Moniteur du 10 novembre
POLEMIQUE CONTRE l'ANGLETERRE. 65
le commencement dn mois de novembre^ le Moniteur imprima gravement la correspondance suivante quelques jours après son départ :
« On a remarqué cùmme des présages, qu'en creusant ici pour iiablir le campement du Premier Consul, on a trouvé une hache d'armes qui parait avoir appartenu à l'armée romaine qui envahit l'Angleterre. » Le fait était en effet singulier, mais après tout il n'avait rien que de fort possible. Hais un événement analogue s'était passé au même moment à Ambleteuse, et cette fois encore c'était à l'occasion du campement du Pre* mier Consul : « On a trouvé aussi, ajoutait la note, à Ambleteuse, en travaillant à placer la tente du Pre» mier Consul, des médailles de Guillaume le Conquérant. Il faut convenir que ces circonstances sont au moins bizarres ; ei elles paraissent plus singulières encore si on se rappelle que lorsque Bonaparte visita les ruines de Péluse, en Egypte, il y trouva un camie de Jules CésarK »
Et tout ce merveilleux était daté de Boulogne, le dixhuit brumaire I On voit par là que si Bonaparte croyait au fatalisme, il possédait aussi l'art de s'en servir, et savait à l'occasion faire parler le Destin. Le correspond dant dn Moniteur négligeait d'ajouter que ces médailles de Guillaume étaient commémoratives de la conquête ; c'était de la modération de sa part. En ce qui concerne le camée de Péluse, la vérité avait été quelque peu embellie. D'abord il n'était pas de César mais d'Auguste, et ensuite il n'avait pas été trouvé par Bonaparte, mais par un savant attaché à l'expédition, ce
l. Moniteur du 12 no?embre.
y(\ki »»vait pta»ri€ii de snimitaniL QoaodoirnnMiinB M pr^ par quels moyem miséndsies m, léatsit h aempdn^r des imaginations, à Mre OPiDîre i stn àtoiÏ9 el à se faîve appeler Thofliflie da desU», on prend lliiiinanité en dégoût, et l'on* ne sentait direqoi fou méprise le phis ou de cehii fni s^est abaiMsè è àB ii grossières jen^ric% on de^ceu (pii ont po es Atre dapes.
Ptnni tous les moyens ppopresA exciter rioHigiaa»» tien des bofnmesv il n'y en avsit plus qu'un qui n'eil pas été mis en œnvre : o*élait la« poé^, inepintîoii venue du^ ciel comme les oracle», mais qu'il Alist moins facile de (Mre biei parleTr Ça> été paaiticoUère^ ment le désespoir d^ Bonaptrts- de n'avoûr janHÉs réussi à mettre la main sut un grand poëte, pour lai faire cbanterses eiploits et ré?eiller à ToccasioiErar* dear guerrière de la- nation. K n'avait eni matiin d'art et de littérature qu'un go^t des plus^discutaMeoi car sa passion même pour Ossian n'avait été qu'une af* fectation imagiiiée à^ Tépoque ofr il jouait au hésoi de désintéressement; mais il sentant qu'il y avait là une grande force; et c'est 2i ce titre qu'il eût voulu utiliser la poésie. II eût volontiers* enrôlé dans son amifc UM cohorte de poètes, qui eussent été quelque choii comme des tambours d'un ordre tout à fait suptk riem*. Maie la fortune lui reftisa tau jonrsi cette faneur; il s'étonuatt M-méme de ne pouvoir inspirer quréss Tyrtées de bas étagei^ et il avait coutume de seplaindise amèrement de cette injustice du sort. Jamais il ne lid vint à l'esprit que de l'argent et de bonnes places ne fussent pas un attrait suffisant pour faire créer des chefs-d'œuvre. Il éprouva cependant d'assez bonne
POLéMIQUft OOiriftE b'AHOLSTBRRE. 67
bmre VfsmIBemM' êe^ ùtti» méthode^ peur féfiiriner M» idées è eeb égank. ▲ FoccaaiiHi d» semmveUameni de la gnefn, 1» aniel géBéval Jbt adrd80& à tous le» rimeurs en disponibilité, et des récompmsiee- toniA pramiMB àcewB q«i te éiatiaguaraient le plae danr ce coBCOOff» d'ootaigee^ et d'iiopFéMtioiM euirerfc eenin YkBf^tam. Maà» le léMiltiit ne répeodtt pa» à Y9t^ lente da Premier GonauL a eat diffleile dTiiMgiBeff qi^fse oiiois de ploa pkty de plofr mcame et de plue lammiteble que eee produetiona écleaee soem ïœil f OM police tiitélaire* Le journal! officiel publie uma ifrie de oee poêasea, verekiniôme épcxjue oh il ann flODcar rerpoeUnen de la topiaserte de Bayemr et eomr annle à sa flaçoif cette iHvatration dee exploit» deGkiii* laaflM. Gea poèmes* éteieil dfune inspiratdon teHemenl paoYT» el piteaae quelle avarient de quoi dégoûter & teuijanais le pabiicdea passions qn'on voulait lui ia*sfiner, si lis pri>lic l'es avait lus. Lebruaf^Pindare Ottvrit la marcbe par une ode naUcncUe^ composiiian des plus grotesques dans laquelle il dépeignait tous les fletnw de lai terre poussés à bout par les procédés de la Tamàsê^ venant crier vengeance contre elle au tri« bmaiLde Neptune. Lemorream principal était un discomv de la Seîne, dans lequel la Tamise, sa perfidie et ssn arrogance étaient appréciées à leur juste valeur' et dteoscéesrà l^indignation do genre humain. La pièce le termitiaifc pcr une prédiction: où la viQe de Londres était fort maltraitSer :
# Tramble, mt^velh Tyr, un nouvel Aleran^re t Sur l'onde où tu réglais va disperser ta cendre, c Ton nom môme n^est plus * I >