JUNOT EN PORTUGAL
sanglantes, sans souliers, sans artillerie, sans bagage, en pleine débandade, et c'est dans cet équipage, à la fois triste et ridicule, qu'il parut devant Lisbonne le 30 novembre au matin. II arrivait au moment précis que lui avait fixé* Napoléon ; mais s'il s*était trouvé dans l'armée portugaise une poignée d'hommes résolus pour attaquer cette légion de fantômes, pas un de nos .soldats n'aurait survécu à cette folle équipée. Heureusement pour Junot et pour ses troupes le prestige de la grande armée couvraitleur faiblesse ^
Au moment où la tête de colonne des troupes françaises se montra aux environs de Lisbonne, la flotte portugaise, retenue plusieurs jours par des vents contraires, mettait à la voile pour le Brésil, emportant le régent, sa mère, toute la famille royale, et ayec la cour, les amis et les serviteurs qui voulaient jusqu'au bout partager leur fortune, en tout sept à huit mille personnes allant chercher une nouvelle (latrie au delà des mers. Le régent, prince adoré de ses sujets pour sa bonté et la douceur de son administration, ne pouvait se résoudre sans déchirement i UD exil si douloureux, il eût voulu en épargner les épreuves à tant de malheureux inoffensifs qui connaissaient à peine de nom Tauteur de leurs maux. Il s*effbrça encore d'apaiser Napoléon, il se déclara prêt 4 consentir à toutes les concessions demandées, même à celles qui étaient relatives à la confiscation des biens et à l'arrestation des personnes. Tout fut inutile, on ne laissa pas même pénétrer sur le territoire français son ambassadeur Marialva. On ne voulait de