Général Foy : Hist, des guerres de la Péninsule
228 HISTOIRE DE !IAPOL£o^ 1*.
lui qu'une seule chose. c'èt»t sob roysmne. Le 27 no> Teiobre, par une journée froide et plarieiise, il sortit du palais d'Ajuda, entouré de sa laiiiflle, au milieu d'une foule émue qui le saluait tour i tour de ses bécédictions et de ses sanglots. On vov^t auprès de lui, comme une image vivante du malheur, la reine si mère qui, frappée d'aliénation mentale depuis de longues années et ramenée tout à coup au milieu, da bruit, du mouvement tt du grand jour, semUait chercher autour d'elle, de ses yeux égarés, l'explication de cette scène de désolation. L'embarqu^nent se lit au milieu de la plus morne tristesse, sous la protection de Tescadre anglaise que commandait sir Sidney Smith. La flotte s'éloigna au moment où nos boulets allaient l'atteindre. Ces milliers d'innocents, dont le seul crime était d'avoir tenté la cupidité d'un conquérant impitoyable, allèrent, à travers mille dangers, chercher au delà des mers un asile incertain et précaire, atandonnant leurs biens, leurs foyers, leurs parents, leurs amis, rompant, la plupart pour toujours, ces mille liens sacrés qui sont la patrie. Jamais depuis les proscriptions romaines la grande image de Tacite n'avait paru plus vraie : mare exiftû plénum. Et l'homme qui , pour satisfaire une convoitise, réduisait à cette condition misérable ao si grand nombre d'infortunés dont il n'avait jamais eu à se plaindre, était satisfait, il était tranquille, il était glorieux, on rappelait Grand!
Junot s'établit paisiblement à Lisbonne où il rallia peu à peu le reste de son armée, puis il prit sans coup férir possession de tout le Portugal, ne laissant aux deux corps auxiliaires de Solano et de Taranco