‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 254 sur 310 · Toreno, Hist, delarétoluHan d'Espaçne · texte numérisé non relu

Toreno, Hist, delarétoluHan d'Espaçne

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puis cela fait, les représentants de cette humble contrée, à peine perceptible sur une carte d'Europe, saisis d*un enthousiasme inexprimable, déclarent soleonellement la guerre àl'oppresseur des peuples. Sublime accès de folie, aussi digne des regards de l'histoire que rimmortelle inspiration qui poussa les trois cents fib de Sparte au-devant de toute une armée 1 Et en commençant cette lutte si prodigieusement inégale, h junte des Asturies se croyait si bien réduite aies seules ressources, elle agissait tellement en son propre et privé nom que sans plus attendre et sans consulter personne, elle envoie sur-le-champ en Angleterre) pour y réclamer Fappui des forces britanniques, deui députés, dont l'un était le vicomte de Matarosa, le même qui, plus connu plus tard sous le nom de comte de Toreno, nous a laissé le récit le plus fidèle et le plus judicieux qui ait été publié sur ces événements. Les envoyés delà junte débarquèrent à Falmouth diDS la nuit du 6 juin 1808, et dès le lendemain à sept heures du matin ils étaient admis à l'hôtel de l'Amirauté. Ils apportiient à Canning la déclaration de guerre que la junte des Asturies venait de signifiera l'empereur des Français, roi d'Italie, et la requête qu'elle adressait à S. M. britannique. A l'audition d'oB message si extraordinaire, la vive intelligence de Canning , suppléant aux nouvelles qui faisaient absolu* ment défaut, entrevit aussitôt quel prodigieux ébranlement devait avoir reçu la Péninsule pour qu'il s'y produisît des événements aussi inouïs. Il comprit qu'une émotion si vive et si profonde ne pouvait pas être un fait isolé, que cette conflagration n'était que J'épisode d'un \asle \ivç.^tA\&\ vl'i^romit aux députés

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Tappui énergique de la Grande-Bretagne et bientôt leur en donna par écrit l'assurance officielle au nom du cabinet.

Au moment où les montagnards asturiens jetaient leur cri de guerre, un cri semblable leur répondait à Tautre extrémité de la Péninsule, à Garthagéne. Là ce fut le désir de conserver à TEspagne une escadre que Napoléon faisait diriger sur Toulon par l'amiral Salcedo, qui précipita les événements. La vue de cette honteuse spoliation, accomplie au grand jour comme l'acte le plus légitime, remplit les habitants de colère et d'indignation. La nouvelle des abdications de Bayonne qui survint au même instant acheva de les décider à la révolte. Ils savaient que l'escadre devcût d'abord relâcher à Mahon; c'est là qu'ils iront l'arré* ter. Us se précipitent vers la demeure du capitaine général, le déposent et le remplacent par un de leurs adhérents, nomment une junte d'insurrection, ouvrent leurs arsenaux et leurs dépôts d'armes aux provinces voisines. Cela fait, ils se hâtent d'envoyer à Mahon un officier de marine qui vient intimer à Salcedo la défense de partir et l'escadre échappe à ses ravisseurs (22, 23 mai). Hurcie imite aussitôt Garthagéne. Une autre ville du même littoral, la riche et populeuse Valence, n'a pas attendu ce signal pour éclater. A Valence, la lecture du numéro de la Gazette de Madrid^ qui contient les abdications, a suffi pour soulever le peuple. En une heure toute la ville est debout aux cris de : Vive Ferdinand I mort aux Français !

Malheureusement on ne s'en tient pas aux paroles. Ici comme dans la plupart des villes où se trouvent de grandes agglomérations populaires, l'irritation de&

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multitudes, sur^xcit^ jusqu'au délire, amène des scènes lamentables auxqudks de omrageiix diojeiis essayent en vain de s'opposer. Le comte de Cerfelkui, qui trahissait Tinsurrection en feignant de la serrir, écfaap|:e à une mort méritée grâce au dérooement de sa fille qui arrache aux mains des accusateurs ks preuTes écrites de sa trahison; mais le baron d*Âlbftlat, innocent quoî<que suspect, est mis en pièces par une foule furieuse, nouvel exemple des méprises de ces justices sommaires qui jugent sans disoemenieat et frappent à Tavecgle. Quelques jours plus tard le peuple de Valence, tombé sous la dominaticMi d'oi prêtre fanatique, le chanoine Calvo, déshonore sa rtvolutionpar le massacre des résidents français rètogiésdans la citadelle. Mais ces assassinats sont biatot punis par le supplice de Calvo et de ses partisans, et la ville, honteuse de leurs eicès, va les effacer avant peu par des exploits qui la réhabiliteront aax yeux do monde.

Au début de rinsurrection, ces scènes sanglantes qui, une fois la guerre engagée, deviendront le plus souvent de justes quoique inexorables représailles, sont loin d'être un fait général ; on peut même soutenir quelles sont exceptionnelles, surtout si Ton tient compte de la violence des passions qui s'y trouvaient enjeu. Les Français établis en Espagne furoii presque partout protégés contre la fureur populaire malgré la haioe dont ils étaient devenus l'objet. QoaDi aux fonctionnaires qui furent frappés, si leur châtiment était à la ibis irrégulier et excessif, leur adhésion au gouvernement de Murât était à bon droit considérée comme un crime. Dans beaucoup de villes on

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se contenta de les déposer; dans d'autres on les enrôla purement et simplement dans Tinsurrection. A Valladolid, résidait le capitaine général du royaume de Léon, don Gregorio de la Guesta, vieux militaire et bon patriote, mais caractère hautain et obstiné, habitué à ne croire qu'à la force enrégimentée et comme tel jugeant toute résistance inutile. Les révoltés, voyant que ni par leurs prières, ni par leurs raisons, ni par leurs menaces, ils ne pouvaient décider le vieux général à se déclarer pour l'insurrection, élevèrent une potence devant le balcon de son hôtel et le sommèrent de choisir entre la mort et le commandement des forces insurgées. Ce raisonnement péremptoire mit fin aux scrupules de la Guesta, soit qu'il fût intimidé, soit qu'il comprit enfin qu'une telle énergie pouvait devenir un puissant instrument de délivrance.

Le soulèvement de la Galice avait suivi de près celui des Asturies, pays auquel elle confine de plusieurs côtés. Get événement fit tomber au pouvoir de Tinsurrection les ports et les arsenaux du Ferrol et de la Corogne, dont Napoléon travaillait depuis longtemps à s'assurer la possession. Hais on eut à y déplorer le meurtre du capitaine général Filangieri, homme qui s'était fait aimer par la douceur et la droiture de son caractère. On apprit presque en même temps la révolte de la province de Santander, qui menaçait de très-près nos communications par les Pyrénées. Gelle du royaume d'Aragon fit son explosion à Saragosse où le peuple devina et choisit un héros en la personne de don José Palafox; enfin celle de la Vieille- Gastille et de la Gatalogne vint compléter en peu de ours l'insurrection des provinces du nord. Seules le<&

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proTînces basiocs , inondées de nos soldats qui les parcoonient dans Ions les sens, s'abstinrent de prendre part au moaTement. Déjà le midi tout entier était en feu. Là, comme partoot, c'était sans rien siToîr de ce qui se passait dans le reste de l'Espagne qu'on aTait couru aux annes. La junte insnrrecUonnelle de Sérille crojait si bien être seule en agissant pour tous, qu'elle aTait |His naïvement k titre de Junu suprême dCEspagm et des Indes ^ persuadée qif elle était le dernier asile du patriotisme espagnd et parodiant à sa façon le beau vers du poêle :

Rome n'est plos dans Rome , elle est toute où je sais.

Ce bel élan national fut malheureusement souille par le meurtre du comte del Aguila. L'Andalousie était la province où il y avait le plus de troupes espagnoles, grâce aux précautions que Napoléon avait prises pour les éloigner de Madrid. Il s'en trouvait qd assez grand nombre à Séville, plus encore à CidiZi el au camp de Saint-Roque, près de Gibraltar. Ces combinaisonSy soi-disant prévoyantes , eurent pour effist de faire de TAndalousie, pays fortifié natureUemeot par les escarpements de la Sierra Morena , le centre le plus formidable de l'insurrection espagnole- Les troupes de Séville ayant immédiatement pris parti pour la cause nationale, la junte songea aussitôt i s'assurer de Cadix, le premier port delà Péninsule, et du camp de Saint-Roque où se trouvait sa plus impo^ tante armée. Castaôos, le commandant du camp, se prononça dès l'arrivée de l'envoyé de la junte de Se* ville. L'émissaire envoyé à Cadix y rencontra des obstacles inattendus. Le capitaine général de Cadix

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