‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 252 sur 310 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

INSURRECTION d'eSPAONE. — L'àYÉNSMINT

DU ROI JOSEPH (mai-juillet 1808).

La nouvelle des fusillades du 2 mai répandue as milieu d'une population déjà inquiète» agitée, indignée de la présence de tant de soldats étrangers sur son territoire, produisit dans toute l'Espagne un long frémissement de colère. Mais lorsqu'on y connut les odieuses circonstances de la trahison de Bayonne et les deux abdications qui l'avaient suivie, ce ne fU plus d'un bout à l'autre de la Péninsule qu'un eed cri, immense, instantané, foudroyant, cri de vengeance et d'extermination destiné à retentir dans les siècleii et tel que le monde n'en avait jamais entendu jusque-là l On eût dit qu'une grande commotion volcanique tenait de soulever le sol de l'Espagne sur toute sa surface. En un jour, en une heure, sans concert et sans mol d'ordre, toute la nation fut debout, enflaounée d'un sentiment unanime. Ces vastes mouvements qui entraînent tout un peuple dans le même courant de haine, d'amour ou d'enthousiasme, n'étaient pas un spectacle nouve^M ^our l'Çurope. La France le loi

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avait donné plus d'une fois pendant les longues péripéties de sa Révolution ; mais là comme dans toutes les monarchies unitaires et centralisées, tantdt la capitale, tantôt quelques hommes, dictateurs improvisés, avaient voulu et décidé, la multitude avait suivi. Elle avait suivi avec une exaltation et un dévouement souvent aveugles; elle n'avait eu ni la pensée ni l'initiative. Ce qui fait l'originalité et la grandeur du soulèvement espagnol, ce qui lui donne une physionomie à part dans l'histoire, c*est que nonseulement toutes les provinces, toutes les villes et même les villages se levèrent à l'insu les uns des autres, mais que chaque homme en quelque sorte, à ce moment de péril suprême, osa, dans son isolement, regarder en face le tyran du monde, et lui déclara la guerre pour son propre compte. Il est toujours facile et souvent peu glorieux de suivre le mouvement qui entratne les foules, mais lorsque l'homme, sans autre témoin que lui-même, et sous la seule impulsion de son honneur, embrasse d'un cœur intrépide une résolution qui expose sa fortune et sa vie à une destructkm presque certaine, ceux qui ont à raconter de tels Caitsdoivents'incliner avec respect, car ils ont sous les yeux ce phénomène rare et sublime qu'on nomme lliéroisme.

Cet exemple, des milliers d'hommes le donnèrent an même instant, en accourant en armes au petit centre de leur canton ou de leur province. Seraientils imités et soutenus? Ils l'ignoraient; ils ne savaient qu'une chose» c'est qu'ils préféraient la mort à Fignominle d'une domination imposée et subie sous de tels auspices. U dut dire d'ailleurs que jamais^ d«Xk% \^^

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