JUNOT EN PORTUGAL
que le rôle de spectateurs. D'un naturel turbulent, mais bon et généreux , Junot n'eût pas mieux demandé que de faire oublier insensiblement aux Portugais les disgrâces de leur patrie par la douceur de son administration; mais il avait à exécuter les ordres d'un mattre inexorable qui ne croyait qu'au pouvoir de la crainte. Napoléon lui reprochait ses ménagements comme une trahison y il était impatient de s'emparer des dépouilles de ce malheureux petit peuple sans défense. < L'espoir que vous conceveztiu commerce et de la prospérité, lui écrivait l'Empereur, est une chimère avec laquelle on s'endort. Quel commerce faire dans un pays qui est bloqué et dans des circonstances de guerre aussi incertaines que celles où se trouve le Portugal? ■ Il fallut donc confisquer, emprisonner, exiler, frapper des contributions extraordinaires. Il reçut Tordre de désarmer et de déporter en France toutes les troupes portugaises, et avec elles toutes les personnes suspectes d avoir conservé quelque attachement à la famille royale Munot espérait en être quitte pour ces mesures impitoyables, lorsque Napoléon lui expédia tout rédigé un décret, daté de Milan, qui allait compléter pour de longues années la ruine et la détresse des populations portugaises. Ce décret imposait au Portugal une nouvelle contribution montant à cent millions de francs , pour servir, disait Napoléon, au rachat de toutes les propriétés sous quelque dénomination qu'elles soient appartenant à des particuliersK Après ce début, qui présentait toutes les pro-