‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 206 sur 310 · Napoléon à Soult. 28 féTiicr · texte numérisé non relu

Napoléon à Soult. 28 féTiicr

L0I8IR8 D'OSTKRODE ET DE FINKBNSTEIN. 79

«t Ciolberg. Il tenait particulièrement à la prise de Danzig, entreprise plus difficile dont il voulait donner rhonneur au vieux Lefebyre, mais qui était en réalité dirigée par deux olficiers èminents du génie et de rarUUerie, Ghasseloup et Lariboisière. Danzigfut mTesti le 8 mars, et à partir de ce moment le siège fut poursuivi régulièrement par un corps d'année de 20,000 hommes, composé en partie d'auxiliaires.

Cette période de tranquillité relative lui permit également de jeter un coup d'œil sur nos affaires intérieures qui se trouvaient dans une situation fort peu rassurante. Ciomme tout en déléguant une partie de son autorité à l'archichancelier Gambacérès, il avait voulu rester le centre de l'administration et des intérêts» il est facile de comprendre qu'après une si longue absence, au milieu d'événements si tumultueux, si compliqués, il était fort mal placé pour donner au gouvernement intérieur l'impulsion de chaque jour sans laquelle rien en France ne pouvait {dus se faire ni marcher. Tout y étant soumis aux décisions de cette fantaisie désordonnée, tout s'y était trouvé suspendu et arrêté en même temps, et l'on voit par sa correspondance que, pour régler le moindre différend, pour obtenir de lui une décision relative à des chanteurs d'Opéra, il fallait courir après te conquérant jusqu'au milieu des neiges d'Eylau, avant de savoir quelle conduite on devait tenir. Avec quelle compétence et quelle connaissance des questions, des faitéréts, du bon droit, de pareils arrêtés pouvaient ttre rendus, c'est ce qu'il est inutile d'examiner pour tout esprit sensé. Un désarroi général, un malaise profond, une déplorable inertie dans toutes les bran-

ches de ractivité nationale, excepté celle que nourrissait la guerre, telle était l'inévitable conséquenoe d'un semblable système. Les alarmes que fit naître la situation périlleuse de notre armée après Eylau, n'étaient pas de nature à atténuer le mal.

Ces souffrances tenaient à sa politique; quelque bonne volonté qu'il eût d'y remédier, il ne dépendait pas de lui de les soulager tant qu'il ne reviendrait pas à des vues moins chimériques. Il n'est pas dans la nature des choses qu'un homme , eût-il un génie politique très-supérieur à celui de Bonaparte, paisse bien gouverner un État, et à plus forte raison un si vaste empire, à cinq cents lieues de ses frontières, aa milieu des agitations, des accidents et des innombrables nécessités de la vie militaire. Lorsque Napoléon avait, dans sa journée, fait de quinze à vingt lieues i cheval pour parcourir ses cantonnements, lorsqu'il avait dicté dix lettres relatives aux mouvements de ses troupes sur l'immense échiquier qu'elles avaient i parcourir, lorsqu'il avait prévu et réglé les mesures i prendre pour leur faire parvenir à point nommé leurs approvisionnements, leurs munitions, leurs objets d'équipement, pour envoyer aux chefs de corps leon instructions, pour imprimer un mouvement d'ensemble à des opérations si variées, pour conduire lessié* ges et diriger les négociations, il tombe sous le seos qu'il ne lui restait plus pour la conduite des affaires intérieures de l'empire qu'une somme d'attention fort insuffisante, et qu'il ne pouvait leur accorder qu'as regard distrait. Les écrivains complaisants qui nous le montrent portant avec aisance ce poids énorme, et du fond de son camp d'Osterode faisant mouvoir tout

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