinement la vérité de ce récit. Les Russes îtlrirmî 200 de ces voitures chargées de blessés. Tous les villages viiiins étaient encombrés de nos malades : Â sketch of tlie cam-
^3. « Je mets aux pieds de Votre Majesté, écrivait-il à Alexandre. imite drapeaux enlevés aux ennemis. » Ces drapeaux, furent por- Hb par le colonel BeckindcHT, à Péterabourg, où tout le monde Put les Toir, ce qui n'empêcha pas Napoléon d'écrire dans son 59' Wletin « qu'un seul régiment avait perdu son aigle, par suite d*un accident de guerre. >