Moniteur du 30 août
;Sfe HISTOIRE DE NAPOLÉON 1*'.
Celt« ode trait été payée trois mille francs à Lebrun jui <^tait déjà pensionné comme poeta cesareo. On pourait s^attendro à avoir pour ce prix des vers de meil-
!^ur« qualité.
iHi eut ensuite la « paiHe sur la Descente^ » par Groutet, autre versificateur du temps S et une multitude d*autres élucubrations du genre noble, dont la monotonie était égayée parfois par des pièces en style plaisant, afin qu'il y en eût pour tous les goûts. Mais la gaieté stipendiée était encore plus triste que l'enthousiasme par ordre] elle tournait tout à fait au lugubre. On ne trouverait dans aucune littérature un morceau aussi nauséabond et aussi accablant pour l'esprit, que le poème drolatique en quatre chants sur les Goddam par un French dog^ et occupant dix colonnes du Moniteur^ qui eut pour mission de mettre les rieurs de notre côté et de nous gagner les sympathies des loustics européens*. De telles productions n'étaient guère plus propres à stimuler l'humeur belliqueuse de'la nation qu'à assurer à celui qui les payait le titre traditionnel de protecteur des lettres. Les lettres n'étaient alors que trop protégées et c'est justement là ce qui les tuait. S'il arrivait en effet par une sorte de miracle, qu'il se produisit quelque œuvre spontanée, si misérable qu'elle fût; en dehors de l'inspiration ofilcielle, c'était aussitôt un cri d'alarme et de suspicion , et le malheureux auteur était signalé, menacé, comme s*il avait empiété sur les droits les plus sacrés de l'Ëtat. Un inconnu ayant écrit, sans être payé pour cela, ce qui parut