Lettres de l^a^^léon à Murât, du 8 au 16 mars
LA RÉVOLUTION d'aRANJUEZ. 255
reine d'Étrurie, qu'il avait connue en Italie et qui s'était réfugiée auprès de ses parents après avoir été chassée de son royaume par Napoléon, un message dans lequel on implorait sa pitié en faveur des souverains détrônés et du prince delà Paix. La reine^ après avoir rappelé à Hurat les liens d'amitié qui Tu* nissaient à Godoy, le suppliait instamment d*étendre sur lui sa puissante protection et de venir voir le roi à Aranjuez. Hurat n'y alla pas, mais il y envoya son aide de camp Monthion. Cet officier vit les souverains déchus, il fut témoin de leur douleur, de leur effroi^ de leurs angoisses au sujet de Godoy, de leurs implacables rancunes contre le fils qu'ils accusaient de tous leurs maux. Monthion rapporta à Hurat une lettre de la reine d'Espagne remplie des plus humbles supplications : il était avec l'Empereur leur seul espoir de salut. Elle faisait appel à son amitié, à ses sentiments d'humanité. Le prince de la Paix n'avait été si cruellement persécuté qu'en raison de son attachement pour la France et l'Empereur. Elle ne demandait qu'à aller finir paisiblement ses jours dans un pays qui convint à la santé du roi ainsi qu'à la sienne, avec le roi et avec leur unique ami qui était aussi celai de Hurat (22 mars).
Il est singulier que dans les lettres notoirement jEateifiées que Napoléon fit publier beaucoup plus tard an Moniteur sous le nom de la reine d'Espagne, on ait laissé subsister une quantité de passages où est exprimé avec la même naïveté ce désir de vivre dans la retraite si peu compatible avec les regrets ambitieux qu'on lui prêtait : c Que le grand-duc, disaitelle dans une autre de ces lettres, obtienne de l'^TCk-
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Mteur qu*on donne au roi mon mari, à moi, au prim de la Paix, de quoi vivre ensemble tous trois, dans «a Mdroit tx)n pour nos santés, sans commandem^t «M iDtHjrues^ » Ce n'étaient certainement pas là les «tMiiM'nt^ d*une reine qui aspirait h remonter sur !|r irrAiii^ Mais il convenait à la politique de-Munt ^^^ttlmvr 3^ vvlW de Napoléon qu'elle parût ressentir iH^ ^otc$ {uVlle n'éprouvait pas ; et il n'était d'ail- .(mr$ >iB!^iiifôctle de l'amener à les feindre en loiren- «jitK -'^nifAmr vie 51^ venger.
Itei r^>t^4wc <«$ ioformations de son aide de camp^ HunftC v.>mcut aisssjldl lldée d'utiliser la tonte*piiissaih» v{ue lUi tiottoait ce rôle de protecteur, pour obtenir du roi une protestition contre son Si $a renonciation au trdne ne lui avait pas été cbêe par !a violence^ elle avait été du moins dictée par la crainte» et n'avait été accompagnée d'aucune des formalités usitées en pareil cas. Monthion retourna donc à Aranjuez dans la journée du 23 man. II en rapporta une pièce antî-datée du SI, dans laquelle le roi déclarait n*avoir abdiqué la couronM m qu'afin d'éviter de plus grands malheurs et d'empêcher refTusion du sang de ses sujets, ce qui rendait ledit acte nul et de nul effet. » Armé de cette pèce qu'il voulait garder secrète jusqu'à ce que NapoMoB eût déddé l'usage qu'il lui convenait d'en ftire, résota d'autre part à ne pas reconnaître Ferdinand tant qu'il n'en aurait pas reçu l'ordre, Hurat, on le voit» n'engageait personne; il laissait les choses entières, réservait très-adroitement la liberté d'action de l*Kin-
1. Les lettres de U reine d'Espagne ftirent publiées dans le Mcmteur du 5 février 181Q.