‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 209 sur 310 · IV · texte numérisé non relu

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Moie de SUet esl rcDTOjie de nouveau, NapoléoD Kspcre. ]faîs il ne peut aborder ce sujet sans perdre (out son sang-froid ; on dirait qu'il a rimaginatioD frappa et pressent que ce noble esprit, qui mesure ainec un si ferme jugement les fausses grandeurs de l'Empire, assistera un jour à leur chute; et cette sorte d**mtuition superstitieuse lui inspire des invectives d'une exaltation pres([ue burlesque ; « Je vois avec plaisir, écrit-il à Fouché le 18 avril, que je n'entendi plus parler de Mme de Staël.... Cette femme est imuro» corb<au. Elle croyait la tempête déjà arrivée, et se repaù' sait d'intriinies et de folies, Qu*elle s'en aille dans son làman! • Pressentiment juste et fondé I quel augure pouvait en effet être plus sinistre pour lui que ce nom détesté ? Ce nom lui rappelait sans cesse qu'en dépit de sa i puissance, de ses séductions, de ses prodigieux soc- I ces, il y avait dans l'âme de ses contemporains quel* ! que chose qui lui résistait invinciblement, et qu'avec { toute sa force il ne pouvait briser ni soumettre, mbne j chez une femme sans défense. Ce quelque chose i b i fois si fort et si fragile, si vivant sous les appaiences ; de la mort, c'était le mattre souverain des choses , humaines, qui peut souflrir parfois des violences pas* : sagères, mais sans lequel rien ne se fait id-bas de , grand ni de durable, c'était l'esprit de justice et de . liberté, sa victime d'aujourd'hui, son vainqueur de , demain !

Ce qui est singulier, c'est que tout en proscrivaDt ï avec cette haine implacable et pusillanime toute [ pensée indépendante et tout sentiment élevé, Napoléon ne perd pas de vue un seul instant son projet de ^ faire revivre les grandes époques littéraires. Les fruits

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I rinsUtation des prix décennaux se faisant quelque m désirer, il imagine une combinaison nouvelle qui I hâter leur maturité/ On a de lui, à cette date ème^ deux longues dictées relatives aux encourage* ents à donner aux lettres et à rétablissement d*éco- B spéciales, qui sont un témoignage curieux du isordre et de l'incohérence de ses idées. Il y reconilt que TËlat est peu compétent en cette matière, l'il n'a pas à s'occuper de donner des places aux lëtes, que leur récompense est dans les suffrages du iblic; mais en même temps c'est radmînûtrolton qu'il nt charger de recommander Us auteurs à FaUentUm I ce même public. Les encouragements du pouvoir ont pas produit les effets qu'il en attendait; il esyera du stimulant d'une censure officielle. Il admire dielieu commandant à l'Académie la critique du !; ee Unit de petitesse d'un ministre bel esprit lui ible un trait de génie; il y voit le germe d'une jtotion féconde, il veut que ce grand exemple imité : « Si c'est sur la demande de l'Empereur, l'a ce sujet, que l'Institut fait la critique ou des iques de l'abbé Delille, non comme traduction, comme chef-iTœuvre de langage^ de poésie et de ou du plus beau chant du poème de la Naviga^ ar Esménard, ou des plus belles odes de Léon même pour mieux marquer des intentions iales du plus beau morceau de poésie sorti plume de Fontanes, peut-être l'auteur criimra-l-il d'abord un peu d'humeur, mais bienntira que le choix qu'on a fait de son ouvrage réloge, tandis que le public s'intirissera ^ a, se formera!... Une fois l'institution d'une

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sage critiqae régulièrement iuMie^ on pourra m phu permettre k genre de critique orluei, ou du moins en corriger les excès. L'Insiitat -est un grand moyen dans les mains du ministre M... » 0 sublimité de ce génie universel! chasser Mme de Staël et ériger llnstitot en cour suprême de critique administrative afin d'a^ river à supprimer la critique libre, quel moyen ingénieax et puissant de relever la littérature française, et quel titre à rétemelle admiration des sots 1 Quind on pense que de si tristes inspirations ont si longtemps passé pour des modèles de sagesse et de raisoa, on ne peut se défendre d'un certain plaisir à faire toucher du doigt le bDis de l'idole et à en faire résonner le creuT. C'est en vain que des esprits à courte vue voudraient contester ce droit de l'historien; s'il est vrai que le passé soit la leçon de l'avenir, et qu'ooe nation s*éclaire et se fortifle en jugeant avec fermeté les erreurs qu'elle a commises, c'est un devoir de loi dévoiler dans toute leur inanité les illusions qui l'ont i égarée. '

Napoléon dictait le même jour, sur l'enseignement de la géographie et de l'histoire, des instructions plitf j sensées, mais où se révélait également l'étroite ftéoer ] cupation qu'il portait en toute chose. Indépendamment de sa préférence pour l'histoire militaire, on y voit j qu'il voulait faire de l'histoire un simple répertoire I des dates et des faits^ une sorte d'anatomie des évé- i nements dépouillés de tout ce qui pourraitleur donner un sens, une moralité, une conclusion : « Ondevintfa aisément, disait-il dans cette note, que ma secrète pen-

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