Message au Sénat
été signifié dans tonte sa brutalité. Mais, par une heureuse coïncidence, au moment même où Napoléon lui jetait ce défi insensé, elle lui faisait ofinr sa médiation auprès des coalisés. Napoléon écrivait sa lettre le 19 mars, et le lendemain, 20, il recevait celle par laquelle Talleyrand lui notifiait Toffre du cabinet autrichien, n en éprouva un vif désappointement, car cette proposition bienveillante faisait tomber ses menaces en leur étant tout prétexte, et conservait à TAutriche l'avantage de sa position expectante. Malgré ses hypocrites déclarations en faveur de la paix, il n'avait plus au fond aucune envie de la faire depuis que de nombreux renforts étaient venus combler les vides de son armée, et ses démarches auprès des diverses puissances avaient pour but de gagner un allié de plus, et nullement de conclure une pacification. n n^avait que faire des bons offices de la cour de Tienne; ce qu'il avait voulu obtenir, c'était l'appui de ses armées. Cependant il sentait toute la gravité de cet faiddent, et ne se dissimulait pas que l'intervention antrichienne pouvait en très-peu de temps aboutir à h guerre. Ses embarras se trahissent dans les incessantes fluctuations de son langage et de sa conduite. On le voit d'abord prescrire à Talleyrand une attitude ambigaë ; il lui recommande de ne répondre ni oui ni non, d'exiger que rAutriche cesse d'armer, et « se présente, un bâton blanc à la main, cornue un juge de paix ^ » Quelques jours après, il le presse de pousser l'Autriche, il se déclare prêt à accepter la médiation, il demande même qu'on y joigne « une
i. Napoléon à Talleyrand, 20 mari.
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suspension d'armes de trois ou de six mois*. » Le 16 avril, il accepte officiellement la médiation en insistant encore pour l'armistice'; mais bientôt il se ravise. Avant tout armistice, il veut avoir Danztg et Graudenz que son armée serre de près ; il blâme Talleyrand d'avoir admis pour base le status prxsmu; il lui enjoint de ne s'engager à rien* de faire Fignorant, de traîner en longueur ; il regarde rinterven* tion de l'Autriche comme un malheur; il faut donc que tout, et c jusqu'au lieu même où doit se réunir le congrès, puisse devenir un objet de discussion*. > Dans toute cette négociation dont il est si Êici'e de prévoir le dénoûment, son manque absolu de principes et de toute règle de conduite, Tincroyable mobilité de ses idées qui n'avaient d autre boussole que l'intérêt du moment, envisagé sous le point de vue le plus personnel et le plus éphémère, dégénèrent en imprévoyance et en déraison. 11 n'en fallait pas tant pour faire échouer un projet qui n'avait été pour l'Autriche qu'un expédient, et que les autres puissances n'avaient pas pris au sérieux no seul instant. Elles acceptèrent en principe la mèdii' tion autrichienne, mais en fait elles s'en tinrent à (le vagues déclarations, et il n'y eut de réel et de définitif dans leurs démarches que la convention de Bartens* tein (26 avril) qui resserra plus étroitement encore l'alliance de Frédéric-Guillaume avec Alexandre. I^ deux souverains s'unissaient de nouveau pour la df-