ENTREVUS D'ERFURT
siède.;. je ne me suis permis aucune distraction, je ne me suis reposé ni jour ni nuit; j'ai toujours marché en avant, toujours cherché, toujours agi aussi bien que je pouvais. Si chacun peut en dire autant, alors tout ira bien ^ >
Admirable apologie et digne de ce grand esprit si sopérieur à sa triste école. La thèse ainsi transformée n'a rien que de très-plausible, car elle ne prétend pas ériger en mérite et presque en vertu une inaptitude naturelle. II est certain qu'un génie de cet ordre rend d'aussi grands services à l'humanité en produinnt des œuvres qui honorent et élèvent l'esprit bujmain qu'en s'enrAlant daps la plus légitime insurrection. Celui qui acquitte sa dette comme penseur peut être dispensé de l'acquitter comme soldat. Mais fMtrcela seul qu'on invoque cette espèce d'eionération, on reconnaît que celui-là serait plus grand qui pourndt remplir les deux tâches à la fois. D'ailleurs cet babile plaidoyer, qu'on le remarque bien, tend à amnistier l'abstention et la neutralité, il n'absout pas la Mnnivence. On peut bien dispenser le poète d'agir an patriote, mais non d'en avoir les sentiments, à inoins de le faire descendre au dernier rang .des virtuoses. Or Goethe venant saluer Napoléon et recelant de lui la décoration de la Légion d'honneur en perésence de l'Allemagne humiliée, n'était ni un indifflSrent, ni un curieux, il faisait acte d'adhésion, il iortait de cette attitude de résignation passive où il lisait vouloir se réfugier, il portait un coup doulou-
1. Ccnversations de Gathe, traduites par Délerot, t II. V. avssi -«m eninPien avec Luden, en 1813.
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reux à ceux qui se pr^^môeat à cxMBbattre foor k délirrance de son pays. Daraoïmté lin-iDéae dans m note drconstandée, raocneil flattenr qoe lu fii Sipoléon. Après ïzxoir considéré qnelifiaes instiiiti a silence, rSmpereor lui dit : « Tous Ha mi tans. ■uMîfurdf (Hith«f>Certesrélogeâ4JlgnDdctmér3ê. M?i< ei reconnaissant que Goethe était en dfel fl koauce dizs la plus haute acception do mot, €■ ôd | a^octfr q^i'en Octte circonstance fl n'était qu'un di^
L*eSec ibèitral que Napoléon arait en en Toe te ceCe sxecnelle parade dlrfurt une fois prodniL soi ic: p^jirizal êiaît atteint, car les questions pcdîLviatf q:: 1 1::: rrstil: à résoudre avec Alexandre ne p* Til-ec: fiir? riTire accone difficulté sérieuse. De^aiÉ La «sscrc izisédîate et certaine de deux prorâ* a^ssi :z:i.:fii::;es que la Talachie et la Moldane. h C»r r>^:=i:2 sins beaucoup de peine à ce partagea rtnjlrv: cnosîaa avec lequel on lui avait &itbaa( li v-iizrrjur^r rcndint plus d'un an. Alexandre deid se résigner d'autant plus facilement que le corresptttf q:i':- >^ ienuiKiiaît en échange d'un avantage si pri- W\;x pccr ;:ii eîait encore plus faible qu'à Tllsit I sVcLçaKiiu en efTet, par le traité dTjftirt à contîDiff i Xiriclê:- sa C}»pér3tioa dans la guerre contre TlaiîeCrrr? ir:, £\ et le cas échéant contre FAotridi ar.. :: ; ziiî? les a^Eaires d'Espagne rejetaient sork tr^csd-ècie ;Ian toute tentative contre F Angleterre; * v:ai^î i la $»m éventuelle contre TAutriche, !• r:!i£t:TiS «. ètiient r«lées en termes si vagues eti c xiHmx, ^^ïfcV môîA ^\\^.\ûRSQTC du concours pro-
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crétioD. Il s'obligeait seulement « à se déclarer contre rAutriche dans le cas où rAutriche se mettrait en guerre avec la France. > La France s'engageait de son eôté à faire cause commune avec la Russie si l'Autriche essayait de s'opposer à l'occupation dès principautés. Le seul engagement bien absolu que le traité imposât à Alexandre était la reconnaissance du « nouvel ordre de choses établi par la France en Espagne » ; mais qui ne voit que loin de lui imposer aucun sacrifice, cet engagement ne pouvait que le combler de joie? U prouvait, en effet, que cette guerre d'Espagne, cause de tous nos embarras actuels, et qui nous neutralisait en Europe, allait se poursuivre et achever de nous lier les mains. En échange de deux provinces que la Turquie ne pouvait lui disputer, le Czar nous cédait nn pays en révolte, un volcan en éruption qui allait dévorer nos armées et perpétuer nos embarras. Ce présent funeste qu'Alexandre nous offrait avec tant 4e bonne grâce ne pouvait lui laisser qu'un regret, celui de n'avoir pas plusieurs Espagnes à nous donner I
Le traité d'Erfurt devait être comme celui de Tilsit accompagné d'une proposition de paix, faite à l'Angleterre sur les bases de Vuti possidetis. Cette disposition donna lieu à un court débat qui est trop caractéristique pour être passé sous silence. La paix pro* posée à l'Angleterre ayant pour première condition son adhésion préalable à l'établissement de Napoléon en Ispagne et en Portugal, à celui d'Alexandre en Finiande et dans les Principautés, « les hautes parties .contractantes » ne pouvaient se dissimuler que leur offre courait grand risque de n'être pas même écoutée. JTapoléon proposa d'éviter cette difSculté prévue^ en
BISTOIBE DE KAPOLÊON
ajournant toute notification à la Turquie au si^ des Principautés à l'époque où l'on aurait reçu la réponse du cabinet britannique. Une fois, disul-îl, que l'Angleterre serait décidée à la paix, une fuii qu'il s'y serait produit en faveur de la pair un deœi grands courants d'opinion qui y font la loi au gouvernement, elle se trouverait trop avancée pour reculer, elle serait forcée de consentir à tout, et Alexandre pourrait sans inconvénient déaias:iaer m projets en rompant avec la Turquie. Si au contraire cette rupture avait lieu prématurément, « lanourelle survenant en Angleterre qu'une telle puissance cDdiit dans ses intérêts devait la rendre plus exigeante'.* Jamais le négociateur sans foi du traité d'AmieniA de tant d'autres transactions aussitôt violées que ci»clues n'avait si bien mis en relief les procédés dea diplomatie perfide. Mais Alexandre avait trop deptnétralion pour ne pas voir que l'ajournement propoit était une arme à double tranchant qui pouvait (nfft la Russie aussi bien que l'Angleterre. Si, ea tSA, Napoléon s'arrangeait avec le cabinet britannique, i|D' garantissait au Czar que cet ajournement ne ieiKf drait pas définitif? N'avait-il pas déjà été trompé cm fois après les promesses les plus formelles! fis Napoléon avait tant à cœur de ménager l'AngbUnii ne pouvait-il pas ajourner lui-même ses projet! itf l'Espagne bien autrement odieux à celte puissance- Alexandre prescrivit en conséquence à son minîiin Romanzoff de se montrer inflexible, et son obstiOf tion l'emporta : « Romanzoff, écrivait Gtiampagnyà)