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s*aniioncèrent pas sous des auspices moins brillaiits que celles du Nord. Moncey, qui devait soometlare Valence, s'avança à pas comptés jusqu'à Guenca, i peu près à mi-chemin de Madrid (1 1 juin), et là il attendit prudemment que Ghabran, qui devait le seconder en partant de Barcelone et en filant le long du littoral» eût suffisamment accentué son mouve» ment, pour lui permettre de s'avancer plus Icho. Ghabran s'était en effet mis en marche, comme loii le 4 juin , et il avait poussé jusqu'à Tarragone. Mail la Catalogne entière s'était insurgée derrière loi malgré les places fortes que nous occupions sur phh sieurs points; le général Duhesme, se trouva blo* que par la révolte dans Barcelone , au point d*étn menacé de perdre ses communications avec le corjs expéditionnaire y et Chabran dut s'arrêter comme Moncey, mais avec encore plus de crainte de se voir forcé de rétrograder. Peu de jours après. on apprit que les faciles triomphes de Desnoettes avaient trouvé leur terme devant Saragosse, où il était tenu en échec par Palafox.
La marche de Dupont vers l'Andalousie avait élé plus heureuse et plus rapide. Dès le l** juin, ce général s'était engagé impétueusement, avec environ quatorze mille hommes, dans ces longs défilés de la Sierra-Morena, qui devaient être avant peu témoins de sa défaite. Dupont était, on peut le dire, un des lieutenants favoris de Napoléon. A Albeck, à Halle, à Priedland il s'était mis au premier rang par d'éditants coups d'audace; il était sur le point d'être ftût maréchal, et TEmpereur lui avait oflTert la campagne d'Andalousie comm^ Mwe occasion de mériter ce cou-
ronnement envié de sa carrière militaire. Il partit donc plein d'ardeur, d'espérance, de désir de se distinguer. Comme Moncey lui-même, il devait recueillir en route de nombreux auxiliaires espagnols et suisses; il essuya le même mécompte et ne put réunir qu'environ deux mille Suisses dont la fidélité incertaine avait grand besoin d'être encouragée. A Baylen, il apprit que toute l'Andalousie était en armes et qu'il aurait à livrer plusieurs batailles rangées avant d^arriver jusqu*à Cadix. Il n'en persista pas moins à marcher sur Cordoue par Andujar. L'armée de Cordoue, qui voulait combattre pour son compte comme celle de Séville, vint au-devant de lui jusqu'au pont d'Aïcoléa sur le Guadalquivir. Dupont la battit facilement malgré sa propre infériorité numérique, mais il prouva une résistance plus vive qu*il ne s'y attendait et fit des pertes plus sensibles qu'aucun des autres généraux engagés au même moment (7 juin). Il poursuivit les Espagnols l'épée dans les reins sur la route de Cordoue, et parut devant cette ville après une marche forcée de plusieurs heures sous un soleil brûlant. Ayant fait sommer inutilement la place, il en enfonce les portes à coups de canon, et ses soldats y pénètrent en tuant et dévastant tout ce qui se présente sur leur passage. Ils entrent dans les maisons^ s'y livrent à d'ignobles orgies, puis, échaulTés par le ▼in, ils pillent la cathédrale, forcent les caisses publiques, saccagent les couvents et les demeures opulentes. Le général tit enlever dans les seuls dépôts de la trésorerie une somme de dix millions de réaux pour les besoins de l'armée.
Après ce bel exploit, Dupont aurait dû, pour rem-
328 HISTOIRE DE KAPOLÉON I".
plir sa mission, marcher immédiatement sur Séville et sur Cadix, mais il ne se sentit pas de force à s'avancer plus loin et s'enferma dans Cordoue en attendant que des renforts lui permissent d'achever sa tâche. Ainsi, après les succès plus apparents que solides do début de cette campagne compliquée que Napoléon veoait de diriger de Bayonne, il se manifestait parlout on temps d'arrêt motivé par TinsuOSsance de noi iHtcs devant li multiplicité des entreprises : Monoe; tftiâî; arr^ïè à Cue:.ca, Chabran àTarragone, Lefebvre- IN»aoe{:e$ à Siragosse; entin, Duhesme était enfermé Aao« Baroflooe et Dupont dans Cordoue. A la date du U juiiK tout devient indécis, et nous sommes tenus eu ech^c sur tous les points, paralysés par le seul vice de ces opérations décousues.
Loin de soupçouoer le danger de cette situation, Napoléon continuait à ne pas douter du succès. Dèsk 9 juin, il a:inoDçait déjà hautement l'entrée triomphale de Dupont à Séviile, celle de Moncey à Valence, et il ajoutait que rentrée prochaine de Joseph en Espagne allait a achever de dissiper U^ troubles, dr'éclainr les esprits et de rétablir partout la tranquillité*. » Que les premiers avantages remportés sur l'insurrection lui inspirent de pareilles illusions, on le conçoit, mais lai mauvaises nouvelles qui surviennent les jours suivants ne lui ouvrent nullement les yeux. U ne siit que s*irriter contre les lenteurs de .Moncey, et il loi réitère, ainsi qu'à Chabran, Tordre de marcher sur Valence; il considère la prise de Saragosse comme tellement certaine qu'il envoie un colonel du génie