‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 268 sur 310 · Napoléon i)o«epVv,V^Vi\Uftt · texte numérisé non relu

Napoléon i)o«epVv,V^Vi\Uftt

vieilles monarchies centralisées de TEurope, sans se douter qu'il se trouvait en présence de circonstances toutes nouvelles, et que ni les hommes ni les choses ne ressemblaient à ce qu'il avait eu à combattre jusque-là. Un léna était possible contre une monarchie militaire, parce que les troupes régulières, qui font la force d*un tel État, étant par nature incapables de se reconstituer d'elles-mêmes, une fois ces troupes détruites ou dispersées, TÉtat se trouve sans défense. Mais ce mot n'avait pas de sens lorsqu'il s'agissait de forces recrutées par l'insurrection, d'abord parce que celles-ci, étant toutes volontaires, se reformaient spontanément après la bataille, et ensuite parce que chaque armée ne représentait qu'elle-même, car il y avait en Espagne autant d'armées que de provinces. L'incrédulité avec laquelle Napoléon niait la force et le sérieux de cette révolte, tenait à des illusions d*un autre genre ou plutôt à la constitution même de son esprit. Cette âme toute de calcul ne pouvait concevoir ce fanatisme sauvage et désintéressé, cet accès de folie héroïque qui s'était emparé de toute une nation. Il y avait là un phénomène moral qui était au-dessus de sa compréhension. Que de malheureux conscrits, recrutés à grands renforts de gendarmerie, se fissent tuer pour un galon, pour une croix, pour un grade, pour cette fausse monnaie de la gloire, cela lui paraissait non-seulement une chose toute simple, mais un fait normal comme le cours des saisons; mais que de pauvres paysans, que des bourgeois inofTensiCs, sans y être forcés et sans être payés pour cela, se fissent tuer pour leur patrie, pour la liberté, cette vieille blague^ comme disait la soldates(\\ie îitr^tvdV^i

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il y avait là quelque chose qui passait son imagioa- Uon; on lui faisait un conte à dormir deboutl Et cependant il avait vu le mouvement de 92, mais c'était 14 de l'antiquité la plus reculée, et l'Iispagne était si peu révolutionnaire 1 Ce n'était pas une moindre méprise que de se ligurer qu'en tenant Madrid on tenait tout. Lorsqu'on avait pris Berlin, on était maître de la Prusse; lorsqu'on avait pris Vienne, on était mattn de l'Autriche; cela était h peu près vrai. Mais knqu'on avait pris Madrid, on était tout au juste maltn de la superlicie qu'occupait la capitale. En Espagna, grâce à la forte et résistanle constitution provindik de ce pays, le centre était partout et il n'était DnUt part. H n'y fallait donc pas penser aux grands coqa de théâtre frappés sur un point unique, car ce poial ne s'y trouvait pus; et l'armée de la Cuesta n'était pV plus la tète de l'insurrection que Madrid n'était le cœur du pays. Toute cette fantasmagorie des graob effets militaires était ici en défaut, sans applic^ùa possible; on ne soumettait détinitivenient que cca qu'on tuait, et, comme l'écrivait Joseph un mois pi* tard, ■ il eût fallu cent mille échafauds en peni>* nence pour maintenir le prince condamné h régUt sur les Espagnols'. »

Quelle que soit la puissance du préjugé établi eo faveur de la merveilleuse pénétration du génie dettepolêon, on est forcé de convenir que ces caroctèna* frappants de l'insurrection espagnole lui échapperai totalement, et cela malgré les faits, malgré les itf seignements les plus positifs et les plus clairs. Utf

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