CHAPITRE XL
SAFOLtOX SX XSPAGNK CX0T£XBKK 1808 — JAHTIBR 1809),
Napo-éon n eut pas plutôt tenniné ses arrangement arec Aleiandre, qu'il s'empressa de le faire sentirl TEurope par rarragance hautaioe et provoquante i son Un^ce. Cest à rAutriche surtout, la seule pu»sance continentale qui fût encore en état de lui créer des embarras, qu'il Toulait donner à réfléchir sor te conséquences de ce nouveau changement de fortoDe; mais toujours incapable de garder une mesure diBS le sucDès. au lieu de se montrer ferme et résolu 0 se nêpandit en menaces et en bravades. H répondit k U cctobn^ à la lettre si courtoise que le baron de Tmcent lui avait apportée le 29 septembre de la part <k IVmjrer^ur d'Autricbe. Après avoir rappelé à ce souverain qu'iJ iinri; éU U maître de démembrer ta moMTe^k (ttk:ri:^4iinney mais quil ne Favait pas vouluy alléft* tioQ de mauvais goût d'abord, et de mauvaise 6i ensuite, car même après Austerlitz il n'anrait po bnt une telle chcxse sans se perdre lui-même, Xapoléofi ilcciiiail à Itm^ffs^st ^ou^ ^i^xift d'avertissements (fl
VAVohion m espâgne. 417
de souverain : < Ce que Votre Majesté est, elle Pest de mon aveu. C'est la plus évidente preuve que nos comptes sont soldés et que je ne veux plus rien d'elle.... mais Votre Majesté ne doit pas remettre en discussion ce que quinze ans de guerre ont terminé; elle doit défendre toute démarche provoquant la guerre.... que Votre Majesté s'abstienne de tout armement qui puisse me donner de Finquiétude et faire une diversion en faveur de l'Angleterre.... que Votre Majesté se défie de ceux qui lui parlant des dangers de sa monarchie troublent ainsi son bonheur, celui de sa fiunille et celui de ses peuples ! *
Ce grave donneur de conseils, qui aurait pu commencer par faire lui-même son profit des fecons dont il était si prodigue, terminait cette admonestation par l'énoncé d'une maxime prodigieusement édifiante dans sa bouche : « La meilleure politique aujourShui^ disait-il, c*tit la smpuaTi et la v^iuté ! » Une telle profession de foi écrite de la main qui avait signé les traités de Bayonne étaitune curiosité sans prix, un vrai morceau de roi. Elle était surtout une démonstration péremptoire de la sincérité et des bonnes intentions de Napoléon. Aussi l'empereur d'Autriche, plus que jamais convaincu de la nécessité de profiter de l'occasion unique que lui offrait la guerre d'Espagne, con* tinua-t-il à pousser ses armements avec toute l'activité que comportaient les difficultés de sa situation et le voisinage d'un ennemi si ombrageux.
Ce fut sur un ton beaucoup plus modeste que fht rédigée la proposition de paix que les deux potentats d'Ërfurt étaient convenus d'adresser à l'Angleterre. Ils invoquaient le devoir • de céder aux vœux et aux
Ksœis X zxs >s r^ecpjes, de faire cesser les malbfor? Àf IT^r^ce. Li roix était à la fois dans l'iDUrét à» 7«Fc;0» il rcc;irï»: comme dans l'intérêt des jffxaùss iz lu Gnaî^Bretagne. Us se réunissaient înr: Tcisr T^r^r Si Mi;esté Britannique d'écouter li T.-y^ îa ri%'n,rf^: ec fiisant taire celle des passions i±r î'eswT^r '.* :'?cb«ïr de l'Europe et de la généra-
\i'7:e r^Tfrr^^ eiaf; faîte sons forme de lettre
aizTîsaiK i- r:i c*A»-cterpe, coxrme toutes lescom-
nzri'r^*:;::; ii =i*me genre que Xapoléon avait an-
^irifCTif-zitz; n-rcif fes aa cabinet britannique. Il inB
;oi :.ir? rh-fnTir. sans v lonenir, à entrer en re!i-
t:c* i:r?::t< €: r^rs-rnae.lesavecœ souverain,à en-
ri;r£r n^c '.-: -z ie cts dialogues pleins de sédodioD
it::* Ifs: -f 1$ il s^ f!i:;ai; deiceller et dont la senk
A.v=*r:ir :z rJ:: i:e ie; i une reconnaissance anticipée'
K -in : ; ini 5 r - :■: tenir eu roi d'Angleterre unsenl
EDCC ie r::cri^ >:î:::r de lui. et ne pou\'ant imaginer
ç:» ifs 5wn:?ules constitutionnels fussent pour quel-
ne c^cvse dans une persistance qui le désespérait, il
s^ecii; di: q-^i'en rre^ectant cette fois le nom de Teffi-
p^r^ur ie Russie à c^tê du sien propre, il forcenitk
rriiî^^rg^» 1 se derarlir de son système. Quant an
fe:i z^?:::e de sa proposition, pouvait-il se flatter de
le\:ir xvueilM? On est tenté de le croire lorsi^u'on
v::: !e5 pn^rauti.'^as multipliées qu'il reconmiande i
s<f:> deux Erc.vidteurs Champagny et Romanzoff afin
d^ecjirter tout ce qui peut faire diflicultè ou éveiller
W^ 5'jscept:bil:t-^s trîcanniques. Mais il est impossible
JainTtître qu':I prenait cette ouverture au sérîeoi
K>rsqu*oa \e xqtA ^ âixv^r sur l'Espagne avec deux
cent mille hommes au moment même où il propose Vuti possidetis comme base des négociations. Comment pouvait-il supposer que TAngleierre qui avait commencé la guerre pour Malte, allait y mettre fin au moment où il s'emparait de l'Espagne et du Portugal?
Quelle qu'ait été sa secrète pensée, son attente fut doublement trompée. Il n'obtint aucune réponse de la part du roi Georges, et celle que le ministère lui adressa par l'organe de Ganning (28 octobre) vint bientôt lui prouver que s'il avait espéré décourager les insurgés d'Espagne par la nouvelle que des négociations étaient entamées entre la France et l'Angleterre, ce calcul allait être déjoué. La note écrite par Ganning, sans repousser TofFre des deux empereurs, montrait nettement que leur proposition n'avait de chance d'être accueillie qu'autant que tous les alliés de l'Angleterre seraient admis à la négociation, et parmi ces alliés figuraient non-seulement les rois de Naples, de Portugal, de Suède, mais les insurgés espagnols. L'Angleterre, disait Ganning, n'était encore liée avec l'Espagne par aucun traité formel, mais elle avait pris envers elle des engagements qui étaient sacrés à ses yeux et qui la liaient irrévocablement à la cause de cette nation.
Cette réponse laissait peu d'espoir d'arrangement. Elle arriva à Paris le 31 octobre ; Napoléon s'était déjà mis en route pour FEspagne. Il laissa écouler vingt jours avant de répliquer à la note britannique. Le 19 novembre, en adressant à Ghampagny son projet de réplique, il laissa percer Ja pensée qui lui avait inspiré de si longs délais et peut-être suggéré la négo-
dation elle-même: • Vous trouverez ci-joint, lai écri vait-iî. un projet de note en réponse à celle de li- i^aoning. Vous pourrez laisser passer deux ou trois joan à vous consulter avec M. de Romanzoff. Ensuite vooi ferez partir un courrier intelligent gui répandra fv V Espa'jne est .soiimise oa sur le point de l'être entiènment, que déjà 80,000 Espagnols sont détruits, ett- • Pour augmenter l'elTet supposé de cette fausse ooftvelle il enjoignit à Fouché de faire mettre dau lu journaux de Hollande, d'Allemagne et de Paris ose série d'articles annonçant d'abord les préparatifs, poil le débarquement, puis enfin le plein succès d'oDceipédition absolument fantastique de Murât en Sicik; < Mettez, lui disiiit-il, pour détails que le roi Joadiio est descendu avec 30,000 hommes, qu'il a laissé Urégence à sa femme, qu'il est débarqué au Phare.... tf ']ue l'on puisse y croire à Londres tt que cela puUti Itt alarmer. > (19 nov.) Toutcela était de pure invenlifB et devait faire l'objet d'une douzaine d'articles. Oh tait donc bien avec un fait accompli qu'il s'était p»* posé de surprendre et d'entraîner l'Angleterre, il reste il ne refusait pas d'admettre à la négociaUw « soit le roi qui régnait en Suède, soit le roi qui rt* gnait en Skile, soit le roi qui régnait au Brésil; ■mil la proposition d'admettre les insurgés espagnols • M pouvait être considérée de la part du gouvemenMl âns;lais que comme une insulie.... Qu'aurait dit le gN* vernement anglais si le gouvernement françai» ett proposé d'admettre les imurgcscmhoHquts il'lrland*t» Napoléon se trompait du tout au tout en suppoMll que de tels arguments étaient de nature à faire î» pression sur le cabinet britannique. Il commettaikWI
méprise encore plus profonde en attribuant au ministère Cannîng les appréhensions et les tendances nltra-pacifiques des cabinets d'Addington ou de Fox. En dépit des revers des puissances continentales la force et les ressources de l'Angleterre n'avaient fait que s'accrottre dans ces dernières années. Le blocus continental avait achevé de mettre dans ses mains le monopole du commerce du monde, et depuis surtout qu'on avait vu se produire les premiers symptômes d'une dissolution du gigantesque empire d'Occident, ni le gouvernement ni la nation n'y désiraient la paix. Le cabinet britannique se hâta en conséquence de mettre fin à ce simulacre de négociation par une déclaration nette et catégorique qui ne laissait aucune prise à de nouveaux subterfuges. Il protesta solennellement de sa ferme intention de ne pas abandonner la généreuse nation espagnole, et de combattre par tous les moyens « une usurpation qui n'avait rien de comparable dans rhistoire du monde. » D fit suivre cette note d'une déclaration à l'adresse de l'Europe où se lisaient ces paroles remarquables : « Si parmi les nations qui préservent contre la France une indépendance douteuse et précaire, il s*en trouve qui même en ce moment balancent entre la ruine certaine qui résul* tera d'une inaction prolongée, et les dangers incertains d'un effort pour échapper à cette ruine, la perspective trompeuse d'une paix entre la Grande- Bretagne et la France ne manquerait pas d'être singulièrement funeste à ces nations. Le vain espoir du retour de la tranquillité publique pourrait ébranler leurs résolutions. » (15déc.) L'Empereur avait quitté Paris le 29 octobre, après
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aor je p^^ L^ ^- r*^^ »^ resôoiiroîs qu'rn aTiil p> « jrrtri^^r XiT«:>:-s sc Lîu de ruoaser Tonfae pff i* ^tT-.r-eî rerr:— l'ce? idresocs i ses administra- Id^-î =:. :l res. Miis li ercrr? plus qu*auleius <« k:: ";.: : l*. :l 5r reziiriTirr qœ :rè;?^ttentif à taoîtf le* ii't<-,ir£5 ;:i: î-eTiicz: zssarer les appixiTisioQO^ Kfiit srr.rfzif::: ^iliuires de ses troupes, tels qne >s z:;:i-:::i3. oc; «5 d'equi^i'cment» fournitures <B s: -.:tr?. .\Lr.jte5. tic-. ii sooKipait à peine de celles ^ iriitz; roor bu: d'assurer le bien-être et la noor n wT^f i^ soidit E allait même jusqu'à décommandtr ces i-rriiT^s pour porter toute 1 attention de ses «d- B:r:i>;riu:ix^ su j&s autres : « RenTojez les résenrÊ»
NAPOLÉOH BN ESPAGNE. 423
de bœufiiy écri?ait-il à Dejean, je n'ai pas besoin de vivres, je suis dans l'abondance de tout, il ne manque que les caissons, les transports militaires, les capotes et les souliers; je n*ai jamais vu un pays où l'armée fût mieux nourrie. » Ayant plus que jamais pour maxime que la guerre doit nourrir la guerre» désireux surtout de rappliquer à l'Espagne afin de lui flaire mieux sentir le poids des calamités qu'elle avait osé braver, il laissait à chaque corps le soin de s'entretenir lui-même et de vivre conune il pouvait. Le pillage, au lieu d*étre l'excès d'un instant, devenait dès lors une ressource régulière et indispensable à la subsistance des troupes. On en faisait une institution militaire. Ce n'était pas seulement à une armée impatiente de se venger, mais à des bandes affamées qu'on allait livrer les malheui^ux Espagnols.
Pendant les trois mois qui venaient de s'écouler , notre armée d'Espagne était restée à peu près immobile dans ses positions sur TËbre, se bornant à déjouer les tentatives peu redoutables et mal concertées que firent les armées de l'insurrection pour la déboir^ der sur ses deux ailes, d'un côté en Biscaye vers Bilbao, de l'autre sur la rivière d'Aragon. Joseph, qui brûlait du désir de se créer une grande réputation militaire, avait conçu ou accueilli plus d'un plan pour attaquer et, s*il se pouvait, détruire les corps qui lui étaient opposés, mais Napoléon avait mis son veto à tous ces beaux projets. Décidé à agir en Espagne avec des moyens immenses, il convenait à ses vues d'encourager par son apparente inertie la confiance et l'audace des généraux espagnols, de n'entrer en action qu'au moment où il aurait réuni des forei^ «oi-
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