Première annexe
de Bourbon en sa faveur, moyennant une somme de quelques millions, proposition que Louis XVIII repoussa avec beaucoup de noblesse et de hauteur, et que Bonaparte se hâta de désavouer aussitôt qu'il en connut l'insuccès et le pitoyable effets La Prusse avait vu avec une satisfaction nullement dissimulée les coups que nous avions portés à l'Autriche; elle avait profité avec son avidité déjà proverbiale des pertes qu'avait subies la vieille organisation germanique; elle s'était depuis longtemps fait de la neutralité un système dont elle espérait tôt ou tard recueillir de grands avantages. Mais depuis que notre armée s*était emparée du Hanovre, depuis que nous avions mis la main sur le port de Cuxhaven qui appartenait au territoire de Hambourg, depuis que nous menacions ouvertement pour le punir de quelques démonstrations inoflensives, le Danemark, un de ces États maritimes qui étaient censés gémir le plus sous la tyrannie des mers, la Prusse avait commencé à perdre un peu de sa sécurité et donnait des signes évidents d'inquiétude.
Le blocus que les Anglais établirent à l'embouchure de TËlbe et du Weser, pour punir FEmpire germa^ nique de navoir pas défendu la neutralité du Hanovre cmme c'était son devoir, les plaintes des commerçants ruinés, les alarmes des petits États allemands, les remontrances de la Russie mécontente, avaient mis le comble aux perplexités de la Prusse. Il eût été d'une bonne politique de les dissi-
1. La négociation eut lieu par Tentremise du président de Meyer, en février 1803; elle ne fut connue du public qu'au mois de juillet suivant^ par un article du Moming-Chronicle.